Inscriptions à la baisse: pas la cohue pour être une future éducatrice à l'enfance
La baisse des inscriptions en éducation à l’enfance se poursuit


Dominique Scali
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Ce n’est pas de sitôt que la pénurie d’éducatrices en garderie qualifiées se résorbera puisque le nombre d’inscriptions en éducation à l’enfance continue de baisser dans les cégeps.
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On comptait plus de 100 personnes inscrites dans le programme de techniques d’éducation à l’enfance au Cégep de Granby en 2017-2018.
Au moment de cette rentrée-ci, on n’en comptait plus que 37.
Cette baisse drastique du nombre d’étudiants dans un des domaines les plus en demande n’est qu’un des nombreux exemples d’une saignée qui continue de s’accentuer.
«C’est très attristant», dit Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des CPE. Son milieu est aux prises avec un manque criant de personnel et même parfois des ruptures de services.
Au cours des derniers mois, le gouvernement Legault a multiplié les annonces pour tenter d’amoindrir la pénurie et d’attirer les candidates.
Coup de sonde
Le Journal a donc sondé la trentaine d’établissements publics qui offrent le programme de technique ou l’attestation d’études collégiales en éducation à l’enfance afin de voir l’évolution du nombre d’inscriptions ou de demandes d’admission pour l’automne 2021.
Sur les 23 cégeps qui ont répondu, 16 notent une baisse. Dans une douzaine d’entre eux, les chiffres sont même à leur plus bas en quatre ans.
Par exemple, seulement 149 étudiants sont inscrits à la technique au cégep Marie-Victorin. Ils étaient près de deux fois plus (297) en 2017.
«Plus de cégeps offrent ce programme depuis les dernières années, ce qui expliquerait en partie qu’il y ait une baisse», nuance Nathalie Baumgartner du cégep Marie-Victorin.
Pendant ce temps, des programmes n’arrivent même pas à démarrer, faute d’étudiants. C’est le cas au cégep de la Gaspésie, où la dernière cohorte en technique remonte à 2018-2019.
Métier à revaloriser
«On espère sincèrement que [la baisse] va s’arrêter», dit Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec. «C’est le plus beau métier du monde, mais c’est un métier exigeant émotivement et physiquement», rappelle-t-elle. «Et on est encore dans les [diplômes] les moins bien payés.»
La revalorisation de la profession est cour, «mais il est certain que ça ne peut se faire du jour au lendemain [...] Le travail n’est pas terminé», indique Antoine de la Durantaye du cabinet du ministre de la Famille.
La baisse des inscriptions sur les bancs d’école remonte à 2014, «ce qui coïncide avec les coupes faites par le gouvernement libéral à l’époque», ajoute-t-il.
Moins de futures éducatrices dans ces cégeps:
Abitibi
André-Laurendeau
Beauce-Appalaches
Edouard-Montpetit
Gaspésie
Granby
Jonquière
Lanaudière
Lionel-Groulx
Marie-Victorin
Outaouais
Rivière-du-Loup
Saint-Hyacinthe
Saint-Jean-sur-Richelieu
Shawinigan
Sherbrooke
Valleyfield
Cégeps qui n'ont pas répondu:
Centre d'études collégiales dans Charlevoix
Champlain
Gérald-Godin
Heritage
Montmorency
Sept-Iles
Thetford