Médaillée de bronze au 1500 mètres sur longue piste: «C’est une grande surprise»
La Saguenéenne de 35 ans remporte sa troisième médaille à Milan et la cinquième de sa carrière


François-David Rouleau
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MILAN | Valérie Maltais a réservé une grande surprise au Canada à trois jours de la clôture de ces Jeux olympiques à Milan. De façon totalement inattendue, la 17e patineuse au monde sur 1500 mètres a sorti un lapin de son chapeau pour grimper sur la troisième marche du podium.
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« C’est une grande surprise », a lancé la Québécoise de 35 ans, qui a remporté sa troisième médaille à Milan après le bronze au 3000 mètres et l’or à la poursuite par équipes. Elle porte ainsi son total à cinq médailles en carrière et n’est plus qu’à une breloque de Cindy Klassen et Charles Hamelin, qui en comptent six.
C’est aussi sa deuxième dans une épreuve individuelle depuis le début de cette quinzaine en Italie, soit son objectif personnel, qui a nourri son rêve de ce dernier cycle olympique.
« Après avoir gagné le bronze, j’ai discuté avec mon psychologue sportif, Jean-François Ménard, et je lui disais comment je me sentais en forme et énergique. On a donc modifié cet objectif en tentant d’aller en chercher une autre », a raconté la sympathique patineuse, toute souriante et fière de sa performance.

Finale excitante
Attendant à l’intérieur de l’énorme anneau glacé ceinturé d’une marée orange de bruyants spectateurs néerlandais, elle a vu les meilleures patineuses au monde dans le dernier groupe échouer à la déloger. En perdant de la vitesse dans l’éreintant dernier tour, la Japonaise Miho Takagi, qui mène le classement mondial sur cette distance et qui est triple médaillée de bronze en Italie, n’a pu la devancer sur le podium.
Maltais, excitée par cet exploit inattendu, tapait alors sur les jambes de son entraîneur, lui répétant que les dernières patineuses n’étaient pas assez rapides. La Saguenéenne n’avait jamais remporté de médaille sur cette distance sur la scène internationale.
Avec un chrono de 1 min 54,40 s, la championne Antoinette Rijpma-de Jong, des Pays-Bas, et la Norvégienne Ragne Wiklund l’ont tout juste devancée de 31 centièmes. En pleine course, Maltais a relaté avec amusement qu’elle examinait sa cadence à l’écran géant à chacun de ses tours. Une habitude que son entraîneur n’aime guère, mais qui l’a aidée à pousser jusqu’à la toute dernière seconde.

En confiance et en forme
Dès l’échauffement, Maltais sentait qu’elle pouvait accomplir quelque chose de grandiose.
« À l’entraînement hier [jeudi], j’avais un bon rythme et avant la course, je ressentais une bonne pression. Je n’étais pas effrayée de faire de mon mieux, a-t-elle relaté. Si ça ne fonctionnait pas, c’était tant pis. Mais je me sentais bien. »
Bonne douleur
« J’étais excitée de me rendre à la ligne de départ, a enchaîné celle qui se spécialise sur les longues distances. Cette douleur physique, c’est agréable. Et je me dis qu’il y a pire qu’une course de 1500 mètres. On le fait à répétition.
« Là, cette course, c’était seulement une fois. Je l’ai traitée comme une extension du 3000 mètres, mais plus court », a-t-elle plaisanté.

Avec cinq médailles olympiques au cou dans sa carrière, Maltais aura l’occasion samedi d’en ajouter une sixième lors du départ groupé. En Chine, il y a quatre ans, les Canadiennes avaient pris le sixième rang. Au Championnat du monde en Norvège l’an dernier, elles avaient terminé au huitième échelon.
« Il faut que ça continue à bien rouler », a conclu Maltais, avec son large sourire.
Des jambes en moins
Ivanie Blondin et Béatrice Lamarche ont aussi livré de solides performances. Au huitième rang du classement mondial de l’ISU sur cette distance, Blondin a pris le huitième échelon sur l’anneau olympique, trois jours après avoir remporté l’or à la poursuite, mardi.
La patineuse de 35 ans d’Ottawa aurait toutefois souhaité s’approcher davantage du podium, elle qui l’a raté de huit dixièmes.

« Ce n’était pas si loin, mais ce n’était pas ma course. Je crois que c’était vraiment beaucoup d’émotions après la médaille en poursuite. C’est parfois difficile de redémarrer la machine. Je n’avais pas les jambes aujourd’hui. Ça arrive. »
Plus tôt que prévu
Sans véritablement s’être créé des attentes puisqu’elle est une sprinteuse, Lamarche était fière de sa performance.
« Je me disais que si je ne finissais pas comme ça, je n’aurais pas tout donné. C’était mon objectif et mon état d’esprit que de tout donner et ne pas avoir de regrets. Je ne peux pas dire que j’ai adoré patiner sur cette distance », a expliqué la sprinteuse, qui avait les jambes très lourdes après un tiers de la course.

« Il en restait encore très long à faire, a-t-elle ensuite plaisanté. La douleur m’a surprise un peu plus tôt que je l’aurais cru. Je n’avais pas vraiment d’attentes de performance. Mon temps, je le trouve bien correct. C’est ce que je visais. »
La Québécoise, 31e au monde sur cette distance, a arrêté le chrono à 1 minute, 57 secondes et 65 centièmes. Un temps qui lui a conféré le 17e rang sur une glace molle qui l’a ralentie, selon elle.
Avec une septième position à l’épreuve du 500 mètres et une cinquième place au 1000 mètres, Lamarche rentre au Québec ce week-end en étant fière de ses performances. Elle ne défilera pas à la cérémonie de clôture, dimanche soir, dans l’amphithéâtre romain de Vérone historique, puisqu’elle participe au Championnat du monde des sprints aux Pays-Bas dans 10 jours.