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«Je suis né en Haïti, mais j’ai été fabriqué au Québec»

TVA Sports

2020-11-24T04:05:01Z

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«Je suis né en Haïti, mais j’ai été fabriqué au Québec. C’est grâce aux valeurs québécoises que je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui.»

Comme il le dit si bien lui-même, Jean Pascal est un produit ici, même s’il a vu le jour en Haïti.

Et pour cause! Il n’avait que quatre ans lorsqu’il a quitté Port-au-Prince. C’est donc au Québec qu’il a effectué ses premiers pas à la boxe. 

Trente-quatre ans après son arrivée, celui qui est devenu un membre de l’élite mondiale de son sport a raconté son fascinant parcours personnel et professionnel dans une longue entrevue accordée à l’émission Dave Morissette en direct, lundi soir, sur les ondes de TVA Sports. Voyez la première partie dans la vidéo ci-dessus.

Pourtant, lorsqu’il a mis les pieds dans la Belle Province pour la première fois, il a vécu deux traumatismes.

«Quand je suis arrivé à l’aéroport de Mirabel, ma mère est venue m’accueillir avec mon beau-père, François Laporte. La première chose qu’il m’a dit, c’est "Ici, on parle français". Je me suis mis à pleurer et je voulais retourner en Haïti! 

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«Après, quand je suis sorti de l’aéroport, j’ai vu de la neige, mais je ne connaissais pas ça. Je pensais qu’il y avait des monstres en-dessous de la neige. 

«Rendu à la maison, quand mon pied s’est enfoncé dans la neige pour la première fois, j’ai commencé à crier et à pleurer parce que je pensais que les monstres allaient manger mon pied!» 

Doué dans tout! 

En grandissant, il s’est vite aperçu qu’il était doué pour les sports.

Son beau-père, qu’il considère comme son «père biologique», était entraîneur au hockey. Il s’est donc naturellement intéressé au hockey. Et il y a connu un certain succès. 

«J’ai toujours excellé dans tous les sports! Au handball ou au soccer, j’étais toujours le premier choisi à l’école. Peut-être moins au basket... J’étais aussi bon au hockey.» 

C’est alors qu’il jouait au niveau Bantam qu’il a commencé à boxer, sans toutefois arrêter le hockey. 

«Mon espoir était d’être le premier P.K. Subban du Canadien!», laisse-t-il à la blague.  

Comme Subban, Pascal a été victime d’intimidation sur la glace en raison de la couleur de sa peau. Il en retire cependant du positif puisqu’il juge que c’est ce qui a forgé son fort caractère.

«Peu de Noirs jouaient au hockey dans les années 1990. Dans mon équipe, je n’ai pas vécu de racisme. Les joueurs des autres équipes, eux, riaient de moi. Ils me traitaient de palette de chocolat ou me disaient de retourner dans mon pays. C’est de l’ignorance de la part des enfants. 

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«Ç’a forgé mon caractère. C’est pourquoi je suis aussi fort mentalement aujourd’hui. J’ai bien été encadré par ma mère et mon beau-père, alors j’ai pu surmonter ces épreuves.»

Le plan B était le bon! 

Détenteur d’un diplôme en techniques policières, Pascal pensait bien gagner sa vie en tant que policier, mais l’amour de la boxe l’a emporté. 

Des années plus tard, c’était finalement une bonne idée d’opter pour son plan B! 

«J’ai décidé d’opter pour mon plan B. Mon plan A, c’était de devenir le premier Noir directeur du Service de police de la ville de Montréal. Je crois que je ne me suis pas trompé! Quand je suis mon instinct, c’est rare que je me trompe!»

Lorsqu’il accrochera ses gants, Pascal ne dit pas non à suivre les traces de son père et à se lancer en politique. À suivre...  

Une carrière du tonnerre! 

Pascal a amorcé sa carrière chez les amateurs à l’âge de 13 ans, qui le mènera vers sept championnats canadiens, en plus de médailles d’or aux Jeux de la Francophonie de 2001 et aux Jeux du Commonwealth de 2002, ainsi qu’une de bronze aux Jeux panaméricains de 2003. 

Il a même représenté le Canada aux Jeux olympiques de 2004. L'année suivante, il a fait le grand saut chez les professionnels. Depuis ce temps, le Lavallois, actuel champion WBA des mi-lourds, a compilé une fiche de 35 victoires, dont
20 par K.-O., en 42 combats, en plus d'obtenir les titres de champion du monde du WBC et NABF chez les mi-lourds, ainsi que ceux chez les super-moyens nord-américains NABA et NABF. 

Parmi ses combats célèbres, notons ceux contre Carl Froch, Chad Dawson, Bernard Hopkins, Sergey Kovalev, Lucian Bute, Eleider Alvarez et Adrian Diaconu.

Camara et Surin sous les projecteurs 

Plus tard cette semaine, Dave Morissette recevra deux autres athlètes qui se sont illustrés par leurs performances et leurs implications en étant de fiers représentants des communautés culturelles dans le milieu du sport au Québec et ailleurs dans le monde. 

Mercredi, Hassoun Camara sera l’invité de «DMD». Le lendemain, Bruny Surin sera en vedette à l’émission.  

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