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Pascale Bussières s'ouvre sur le tournage de son nouveau film, un thriller psychologique avec François Arnaud

On la retrouve dans le film «Cape Farewell» et la série «Casse-Gueule».

Patrick Delisle-Crevier

2026-03-26T10:00:00Z

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Il y a un an, Pascale Bussières nous confiait qu’elle souhait ralentir un peu après une année folle. Finalement, c’est tout le contraire qui s’est produit, puisque la comédienne cumule les contrats, notamment dans le film Cape Farewell et la série Casse-Gueule, en plus de se préparer pour un rôle d’avocate aux côtés de François Arnaud et de s’entraîner au hockey pour un rôle dans le prochain film de Rachel Graton. On l’a rencontrée pour en parler.

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Pascale, comment vas-tu ?

Mon Dieu, que dire ? Il se passe beaucoup de choses dans le monde en ce moment, c’est déprimant, sans oublier l’hiver qui n’en finit plus. C’est difficile de rester neutre face à ce qui se passe. C’est complexe, c’est confrontant, et je suis un peu dans cet état-là. Il faudrait vraiment avoir la tête dans les nuages pour ne pas être affecté par ce qui se passe. Mais je pense qu’à travers tout ça, il faut garder le moral et continuer de faire les choses qu’on aime. C’est ce que je tente de faire.

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Ces jours-ci, tu fais la promotion du film Cape Farewell, de la réalisatrice Vanja d’Alcantara. Peux-tu m’en parler ?

Ce film, c’est une belle invitation de Vanja D’Alcantara, et c’est une coproduction entre la Belgique, les Pays-Bas et le Canada. J’ai trouvé intéressant de repartir tourner en Europe, car ça faisait un petit bout de temps que je ne l’avais pas fait. Je trouvais que le scénario de ce film avait des éléments très poétiques et que la relation à trois entre la mère, la grand-mère et la petite-fille était intéressante et inusitée. Ça sort de l’architecture habituelle que nous avons avec ce type de personnages au cinéma. J’aimais le rapport presque territorial entre mon personnage, qui prend soin de sa petite-fille, et sa fille, avec qui elle doit négocier. On se demande alors qui est la mère de qui et qui ne l’est plus. C’est aussi un thriller. Il y a vraiment beaucoup de belles choses dans ce film-là.

Était-ce le premier rôle de grand-mère que tu jouais ?

Non, mais c’est quand même nouveau pour moi, et c’est correct, je suis rendue là. J’aime ça, car le spectre s’élargit, on dirait. Je ne vis pas ça comme un choc, c’est un passage normal, c’est l’âge que j’ai.

Ça faisait très longtemps que tu n’avais pas tourné à l’étranger. Était-ce par choix ?

J’avais de jeunes enfants et ce n’était pas évident pour moi de tout laisser derrière pour aller faire du cinéma ailleurs. Et pour avoir une carrière en Europe, il faut quasiment s’y installer. C’est difficile de le faire à moitié, et je n’étais pas prête à faire ce genre de compromis. J’étais bien ici, avec mes enfants, et j’étais occupée avec plein d’autres choses au Québec.

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As-tu déjà rêvé d’une carrière internationale ?

Pas tant, même que je suis déjà très contente de ma carrière internationale à ce jour. Je ne suis pas celle qui fait de grands plans de carrière et qui se projette tant que ça. J’ai tourné avec plein de monde et je me sens choyée d’avoir pu le faire. Mais je suis plus particulièrement très contente d’avoir fait le gros de ma carrière ici, au Québec, surtout que nous sommes maintenant dans une ère où tout se promène et qu’il y a de plus en plus de coproductions. Donc, je suis les projets, peu importe où ils me mènent.

Tu joues aussi dans la série Casse-Gueule, dans laquelle tu incarnes un personnage pas ennuyant du tout et qui est loin d’un personnage de grand-mère !

Elle s’appelle Simone Draper, c’est une créatrice de mode qui se prend de jeunes amants. Elle a une personnalité survoltée et j’aime tout de cette série qui est vraiment moderne : les textes sont bons, la musique est bonne, les images sont belles, la distribution est vraiment chouette et je trouve que c’est une série qui décape. Mon personnage en est un d’excentrique très over the top, très allumé, et j’ai hâte de voir où ça va aller. C’est vraiment une belle gang, une belle aventure, et je trouve que cette série est rafraîchissante. Elle fait du bien et nous arrache un peu au cynisme ambiant.

Pascale, lors de notre dernière rencontre, tu me disais que tu allais tourner avec François Arnaud. Comment ça s’est passé ?

Ç’a bien été. C’était avant que la série Heated Rivalry sorte et qu’il devienne une star internationale. (rires) C’est complètement fou, le succès qu’il vit actuellement. C’est capoté à quel point cette série suscite les passions. Il faut dire que l’homosexualité est encore taboue dans le monde du hockey, alors ça fait jaser. Disons que cette série a défoncé un mur. On s’écrit de temps en temps, et il traverse ce succès avec beaucoup d’élégance. Il faut le dire, ce n’est pas évident de devenir le centre d’attention comme ça, avec tout ce que ça peut susciter de commentaires à gauche et à droite. Mais ce succès, il le mérite.

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Parle-moi de votre film.

Le titre est Someone’s Daughter, c’est un thriller psychologique entre deux personnages, soit le mien et celui de François. J’incarne une avocate qui défend des agresseurs sexuels et François est un de mes clients. C’est un film qui est encore plus pertinent aujourd’hui qu’au moment où nous l’avons tourné. François est un acteur extrêmement dévoué à son travail, il pose beaucoup de questions, il ne tient rien pour acquis et travaille très fort. Je connaissais son travail, mais je ne le connaissais pas personnellement et ç’a été une belle rencontre. C’est un être qui est dans une autre réalité par rapport à moi      ; il vit à Hollywood et a un autre rapport au travail en raison de l’ampleur des projets auxquels il participe. Mais j’admire qu’il vienne aussi faire du cinéma indépendant ici, au Québec. C’est quelqu’un de cœur, et je suis certaine qu’il va revenir faire d’autres projets malgré son succès fou.

C’est incroyable, la palette de rôles qu’on t’offre, alors que certaines femmes dans la cinquantaine disent ne presque pas travailler.

Ç’a été une année particulièrement active. En fait, les deux dernières années ont été un peu folles et je savoure pleinement tout ça. Je me sens très privilégiée de vivre à une époque où il y a des rôles de plus en plus intéressants pour les femmes de mon âge. Je trouve que les femmes actrices, en vieillissant, ont beaucoup plus de choix qu’elles en avaient avant. Il y a de plus en plus de femmes réalisatrices, productrices et autrices, et je pense que ça fait en sorte qu’il y a de plus en plus de rôles pour les femmes vieillissantes. Je pense qu’à un certain âge, nous, les actrices, pouvons nous permettre d’aller dans des zones différentes et de prendre plus de risques, parce que nous n’avons plus rien à prouver.

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Est-ce que tu serais malheureuse si ça s’arrêtait ?

Je pourrais dire qu’une partie de moi est rassasiée par mon métier. J’ai fait beaucoup de films, j’ai beaucoup voyagé et j’ai joué toutes sortes de rôles dans différents contextes. J’ai longtemps cru que je pourrais me passer de mon métier, mais force est de constater que je suis une actrice et que je suis bien quand je tourne. J’aime être sur un plateau, j’aime la création, le milieu, j’aime ce voyage collectif que nous faisons quand nous tournons.

Plus de 40 années se sont écoulées depuis tes débuts dans le film Sonatine, de Micheline Lanctôt. Tu t’es retrouvée dans le métier presque par accident. Quel bilan dresses-tu de tout ça ?

Que ç’a été bien au-delà de mes attentes. En fait, je pense que je n’avais même pas d’attentes envers le métier. Mais quand je regarde dans le rétroviseur, eh bien, je pense que je ne pouvais pas m’attendre à ça. Je ne pensais pas faire autant de films et vivre autant d’expériences humaines.

Quel souvenir gardes-tu de cette jeune fille qui s’est retrouvée dans un film après que sa mère ait répondu à une petite annonce ?

Cette jeune femme ne pensait pas du tout faire ce métier. Si je l’avais devant moi aujourd’hui, je lui dirais de se faire confiance, que ça va bien aller. Sonatine a été ma porte d’entrée dans ce métier, ce fut un beau hasard et c’est vraiment venu allumer quelque chose en moi, au point d’en faire une carrière et une vie. Mais je ne sais pas du tout ce que j’aurais fait si je n’avais pas fait Sonatine. Je ne pense pas que je serais devenue une actrice de mon propre chef. Ce n’était pas dans ma nature fondamentale de vouloir faire ce métier.

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Si je te mentionne le nom de Micheline Lanctôt, qu’est-ce qui te vient en tête ?

C’est vraiment ma mère spirituelle. Elle a été une guide dès le départ et elle l’est encore, d’ailleurs.

En terminant, as-tu d’autres projets qui s’en viennent ?

Dans les prochaines semaines, je vais être en tournage pour le premier long métrage de Rachel Graton. Le film a pour titre Sortie de zone. C’est un film sur le hockey et je m’entraîne donc à ce sport depuis un mois et demi. Je ne pensais pas faire ça dans ma carrière non plus ! Je joue la capitaine d’une équipe d’une ligue de garage. Sinon, j’ai eu de belles propositions de films et je pense que ce sera encore une grosse année. J’ai du théâtre à venir et je suis aussi dans la création, avec la sculpture, et en période d’écriture d’un spectacle documentaire. Mes enfants sont rendus des adultes, alors j’ai maintenant plus de temps, je cumule les projets. Je me suis aussi rendu compte que ça m’angoisse quand je me retrouve devant rien. J’ai besoin de créer, que ça bouge. Je suis très bonne pour charger mon horaire.

Cape Farewell prend l’affiche le 17 avril, tandis que Casse-Gueule est déjà disponible sur la plateforme Crave.

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