Patrick Roy, c’est gros au Québec!
Ça risque de vibrer au Centre Bell!


Marc de Foy
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Patrick Roy procure aux Islanders de New York une visibilité qu’ils avaient perdue il y a bien longtemps. Au début de la semaine, Chantal Machabée a communiqué avec ses homologues de l’organisation new-yorkaise pour leur offrir la disponibilité de la salle d’entrevues du Centre Bell en marge du passage de Roy à Montréal demain. L’invitation a surpris les membres du service des relations publiques des Islanders.
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«Hein, pourquoi?» ont-ils demandé.
Chantal leur a expliqué que Patrick Roy à Montréal, c’est gros!
Les Islanders lui ont finalement fait savoir, mercredi, qu’ils ne tiendraient pas d’entraînement matinal jeudi et que Roy rencontrerait les médias à 16h15 dans ladite salle. C’était prévisible. Roy voulait éviter que le vestiaire des siens soit submergé par une marée de journalistes en matinée.
Lors de son premier match aux commandes des Ialanders, dimanche dernier, face aux Stars de Dallas, il y avait quelque 20 journalistes sur place. Vous direz que c’est peu, mais c’est beaucoup pour cette équipe par les temps qui courent. C’est à peine si elle était suivie à domicile ces dernières années. Et on ne voyait aucun représentant des médias new-yorkais aux matchs des Islanders à Montréal.
Six reporters québécois ont fait le voyage à Elmont, municipalité de Long Island, pour l’entrée en scène de Roy chez les Islanders. Les plateformes du Journal de Montréal, du Journal de Québec et de TVA Sports ont explosé!
Le dernier des grands du CH
Roy a disputé son dernier match dans la Ligue nationale de hockey il y a plus de 20 ans. Sa brillante carrière en a fait une légende et le dernier grand de l’histoire du Canadien. L’été dernier, il a procuré à ses concitoyens de la Vieille Capitale une première conquête de la Coupe Memorial depuis 2006.
Il a aussi sa légion de dénigreurs, mais il reste fidèle à lui-même et à ses convictions. Il ne laisse personne indifférent.
On peut s’attendre à ce que le peuple lui accorde une chaleureuse ovation demain soir.
Le toit risque de lever!
Les belles années de Bossy
Ça va faire changement de ce qu’on voyait lors des passages des Islanders à Montréal depuis plusieurs décennies.
Dans les années 1980, leurs visites au Forum et au Colisée s’inscrivaient dans les moments forts de la saison de hockey à Montréal et à Québec. Les amateurs se pâmaient pour la machine à marquer des buts qu’était Mike Bossy, un gars de chez nous qui avait aussi fait courir les foules à travers la province dans les rangs juniors.
Les Islanders formaient toute une équipe. En plus de Bossy, ils comptaient quatre autres futurs membres du panthéon du hockey en Denis Potvin, Bryan Trottier, Clark Gillies et Billy Smith, qui appliquait des coups de hache aux adversaires qui s’aventuraient devant son filet.
L’entraîneur franco-ontarien Al Arbour qui a grandi dans la région minière de Sudbury, tout comme le légendaire Toe Blake chez le Canadien, échangeait avec plaisir en français avec les journalistes québécois. Parce qu’il n’arrivait pas à se souvenir de tous nos noms, il nous surnommait les Gonzague.
«Nous, les Canadiens français, nous avons tous dans nos familles ou connaissons tous quelqu’un qui s’appelle Gonzague», disait-il.
Il était vraiment un chic type, cet Alger.
Son épouse ne voulait rien savoir de New York lorsque le directeur général des Islanders, Bill Torrey, lui a offert le poste d’entraîneur. Elle et son mari ont accepté quand Torrey, un Montréalais d’origine qui a grandi à quelques rues du Forum pendant la Deuxième Guerre mondiale, leur a indiqué que les Islanders étaient établis en périphérie de Manhattan.
Les deux hommes ont aussi leur niche au Temple de la renommée du hockey.
Ces fameuses éditions des Islanders ont été les seules, à part celles du Canadien dans la seconde moitié des années 1950 et 1970, à remporter quatre Coupes Stanley consécutives. En 1984, ils ont participé à la finale pour une cinquième année consécutive, mais le record de cinq conquêtes d’affilée du Tricolore a été préservé.
Les Oilers d’Edmonton ont commencé leur domination en mettant fin à celle des Islanders, remportant cinq championnats en sept ans.
De la lignée du Rocket et de Flower
À partir de là, les Islanders se sont retrouvés dans le lot des équipes ordinaires de la LNH, allant même jusqu’à être carrément mauvais par moments.
Pour l’instant, personne ne les voit aspirer à la coupe Stanley... sauf peut-être Roy, qui vise le sommet partout où il passe. Il est égal à lui-même depuis son arrivée à Long Island.
Ses nouveaux joueurs découvrent un entraîneur émotif et actif qui les ramène à l’ordre quand il le juge nécessaire, mais qui multiplie aussi bien les encouragements.
L’homme de 58 ans est fait tout d’un bloc. Il a le défaut de ses qualités; il est entier. Il est fait du même moule que Maurice Richard et Guy Lafleur à cet égard.
On aime ça au Québec.
Avec lui, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de zones grises.