Cri du cœur de Pierre Karl Péladeau: Lacombe prêt à retirer Télé-Québec du marché publicitaire

Marc-André Gagnon
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À l’instar de Pierre Karl Péladeau, le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, croit que Radio-Canada doit se retirer du marché publicitaire et envisage même d’en soustraire Télé-Québec afin de donner un peu de répit aux diffuseurs privés.
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Lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale, le ministre Lacombe a dit qu’il partageait les craintes exprimées mardi par le président et chef de la direction de Groupe TVA par intérim.
« Je pense aussi qu’ultimement Télé-Québec devrait le faire », a indiqué le ministre.
Dans l’ensemble, « je pense que M. Péladeau a raison d’être inquiet parce que moi aussi je suis inquiet », a résumé le ministre de la Culture.
En marge de l’assemblée générale annuelle de Groupe TVA, M. Péladeau a interpellé une fois de plus les gouvernements à propos de la crise des médias et du secteur audiovisuel québécois.
Pendant que les revenus publicitaires glissent entre les mains des géants du web, « Radio-Canada continue d’exercer une concurrence déloyale en raison de sa présence sur le marché publicitaire », a notamment déploré le PDG de Québecor en réclamant un « petit break ».
« Je pense effectivement que Radio-Canada devrait se retirer du marché publicitaire », a commenté le ministre Lacombe, qui s’était déjà exprimé en ce sens par le passé.
Radio-Canada étant de compétence fédérale, il appartient à Ottawa d’y voir, mais, question de faire que « les bottines suivent les babines », M. Lacombe se dit prêt à retirer le diffuseur public québécois du marché publicitaire.
« Ça représente quelques millions de dollars », a précisé le ministre sans fournir de chiffre exact.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Un plan d’ici la Saint-Jean
Il promet, d’ici la fête nationale, le dépôt d’un plan d’action « costaud ». Cette stratégie fort attendue par le milieu donnera suite aux recommandations du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel, qui a déposé son rapport l’été dernier.
Pendant la période des questions, le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a invité le ministre à veiller à ce que tout plan d’aide aux diffuseurs soit lié au respect des conventions collectives de leurs artisans. Son intervention fait suite aux pressions exercées sur un syndicat de techniciens pour alléger des budgets de production malgré les contrats de travail en vigueur.
« L’idée ce n’est pas de faire un chèque à nos diffuseurs », a répondu M. Lacombe, en insistant sur la nécessité de revoir les modèles d’affaires.
« Gérer de la décroissance, pour moi, ce n’est pas un modèle d’affaires qui est viable. [...] Couper dans les conventions collectives, ce n’est pas un modèle d’affaires non plus qui est viable », a assuré le député de Papineau.
Ce qu’ils ont dit
« On est à l’affût de l’évolution dans le domaine culturel et en lien avec le numérique. C’est sûr que ça bouge beaucoup. Il faut avoir une approche qui soit adaptée à cette nouvelle réalité. »
– Christine Fréchette, première ministre
« Les revenus ne sont pas au rendez-vous, il y a un déplacement de l’enveloppe publicitaire vers les GAFAM [...] C’est clair que l’argent, il n’est pas là. J’ai vu des premiers éléments de la situation de Noovo et de Québecor qui sont fort préoccupants pour la culture québécoise quant à des créations originales. »
– Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia
« Le gouvernement de la CAQ est en train de laisser se précariser le milieu de l’audiovisuel et, donc, la culture québécoise. C’est dramatique. Il faut qu’il y ait une intervention. C’est grave de laisser entre les mains du Canada inactif la gestion de la taxation des GAFAM, qui nous permettrait, justement, de financer le système de façon à ce que ça aille dans les poches des artistes. »
– Sol Zanetti, co-porte-parole de Québec solidaire