Patrick Roy avec les Islanders: des partisans déçus, frustrés et impatients à Ottawa


Benoît Rioux
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Déception, frustration et impatience émanent des partisans des Sénateurs d'Ottawa, spécialement depuis l'embauche de Patrick Roy par les Islanders de New York à titre d’entraîneur-chef, le week-end dernier.
Comptant parmi les plus fidèles partisans des «Sens» au Québec, Patrick Tourangeau exprime lui-même de tels sentiments.
«Je ne dirais pas que nous sommes découragés, mais plus déçus, il y a aussi de la frustration», décrit celui qui est l’administrateur de la page «Fans des Sénateurs d’Ottawa» sur le réseau social Facebook.
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Âgé de 48 ans et habitant à Terrebonne, Tourangeau n’en veut pas à Jacques Martin, qui occupe le poste d’entraîneur-chef par intérim des Sénateurs présentement. Il blâme surtout l’organisation des Sénateurs de branler dans le manche au moment de prendre des décisions.

«Ce n’est pas juste le fait qu’ils n’ont pas pris Roy, c’est que tout est fait lentement», résume le partisan qui, comme emploi, est technicien en approvisionnement dans les Forces canadiennes à la base militaire de Longue-Pointe.
Le congédiement de D.J. Smith, le 18 décembre dernier, aurait pu avoir lieu plus tôt, selon lui. Dans le cas de l’ancien directeur général Pierre Dorion, qui a perdu son emploi au début du mois de novembre, on comprend mal pourquoi son successeur Steve Staios avait d’abord été nommé DG par intérim avant d’obtenir officiellement le poste à l’aube du Nouvel An.
Un gars pour aller de l’avant
À tort ou à raison, les Sénateurs ont joué de prudence alors que l’achat de l’équipe par le nouveau propriétaire Michael Andlauer a été approuvé seulement en septembre dernier par le Bureau des gouverneurs.
«Les Sénateurs auraient pu avoir un gars qui allait les pousser vers l’avant, mais là, on l’attend encore», d’ajouter Tourangeau, en faisant allusion à Roy.
Et avec cette occasion ratée des Sénateurs pour l’embauche de Roy comme entraîneur-chef, n’a-t-il pas le goût d’appuyer plutôt le Tricolore?
«C’est hors de question», répond-il.
S’il appuie inconditionnellement les Sénateurs, Tourangeau l’avoue d’emblée: il est un ancien partisan des Nordiques de Québec. Plus jeune, il a découvert Peter Stastny, puis encouragé particulièrement Joe Sakic et Owen Nolan durant son adolescence.
Fidèle aux Sénateurs
Après avoir boudé un peu le hockey à la suite du départ des Nordiques pour le Colorado, il s’est tourné vers les Sénateurs.
«J’ai essayé d’accompagner des amis et d’aimer le Canadien à l’époque où il y avait Jaroslav Halak, Alex Kovalev et Alex Tanguay [en 2008-2009], mais les trois ont fini par partir de Montréal», mentionne-t-il.
Kovalev avait d’ailleurs quitté le Canadien pour s’entendre, à titre de joueur autonome, avec les Sénateurs. Depuis, Roy ou pas, Tourangeau reste fidèle au club ottavien.
Les francophones voulaient Roy
En se fiant aux activités sur sa page, dont un sondage révélateur mené durant l’automne, Tourangeau estime que plus de 80% des partisans francophones auraient aimé voir Roy derrière le banc des Sénateurs. Il confirme, du même souffle, que cette proportion était un peu moins importante chez les anglophones.
«J’aurais aimé voir Roy derrière le banc, a corroboré Isaac, autre partisan des Sénateurs vivant dans la région de Montréal croisé mardi soir, aux alentours du Centre Bell, avant le match contre le Canadien. C’est un homme qui aurait été bon pour mettre un peu de pression sur les joueurs.»
«Patrick Roy deviendra le premier à obtenir plus de 500 victoires comme gardien et comme entraîneur dans la LNH après avoir eu aussi plus de 500 victoires au niveau junior», prédit audacieusement Tourangeau.
Une saison de calvaire
1er novembre 2023: Le directeur général des Sénateurs d’Ottawa Pierre Dorion est remercié de ses services tandis que Steve Staios, déjà président des opérations hockey, est nommé DG par intérim.
6 décembre 2023: Jacques Martin est embauché à titre de conseiller spécial au personnel d’entraîneurs.
18 décembre 2023: Congédiement de l’entraîneur-chef D.J. Smith; Martin obtient le poste de façon intérimaire.
31 décembre 2023: Steve Staios est officiellement nommé directeur général des Sénateurs.
Lalime aurait aimé voir Roy à Ottawa
Patrick Lalime a grandi en ayant Patrick Roy comme idole. Pas étonnant que l’ancien gardien des Sénateurs, aujourd’hui analyste au réseau TVA Sports, fasse partie de ceux qui auraient aimé voir «Casseau» à Ottawa.
«Je suis de ceux qui croient depuis longtemps que le scénario aurait été idéal avec Roy à Ottawa, a indiqué Lalime, mardi, à quelques heures du match entre le Canadien et les Sénateurs au Centre Bell. C’est un gagnant. Je pense qu’il aurait été en mesure d’apporter une structure à l’équipe, surtout avec l’expérience qu’il possède maintenant comme entraîneur.»
Or, à moins d'habiter dans une caverne, on sait que Roy a été embauché par les Islanders de New York au cours du récent week-end.
Sans trop critiquer les Sénateurs, l’analyste dit comprendre l’actuel sentiment d’impatience chez les partisans du club. Jacques Martin, qui a d’ailleurs dirigé Lalime durant son séjour de cinq saisons à Ottawa, de 1999 à 2004, semble être une solution à court terme.

«J’ai moi-même hâte de voir la direction qu’on va prendre à Ottawa, a noté l’ancien gardien, qui a disputé un total de 283 matchs de saison régulière avec les Sénateurs durant sa carrière. Le club traverse une période d’incertitude. Il y a de la frustration et de l’impatience chez les partisans des Sénateurs et c’est comprenable.»
De bons effectifs
Sur la patinoire, le club ottavien a pourtant de bons éléments, à commencer par le meilleur pointeur de l’équipe, Tim Stützle, qui avait inscrit 43 points en 42 matchs, cette saison, avant l’affrontement contre le Canadien.
À 24 ans, le capitaine Brady Tkachuk demeure prometteur à l’attaque, tandis que l’équipe conserve un bon noyau à la ligne bleue avec Thomas Chabot, Jakob Chychrun et le jeune Jake Sanderson.
«C’est un peu une autre saison qui est à reléguer aux oubliettes pour les Sénateurs, a qualifié Lalime. Avec une nouvelle structure en place, ils pourraient être de retour en force dès la saison prochaine.»
«L’arrivée de Roy avec les Sénateurs aurait été une bonne vitrine pour l’équipe là-bas», a néanmoins insisté Lalime.
«On y croyait...»
Au-delà des décisions prises à l’extérieur de la patinoire, Patrick Tourangeau s’intéresse d’abord et avant tout à ce qui se passe sur la glace chez ses Sénateurs. Il aime beaucoup le défenseur québécois Thomas Chabot, parmi tant d’autres.
«On y croyait réellement cette saison, on avait des attentes, dit l’administrateur de la page «Fans des Sénateurs d’Ottawa» sur le réseau social Facebook, en parlant au nom des partisans de l’équipe. On dirait que ça ne colle pas et que chacun joue pour soi. Il y a un manque de confiance et certains joueurs semblent vouloir trop en faire. C’est une saison perdue.»
Tourangeau regrette que Roy ne soit pas le nouvel entraîneur-chef des Sénateurs, mais il se tourne vers l’avenir, malgré la fiche de 17-24-1 de son équipe avant la rencontre de mardi soir au Centre Bell.
«Un moment donné, il faut regarder en avant, mais pour l'instant, je le fais avec moins d'enthousiasme que j'aurais pu le faire si l'équipe avait Roy derrière le banc, a-t-il avoué. Roy aurait été un bon motivateur.»