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Chute au patinage de vitesse courte piste: le Québécois Maxime Laoun est la cible d’attaques, d’insultes et de messages haineux sur les réseaux sociaux en Italie

Le patineur de 29 ans a chuté en demi-finale du 500 mètres en emportant l’Italien Pietro Sighel avec lui

Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-02-19T15:36:56Z

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MILAN | Maxime Laoun gardera un souvenir amer de sa soirée à l’épreuve des 500 mètres en patinage de vitesse. Ayant chuté en finale B, ce qui l’a relégué au neuvième rang, le sympathique patineur québécois a ensuite été la cible de messages haineux et d’attaques sur les réseaux sociaux. Laoun s’est fait traiter de « merde », de « clown », « d’idiot », « d’infâme et nul » en plus de se faire accuser de tricherie. L’équipe sera donc talonnée par la GRC jusqu’à la fin des Jeux olympiques et la police italienne cherche à trouver les auteurs des propos haineux.

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Pourquoi ?

Parce que dans une demi-finale filant à toute allure, l’athlète de 29 ans et médaillé d’or à Pékin a tenté de faire sa place derrière son solide coéquipier William Dandjinou.

Le hic, c’est qu’il a effectué sa manœuvre de dépassement sur le prometteur athlète italien, Pietro Sighel. En sortie de virage de l’avant-dernier des cinq tours, les deux patineurs se sont donné un coup d’épaule sur la ligne droite. À leur arrivée dans le virage suivant, côte à côte, un contact a fait en sorte que Laoun a perdu l’équilibre.

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AFP
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Dans sa chute, il a emporté Sighel, au grand désespoir de la foule du Milano Skating Arena. En rendant sa décision, l’officiel n’a accordé aucune pénalité au Canadien. Selon lui, il s’agissait d’une responsabilité commune. La foule a évidemment réagi avec des huées.

Sighel n’a pas participé à la finale B. Laoun a quant à lui lourdement chuté.

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Internautes frustrés

C’est durant la nuit et en attente de ses tests à l’hôpital que Laoun a vu qu’il était la cible d’attaques, de moqueries et de menaces d’internautes sous l’une de ses photos prises sur la glace en Italie deux jours plus tôt. Il a également été accusé de tricherie. 

Sûrement puisque, comme Laoun patinait sur la même vague de Dandjinou, les internautes et supporters de Sighel ont cru à une stratégie pour le sortir de la course. Mais le patinage sur courte piste est un sport intense, à haut risque et imprévisible.

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« Ne reviens jamais en Italie, nous ne voulons pas de toi ici », a d’abord écrit un usager d’Instagram selon les logiciels de traduction.

« Entre le curling et le patinage de vitesse, vous, les Canadiens de merde, vous faites vraiment preuve de fair-play. Bande de salauds », a écrit le même usager en faisant un lien avec les accusations de tricherie au curling cette semaine.

« Tu es malhonnête et pitoyable », a écrit un autre utilisateur de la plateforme social.

« Je suis content que tu sois tombé en finale B, espèce d’idiot. Apprends à te relever, abruti, au lieu de gâcher les courses des autres », a écrit un abonné tandis qu’un autre a demandé à « la fédération de prendre des mesures sérieuses contre ces connards ».

Protocole de sécurité

Laoun a donc aussitôt averti la direction de son équipe, qui a enclenché le protocole de sécurité, alors que le Comité olympique canadien (COC) a été averti. 

« Il ne faut pas prendre de chance. Ce n’est pas la première fois que ça arrive alors qu’on compétitionne partout dans le monde », a rappelé le directeur de la haute performance de Patinage de vitesse Canada, Marc Schryburt, en entrevue avec Le Journal en cours de journée à Milan. « D’autres pays vivent la même chose que nous. » 

« On a donc deux agents de la GRC qui nous suivent, a-t-il ajouté. On est en mode prévention afin que les athlètes se concentrent sur leur performance pour la dernière soirée de compétitions, demain. Le service de sécurité des Jeux collabore avec nous et la police italienne cherche à traquer ces gens-là qui ont publié des choses disgracieuses sur les réseaux. » 

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Par ailleurs, après une série d’examens à l’hôpital après l’épreuve, mercredi soir, Laoun ne souffre d’aucune fracture. Schrybert a signalé que l’athlète se porte bien, tant physiquement que mentalement. Selon son récit de la journée, il ne craint pas pour sa sécurité et se concentre sur le relais masculin, épreuve finale du calendrier de compétitions sur courte piste, demain.

Douloureux souvenirs de 2018

Cette histoire n’est pas sans rappeler le cauchemar vécu par sa coéquipière Kim Boutin à ses premiers Jeux olympiques, en Corée du Sud, en 2018. En finale du 500 m aussi, la Sud-Coréenne Minjeong Choi avait été disqualifiée. La Sherbrookoise avait alors hérité de la médaille de bronze.

ATP/WENN.com
ATP/WENN.com

La tempête s’était ensuite levée sur les réseaux sociaux. Boutin avait reçu une pluie d’insultes tandis que les Coréens avaient vilipendé la Québécoise avec des menaces de mort et les pires injures. Si bien que celle qui a finalement remporté trois médailles à ses premiers JO en carrière avait fermé ses comptes.

Le Comité international olympique (CIO) avait condamné les propos menaçant avers les athlètes.

–Avec la collaboration d’Yves Poirier, TVA Nouvelles

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