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Patinage de vitesse courte piste: une folle ascension pour Félix Roussel

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2023-10-18T16:56:18Z

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Il n'y a pas de stress... Félix Roussel partage son parcours complètement fou de manière calme et détendue. Mieux que quiconque, il sait toutefois qu’il revient de très loin. 

«Je n’ai jamais joué au hockey, mes parents n’étaient pas très chauds à l’idée de passer leurs week-ends dans les arénas, mais décidément, cela n’a pas trop fonctionné car j’ai choisi un autre sport sur patins», souligne au passage le jeune Sherbrookois, avec humour.

Ses patins, il pensait bien les accrocher, il n’y a pas si longtemps. Sa persévérance et sa résilience ont toutefois fini par payer. 

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Pas plus tard que l’an dernier, Roussel servait donc de partenaire d’entraînement aux filles de l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste. Depuis, il a fait sa propre place au sein de la formation masculine.

À 22 ans, Roussel aura emprunté un chemin sinueux, ce qui l’amène à savourer encore davantage sa présence sur la patinoire de l’aréna Maurice-Richard, ce week-end, dans le cadre de la première tranche de la saison de la Coupe du monde. Sa famille et ses amis y seront pour l'encourager.

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«Ç’a été difficile car, en mars 2022, j’ai subi une commotion cérébrale, ce qui m’a empêché d’être sur l’équipe nationale, résume-t-il. Je n’avais simplement pas eu l’opportunité de me qualifier. À ce moment-là, je ne savais pas si j’allais devoir arrêter le patinage de vitesse.»

Un coup de fil inattendu

Pendant qu’il réfléchissait à son avenir, Roussel a reçu un appel inattendu l'invitant à donner un coup de pouce aux filles à l’entraînement. 

«Mon travail, c’était de tirer des tours devant les filles afin de les aider à s’améliorer, décrit-il, rendant aussitôt hommage à sa compatriote sherbrookoise Kim Boutin, qui a contribué à redonner un nouveau souffle à sa carrière. Kim m’a vraiment soutenu, elle me disait qu’on allait avoir du plaisir et travailler fort ensemble. 

«De patiner avec un modèle comme elle, cela a aidé à améliorer mon éthique de travail et ç’a m’a aussi aidé pour mes courses. C’est une expérience que je ne regrette aucunement... Même si je m’entraînais avec les filles, j’ai réussi à faire ma place sur l’équipe des gars et c’est là qu’a commencé mon parcours international.»

Fameux dépassement

À la surprise de plusieurs, Roussel s’est d’abord démarqué aux Championnats canadiens, à Québec, en octobre 2022. Grâce à un dépassement au dernier tour, il prenait ainsi la troisième position à l’ultime épreuve de 1000 mètres pour assurer sa place avec l’équipe nationale masculine.

«Je suis vraiment sorti de l’ombre, l’an passé, dit-il. Avant ça, j’étais toujours un peu passé sous le radar en raison de la COVID et tout le reste... J’étais toujours près de participer aux Mondiaux chez les juniors, mais j’étais toujours le remplaçant ou le gars d’après.»

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Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

Roussel a poursuivi son éclosion de façon extraordinaire, parvenant même à gagner une médaille individuelle sur le circuit de la Coupe du monde, en février dernier, à Dresde, en Allemagne. Seuls le Sud-Coréen Park Ji-won et le Letton Roberts Kruzbergs l’avaient alors devancé en finale du 1000m, ce qui lui a procuré le bronze.

«De gagner une médaille individuelle alors que je n’étais qu’une recrue, je ne m’y attendais pas, avoue-t-il. Pour moi, c’était un rêve et ça fait juste me motiver encore plus pour ma deuxième année. Je veux remonter sur le podium et montrer que je peux faire encore mieux.»

Un rôle de négligé

S’il fait preuve d’humilité face aux autres membres de l’équipe nationale, soit Steven Dubois, Pascal Dion, Maxime Laoun et William Dandjinou, Roussel ne souffre pas pour autant d’un complexe d'infériorité.

«Comme tout le monde, je veux gagner, dit-il. J’y ai goûté un peu l’an dernier avec une première médaille individuelle. J’ai encore le rôle de négligé et je n’ai pas la prétention de me comparer à des champions olympiques, mais on a chacun nos forces et je suis aussi capable de faire des finales.»

«Félix fait partie de ces athlètes qui peuvent briller sur la scène internationale, dit pour sa part l’entraîneur Sébastien Cros. C’est un peu la philosophie qu’on a voulu mettre en place dans les dernières années. Il faut rentrer dans les courses en étant audacieux, il faut essayer des choses, y aller pour gagner, quitte à te planter. Parfois, ça ne marche pas, mais au moins, tu développes cette mentalité-là. Félix est à 100% là-dedans.» 

À Montréal, Roussel mise principalement sur l’épreuve de 500 mètres pour se signaler ce week-end en plus des relais. Il participera également au 1500m qui, convient-il, n’est pas sa distance de prédilection. Après une seconde Coupe du monde disputée à l’aréna Maurice-Richard, du 27 au 29 octobre, le jeune homme prendra aussi part, en décembre, aux compétitions prévues en Chine et en Corée du Sud.

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