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Patrick Huard se confie: «Bon cop, bad cop», la famille et ses grands projets à venir

La série «Bon cop, bad cop» sera disponible sur Crave dès le 7 mai.

Patrick Delisle-Crevier

2026-04-30T10:00:00Z

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Patrick Huard porte en lui une armada de personnages prêts à reprendre vie. Rogatien de Taxi 0‐22 cogne à la porte, l’humoriste rêve de retrouver la scène, mais pour l’instant, c’est David de Bon cop, bad cop qui reprendra du service dans une version télévisée de la série de films. Derrière l’artiste, il y a aussi l’homme, le mari et le père attiré par la Gaspésie et les moments de repos en famille. C’est d’ailleurs au volant de son pick‐up, sur les routes gaspésiennes, qu’il a pris le temps de jaser avec nous de Bon cop, bad cop, de son fils Nathan, qui lui donne la réplique dans la série, d’Anik Jean, la femme de sa vie, et de bien d’autres choses.

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Patrick, comment ça va ?

Je vais très bien ! Je suis dans mon pick-up sur les routes de la Gaspésie, en ce moment. Il fait tellement beau et je me sens bien ici. La rivière prend vie avec le dégel, c’est magnifique ! Ce soir, c’est la première de la série à Gesgapegiag : on présentera les deux premiers épisodes à la communauté au sein de laquelle on a tourné cet été. On est bien excités !

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Qu’est-ce que ça signifie pour toi, de présenter la série Bon cop, bad cop ?

C’est à la fois beaucoup d’excitation et de terreur. Je suis aussi fébrile que quand j’ai présenté le premier film, il y a 20 ans. Il y a plein de nouveautés dans la série, et c’est un grand privilège d’avoir une histoire qui se déroule sur autant d’années, et de pouvoir reprendre mon personnage de David, qui a pris de l’âge mais qui n’est pas plus mature pour autant. Ça permet aussi de développer d’autres personnages qui prennent une plus grande importance dans la série. Ce projet représente plusieurs années de ma vie. Ma femme, Anik Jean, et moi avons mis beaucoup d’énergie et de temps dans ce projet.

Est-ce difficile de prendre l’univers d’un film et de le transposer dans un cadre télévisuel ?

Le défi était là, mais la raison pour laquelle je voulais avant tout faire une série plutôt qu’un autre film, c’était justement pour me donner le temps d’approfondir les personnages. Un film est conduit par le récit : c’est le récit qui décide de la prochaine scène, alors que dans une série, ce sont plutôt les personnages qui mènent. J’avais envie d’explorer davantage les personnages cette fois-ci. Bon cop, bad cop, c’est justement l’histoire de relations qui se tissent entre des gens qui ne sont pas supposés s’entendre, mais qui devront se débrouiller pour y arriver. D’un autre côté, tourner la série a été une vraie course folle ! Par exemple, pour le deuxième film, on avait 43 jours de tournage pour faire l’équivalent de 2 épisodes de la série. Cette fois-ci, j’ai eu 42 jours pour tourner 6 épisodes. Les gens sont habitués à une certaine qualité d’image et d’action, donc filmer tout ça en si peu de temps représentait un défi énorme.

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MJ bergeron, Crave
MJ bergeron, Crave

Était-il évident pour toi, dès le départ, que tu reviendrais un jour dans l’univers de Bon Cop Bad Cop d’une façon ou d’une autre ?

Absolument, car l’idée de l’histoire qu’on développe dans la série m’est venue avant même celle du deuxième film. Je voulais introduire un troisième policier qui serait autochtone et qui représenterait l’autre solitude. Mais au moment du deuxième film, je ne maîtrisais pas assez le sujet des communautés et je ne me sentais pas prêt. Je n’aurais pas eu le temps nécessaire pour bien développer cet aspect dans un film. J’ai donc décidé, pour diverses raisons, de mettre cette idée de côté et j’ai fait le deuxième film avec une histoire complètement différente. Après, c’est devenu une évidence que le prochain volet de Bon cop, bad cop porterait cette idée-là, mais en format série. On a lancé le projet il y a trois ans et mener ce train à destination a été toute une aventure.

Colm Feore, qui n’était pas disponible, a cédé sa place à Henry Czerny dans le rôle de Martin Ward. Peux-tu me parler de ce changement ?

Évidemment, ça n’a pas été facile, mais j’ai dû faire un choix, car tout était en place avec la communauté et le tournage était prévu. Ce n’est déjà pas simple de venir tourner en Gaspésie, parce qu’on ne peut pas repousser quand tous les hébergements sont déjà réservés. Il y avait aussi la grossesse de Sarah-Jeanne : je ne pouvais pas reporter le tournage parce qu’elle allait bientôt accoucher, et il n’était pas question non plus que je la perde dans mon histoire. J’ai même réécrit le scénario pour que Sarah-Jeanne soit là et que son personnage soit enceinte. Ça enrichit tellement l’histoire ! Le choc de David, mon personnage, est énorme, parce que non seulement il doit arrêter d’agir comme un adolescent, mais il doit aussi accepter qu’il sera grand-père. C’est une grosse étape à franchir pour lui, et ça crée des situations vraiment amusantes.

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Parle-moi du choix d’Henry Czerny ?

C’est simple : quand il est arrivé sur le projet, dès les premiers instants, j’ai été tellement emballé ! Il est généreux, il est engagé, et quand j’ai vu que ça marchait, ç’a été un grand soulagement pour moi et pour l’équipe. J’ai eu aussi à donner à Henry la liberté d’apporter sa couleur au personnage et de le faire tout en respectant l’espèce de mythologie établie dans l’imaginaire des gens et de l’histoire. Ce fut un beau défi et c’était vraiment le fun de travailler avec lui.

Je t’ai vu après le tournage de la série, en décembre dernier : tu étais totalement épuisé et même amaigri. Le tournage a-t-il été difficile ?

Oui, pour tout un tas de raisons. Avec les films, on avait mis la barre très haute, et un tournage comme ça, c’est un TGV : quand le train part et qu’il quitte la gare, après, peu importe ce qui arrive, le train s’en va vers l’avant. Peu importe ce qui se passe, on doit l’alimenter, le guider et le mener à bon port, tout ça en s’occupant d’une équipe entière. Les journées étaient très, très longues et j’occupais beaucoup de rôles simultanément sur le projet, ce qui a rendu le tout vraiment épuisant, autant mentalement que physiquement. Au point où, pendant le tournage, je perdais du poids chaque jour. Parfois, on faisait des cascades à 40 degrés Celsius, je terminais des réunions de production à minuit le soir et je réécrivais des scènes pendant la nuit. Tout ça sans avoir la moindre marge d’erreur. C’était sept jours sur sept sans arrêt, donc oui, je suis arrivé en décembre le menton sur l’asphalte. En plus de ça, peu de temps après, je suis allé tourner un film en France.

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Tu n’as plus l’âge que tu avais à l’époque du tournage des films. As-tu senti une différence ?

Oui, c’est certain que j’ai 20 ans de plus et que c’est un tournage exigeant, avec des scènes très physiques. Il y a un matin où je suis arrivé dans la salle de maquillage et je me suis dit que j’avais vraiment mon âge, parce que j’étais vidé. Mais en fin de compte, ça s’est bien passé. L’expérience finit par aider ; je sais dans quoi je m’embarque quand on tourne une scène de bataille et je gère mon énergie en conséquence. J’ai tourné la scène de bataille la plus complexe que j’aie eu à faire en carrière et ça s’est bien déroulé. Donc, je suis encore capable. D’ailleurs, il y a une scène dans laquelle mon personnage parle de son âge ; c’est quelque chose que j’ai voulu aborder parce que je trouve qu’on parle beaucoup d’âgisme, ces temps-ci. Moi, je pense qu’un personnage peut très bien continuer à faire des scènes d’action même s’il n’est plus dans sa petite jeunesse.

Ton fils Nathan joue avec toi dans le film. Parle-moi de cette expérience.

Je ne dis pas ça parce que c’est mon fils, mais il est formidable et tellement plaisant à côtoyer au travail. Il est doué et si facile à diriger ! C’est toujours « oui » avec lui, à tel point que je me demande parfois s’il a bien saisi les consignes. Finalement, en tournant la prise, je réalise qu’il a tout compris et qu’il fait exactement ce qu’il faut. Il a un timing comique naturel, il s’investit pleinement, il est gentil avec tout le monde et sociable. Il a été dirigé par plusieurs réalisateurs et s’adapte parfaitement à chacun d’eux. Il reste disponible, détendu et heureux d’être là. Ç’a été un pur bonheur ! Imagine : je joue avec mon fils, c’est tellement génial ! Je savais qu’il serait à la hauteur et que ça fonctionnerait. Je suis très fier.

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Est-ce que Nathan souhaite poursuivre dans le métier ?

Ce que j’aime chez mon fils, c’est qu’il s’intéresse à tout : autant à la musique qu’au dessin, et en ce moment, il a une grande passion pour l’impro. Mais je ne sais pas où tout ça va le mener. Ce dont je suis certain, c’est qu’il sera quelqu’un de créatif toute sa vie. Est-ce qu’il va travailler là-dedans ? Je ne sais pas, mais il est beau à voir. Je suis impressionné par les jeunes de sa génération chaque fois que je vais voir un de ses matchs. Je ne me lasse pas d’aller le voir jouer, ça m’émeut. Cette jeunesse est belle à voir et ils sont inspirants.

MJ Bergeron, Crave
MJ Bergeron, Crave

Anik, ta femme, est aussi très impliquée dans la série...

Celle qui est aussi désormais ma nouvelle gérante est effectivement très impliquée dans la série. Elle est coproductrice avec moi, réalisatrice de l’épisode 3 et elle compose toute la musique de la série. C’est aussi elle qui réalise le documentaire sur la série, qui deviendra un épisode ultérieur. Nous travaillons tout le temps ensemble. C’est ma meilleure partenaire de travail à vie, notre relation est formidable et je me sens tellement en sécurité quand elle est là. Elle me connaît en tant qu’artiste, elle connaît mes forces et mes faiblesses, et c’est la même chose pour moi. Nous nous complétons très bien, comme le Yin et le Yang. On s’aide, on se calme, on se sécurise, on se ramasse l’un l’autre, on prend le relais quand l’autre en a besoin, et tout ça se fait de façon tellement naturelle. C’est précieux, on est vraiment chanceux de pouvoir vivre ça ensemble et que ça fonctionne.

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Croyais-tu vivre une telle union un jour ?

Ça fait 17 ans qu’on est ensemble et on fêtera notre 15e anniversaire de mariage cet été. Sérieusement, j’ai toujours espéré une telle relation dans ma vie, même si, à un certain moment, les gens pensaient que j’étais un éternel célibataire. En réalité, je ne l’ai été que quatre ans dans ma vie et j’ai toujours eu des relations d’au moins cinq ans, et ce, même très jeune, avant même que je sois connu. J’espérais une telle relation, je suis un gars de famille, un romantique. À un certain moment, je me suis dit que ce n’était peut-être pas possible. Finalement, j’ai rencontré Anik et on est tombés follement amoureux. On s’est investis dans tout ça et on a passé les différentes étapes plus difficiles. Ça a vacillé à certaines périodes, mais on s’est investis davantage. On s’aimait, alors on a tout fait pour que ça marche. On s’est réinventés, on a évolué et on a amélioré notre communication. Depuis plusieurs années, ça va mieux que jamais. J’aime Anik plus que jamais et quand je passe trois jours sans elle, je m’ennuie comme un fou.

On m’a dit que tu étais rendu tellement sage que la vie nocturne et les bars ont fait place aux jeux de société...

Oui, c’est vrai, et même que ça doit faire 15 ans que je ne suis pas allé dans un bar. Je n’ai maintenant plus aucun intérêt pour ça. J’aime mieux être à la maison et jouer à des jeux de société avec des amis. Oui, je me suis assagi, mais dans le vrai sens du terme. Je ne suis pas pour autant plus calme. Mais la job dont je suis le plus fier, c’est mon rôle de père. Ce rôle a fait de moi un homme meilleur et m’a donné envie de me poser. Je me rends compte que je suis un peu devenu paternel avec tout le monde autour de moi. Je tente d’être sécurisant et j’aime ce rôle-là, je me sens bien.

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Tu m’as parlé de Nathan, parle-moi maintenant de ta fille, Jessie.

Ma fille vit sa best life. Elle vit en Allemagne avec son chum, dans un camion qui a été modifié en petite maison, et ils parcourront l’Europe jusqu’au mois de décembre en tournée, en tant que trapézistes. Quand on se fait des FaceTime, elle a toujours un gros sourire dans la face et elle est heureuse avec son amoureux, à faire des numéros de trapèze. Elle est parfaitement bien, mais moi, égoïstement, je trouve ça difficile de la voir partir si loin parce que je m’ennuie. Je me réconforte en me disant que j’ai aidé à faire pousser de grandes ailes à cette enfant, pour qu’elle puisse s’envoler et vivre sa vie de l’autre côté de l’océan. Donc, les moments où elle part sont toujours très émotifs pour moi, mais de la savoir heureuse, ça met un baume sur tout ça.

Et pour un père aussi protecteur, est-ce difficile de voir sa fille virevolter dans les airs ?

Ç’a été un apprentissage et une maîtrise de moi en rapport à mon inquiétude, mais ce qui me sécurise, c’est qu’elle le fasse avec son chum, qui est un gars formidable. C’est certain que leur métier reste un sport extrême et dangereux. Quand je suis allé les voir, j’ai vécu un truc bizarre parce que j’étais très stressé, mais quand je les ai vus monter dans l’échelle, j’ai vu à quel point tout semblait facile pour eux. J’ai ressenti un gros apaisement rapidement. Ils sont rendus à un niveau tellement élevé que le risque a beaucoup diminué, même s’ils font des acrobaties beaucoup plus dangereuses qu’avant. Il y a toujours un petit stress quand même, mais je leur fais extrêmement confiance.

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Comment vis-tu ton retour aux entrevues, depuis que tu es à la barre de l’émission Deux hommes en or et Rosalie ?

J’adore faire des entrevues et je suis ravi d’en refaire. Ce qui est formidable avec Deux hommes en or et Rosalie, c’est que j’ai une charge de travail moins importante que lorsque j’animais La Tour. Je prépare une ou deux entrevues par semaine, alors qu’avec La Tour, j’en faisais trois par jour sur une base quotidienne, avec la même rigueur. Je trouve aussi que c’est plus relax de partager l’animation. Cependant, c’est un apprentissage : il faut apprendre à jouer en équipe, à se lancer la balle et à l’attraper lors des entrevues. Je saute également dans un train qui est déjà en marche, ce qui ne m’arrive pas souvent. Mais tout cela constitue une expérience extraordinaire, ça se passe très bien et nous nous rendons mutuellement meilleurs.

Ce que j’aime de toi, c’est que tu ne t’assois jamais sur un projet. Tu n’hésites pas à quitter quand tu as l’impression d’avoir fait le tour du jardin. Tu n’as pas peur de te lancer dans le vide.

Non, parce que le confort m’insécurise énormément en tant qu’artiste. Dans la vie, j’ai besoin de ma sécurité, de mon monde et de mes affaires, mais en tant qu’artiste, dès qu’une situation devient trop confortable, je vois un danger de me scléroser quelque part et de geler toutes les autres capacités. Je risque de tomber dans des patterns qui pourraient être difficiles à défaire. J’ai besoin de continuer de créer et de me réinventer. Mais ça ne veut pas dire que je ne reviendrai pas à un projet par la suite. Ç’a été le cas avec Bon Cop, Bad Cop, ça pourrait être le cas avec Taxi 0-22 ou avec l’idée de faire de la scène. Je sais très bien que je ne prends pas toujours les décisions les plus payantes et je ne suis pas un excellent modèle d’affaires. Je sais très bien que les 20 premières années de ma carrière auraient été plus rentables si je n’avais fait que des spectacles d’humour. Mais j’ai eu envie de jouer dans des séries et des films et de réaliser. J’avais un feu en dedans qui me guidait vers autre chose.

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Pour terminer, dis-moi : qu’est-ce qui s’en vient pour toi ?

Pour l’instant, je ne sais pas s’il y aura une autre saison de Bon cop, bad cop. Ce n’est pas entre mes mains, tout dépendra de la réaction du public. La série actuelle propose une fin ouverte, alors tout est possible. Je vois aussi beaucoup de Gaspésie à l’horizon. Je compte me reposer après la sortie de la série et je veux profiter jusqu’à l’automne, de la vie, de la pêche et du barbecue. Il y aura Fear Factor célébrités qui arrivera bientôt sur les écrans. Je réfléchis à des trucs, j’aimerais revenir sur scène un jour. J’ai très envie d’écrire des monologues, ça me tente parce que ça fait longtemps. Je vais profiter de cette période de repos pour réfléchir à la suite. Est-ce que ce sera le grand retour de Patrick Huard l’humoriste ? Celui de Rogatien ? Est-ce que ce sera complètement autre chose ? C’est à suivre...

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