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Pier-Luc Funk raconte l’appel marquant de Martin Matte pour «Vitrerie Joyal»

Marjolaine Simard

2026-06-05T10:05:00Z

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Pier-Luc Funk, l’homme aux mille projets, est particulièrement touché d’incarner un personnage inspiré du jeune Martin Matte dans la série Vitrerie Joyal. Comme l’humoriste, il a grandi à Laval en nourrissant très tôt le rêve de faire carrière dans le milieu artistique. Entre souvenirs d’enfance et nouveaux défis créatifs, il se confie sur son parcours et sur les projets qui l’animent aujourd’hui.

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Comment as-tu réagi quand Martin Matte t’a approché pour jouer un personnage inspiré de lui ?

J’ai été vraiment très touché. D’abord parce que Martin ne m’a pas fait passer par mille chemins. Il m’a appelé directement et m’a dit quelque chose comme : « Je te l’offre. Je pense à toi depuis le début. Dès que j’ai commencé à écrire, je pensais à toi. » Déjà là, pour un acteur, se faire dire ça, c’est immense. J’ai trouvé ça super émouvant !

Est-ce que ça mettait une pression supplémentaire de savoir qu’il t’avait imaginé dans le rôle dès le départ ?

Oui, forcément. Quand quelqu’un écrit un personnage en pensant précisément à toi, tu veux être à la hauteur de cette confiance-là. Ce qui est beau, c’est que Martin ne voulait pas que je fasse une imitation. Dès le début, je lui ai demandé : « Veux-tu que je te copie ? Veux-tu que j’étudie tes tics, ta façon de parler, tes tournées ? » Et lui m’a vraiment répondu : « Fais-le comme tu veux. Je ne l’ai pas appelé Martin pour une raison. Philippe Joyal, c’est inspiré de moi, mais après ça, le personnage t’appartient. »

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Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

Y a-t-il une scène qui t’a particulièrement touché ?

Oui, c’est celle où mon personnage annonce à son père, pas très ouvert, qu’il veut devenir humoriste. Martin était très ému après cette scène-là. Il me disait à quel point ça le ramenait à quelque chose de très vrai pour lui, au regard de son père, au poids de cette annonce-là. À ce moment-là, tu comprends encore plus la confiance qu’il t’accorde en te laissant porter une partie de son vécu.

Est-ce que ça t’a ramené à ton propre vécu, au moment où tu as annoncé à tes parents que tu voulais devenir comédien ?

Oui, vraiment, mais j’ai eu énormément de chance. J’ai commencé très jeune, vers 12 ans, donc mes parents ont vu tout ça évoluer graduellement. Ma mère, surtout, m’a énormément soutenu. Elle a fait des sacrifices pour m’accompagner dans ce rêve-là. Quand je lui ai dit que c’était ce que je voulais faire dans la vie, elle m’a pris au sérieux. Elle m’a aidé à foncer. Plus tard, quand j’ai décidé de lâcher le cégep pour me consacrer complètement au métier, mes parents ont simplement dit : « Travaille fort et fais en sorte que ça fonctionne. On a confiance en toi. » Je pense aussi que ça montre un changement d’époque. Aujourd’hui, les parcours artistiques sont peut-être un peu plus acceptés qu’à l’époque de Martin.

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Le fait que l’histoire se déroule à Laval, ta ville d’origine, dans les années 1990, est-ce que ça t’a rejoint personnellement ?

Complètement. Je suis né à Laval, en 1994, donc je suis vraiment un enfant de cette époque-là. Je reconnais ma petite enfance. Et Laval, pour quelqu’un qui vient de là, ça représente quelque chose de très précis. Tu grandis dans une espèce de banlieue où le chemin semble déjà tracé d’avance. Tu fais ton secondaire, ton cégep, ton université, tu trouves une job, tu achètes une maison, tu fondes une famille. Tout semble déjà écrit. Puis, quand tu comprends que ce n’est peut-être pas ce chemin-là que tu veux prendre, ça devient confrontant. J’ai eu cette impression de sortir un peu du moule.

C’est un peu comme si tu marchais dans les traces de Martin 20-30 ans plus tard...

Je me rappelle parfaitement, quand j’étais jeune, d’aller faire des matchs d’impro dans des écoles secondaires de Laval et de voir des photos de Martin Matte accrochées sur les murs. Pour nous, c’était un immense modèle. On se disait : « Peut-être qu’un jour, nous aussi, on va réussir et avoir notre photo là. »

Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

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Tu partages aussi beaucoup de scènes avec ton ami de longue date, Pierre-Yves Roy-Desmarais, qui incarne ton frère...

On se connaît depuis qu’on a 16 ou 17 ans. On a une relation qui ressemble déjà énormément à celle de frères. On a une façon de niaiser ensemble qui est difficile à expliquer aux autres. Il y a une espèce de langage commun entre nous. Quand Martin m’a dit qu’il pensait à Pierre-Yves pour jouer mon frère, dans ma tête, il n’y avait plus personne d’autre possible. On s’est énormément inspirés de notre vraie relation pour bâtir celle des personnages. Cette fraternité-là, elle existe déjà dans la vraie vie.

Tu lances un nouveau projet d’improvisation, Funk dans la jungle. Peux-tu nous en parler ?

C’est un projet qui m’excite énormément. Chaque spectacle durera environ une heure et demie et je vais improviser avec un invité différent pour chaque représentation, sans que le public sache d’avance qui sera sur scène. Tout peut arriver : une longue impro de vingt minutes comme une série de petites scènes complètement éclatées. Il y aura aussi un musicien, un éclairagiste et une ambiance très vivante et imprévisible. Pour plusieurs, ça peut sembler être un saut dans le vide, mais pour moi, c’est presque l’inverse. L’impro, c’est ce que je maîtrise le mieux. J’en fais depuis l’adolescence et j’ai l’impression que ce spectacle-là mijote en moi depuis très longtemps.

As-tu déjà approché des joueurs pour t’accompagner dans ton projet ?

J’ai approché des gens que j’admire énormément. Des improvisateurs incroyables, mais aussi des acteurs qui ont un instinct très fort. J’ai parlé à Claude Legault, à Pierre-Yves Roy-Desmarais, à Florence Longpré aussi. Rien n’est encore officiellement confirmé, mais c’est ce genre d’énergie que j’ai envie d’avoir dans le spectacle.

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Il y a eu beaucoup de spéculations autour de ta relation avec Ariane Brunet à cause de vos vidéos ensemble. Souhaites-tu remettre les pendules à l’heure ?

Oui, on est simplement amis. On fait beaucoup de vidéos tous les deux parce qu’on a du fun à créer ensemble. Ariane travaille extrêmement fort et on se rejoint beaucoup là-dessus. Elle vient aussi du monde de l’improvisation, donc on partage une même énergie de jeu. Mais, oui, les gens voient une complicité et ils imaginent toutes sortes d’affaires. C’est flatteur parce que ça signifie que notre dynamique fonctionne bien à l’écran, mais dans la vraie vie, on est des amis.

Tu sembles constamment en création. Es-tu parfois capable d’arrêter ?

Honnêtement, pas tant que ça. Je pense que je n’aime pas beaucoup ne rien faire. J’ai toujours besoin de créer quelque chose, d’écrire, de tourner, de réfléchir à un projet. En ce moment, je tourne aussi la série Angles morts, pour Radio-Canada, jusqu’à la fin juin. Il y a de l’écriture, des projets qui se développent... ça n’arrête jamais. Quand tu aimes profondément ce que tu fais, la frontière entre le travail et le plaisir devient floue.

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