Les CPE craignent une baisse de la qualité des services offerts aux enfants québécois en raison de la multiplication des assouplissements aux exigences de qualification des éducatrices.
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Un allègement n’attend pas l’autre pour tenter de pallier le manque de personnel œuvrant auprès des bambins.
Mais la permission d’employer massivement des travailleuses non qualifiées jusqu’à deux ans après la pandémie inquiète les acteurs du réseau des services de garde éducatif, même les employeurs.
«Cela nous semble une brèche dangereuse dans le maintien de la qualité des services offerts aux tout-petits, surtout si rien n’est fait en parallèle pour résorber la pénurie que les milieux vivent», peut-on lire dans un avis confidentiel de l’Association québécoise des CPE et les Regroupements régionaux des CPE, acheminé le 7 mai dernier à la sous-ministre adjointe du ministère de la Famille.
Une sur trois formée
Depuis l’an dernier, seulement le tiers des éducatrices d’une installation ont besoin d’être dûment formées pour travailler auprès des 0-5 ans. Auparavant, ce ratio était de deux éducatrices sur trois.
Plus encore, le gouvernement Legault permettra aux garderies et aux CPE de continuer à recourir en grand nombre à des éducatrices non qualifiées pour au moins 21 mois après l’état d’urgence sanitaire.
Les titulaires de permis de CPE jugent que cet assouplissement va trop loin.
Puisque la situation ne reviendra pas à la normale du jour au lendemain, leur association ne s’oppose pas à ce que le ratio de travailleuses formées soit réduit pour l’année post-COVID. Mais il ne faut pas que cet allègement perdure au-delà de cette période.
«Nous souhaitons [...] éviter de faire traîner en longueur cette baisse d’exigence, qui est en grande partie garante de la qualité des services», précise l’avis obtenu par notre Bureau parlementaire.
Remplaçantes
Québec vient d’assouplir également les critères d’embauche pour les éducatrices remplaçantes.
Il n’est plus nécessaire d’avoir en poche un diplôme d’études collégiales (DEC) en technique d’éducation à l’enfance pour être considérée comme une employée remplaçante qualifiée.
Si l’objectif est louable, les CPE craignent les effets pervers. «Le cumul des mesures annoncées pourrait mener à des situations inquiétantes pour le maintien de la qualité des services offerts».
Ils jugent qu’il faut s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre dès maintenant et offrir des conditions de travail concurrentielles.

