Ormuz: États-Unis et pays du Golfe font pression à l'ONU pour condamner l'Iran

AFP
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Les États-Unis et des pays du Golfe ont appelé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger que l’Iran arrête “d’empêcher” la navigation dans le détroit d’Ormuz, alors qu’un projet de résolution en ce sens est menacé de veto.
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« Nous croyons en des principes fondamentaux, tels que la liberté de navigation pour tous les pays du monde. C’est ce qui est en jeu ici », a déclaré à la presse l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, entouré par ses homologues de Bahreïn, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar et du Koweït.
Il y a quelques jours, les États-Unis et Bahreïn ont soumis aux membres du Conseil un texte qui stipule que l’Iran doit cesser « immédiatement toutes ses attaques et ses menaces » contre les navires et « toute tentative d’empêcher » la liberté de navigation dans le détroit stratégique, notamment par « le placement de mines » et la mise en place de « péages illégaux ».
Le texte réclame également que Téhéran divulgue le nombre et la localisation de ses mines et les retire ; et qu’il permette la mise en place par l’ONU d’un « couloir humanitaire », notamment pour le passage des engrais.
« Le monde doit prendre position et dire qu’on ne peut pas, sans discernement, placer des mines dans l’océan parce qu’on a un différend avec une autre partie », a insisté Mike Waltz.
« Qui s’opposerait à ça ? », a-t-il lancé, en référence à une menace de veto.
Mi-mars, le Conseil avait adopté une résolution très ferme contre Téhéran, réclamant la « cessation immédiate » des attaques contre ses voisins du Golfe et condamnant le blocage du détroit.
La Russie et la Chine s’étaient alors abstenues. Mais les deux pays avaient ensuite mis leur veto début avril à un texte encourageant les États concernés à coordonner leurs efforts, « de nature défensive », pour assurer la liberté de navigation.
Et selon des sources diplomatiques, la Russie, alliée de Téhéran, a indiqué mercredi qu’elle était prête à bloquer le nouveau texte.
S’exprimant sur ces « fuites », la mission russe auprès de l’ONU a dénoncé jeudi dans un communiqué un texte « imprégné de termes déséquilibrés et d’exigences partiales envers Téhéran en ignorant totalement les racines de la crise, l’aventure militaire israélo-américaine contre l’Iran ».
Son adoption « pourrait provoquer une nouvelle escalade au Moyen-Orient », a-t-elle ajouté.
Qualifiant le projet de résolution de « propagande », l’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a lui répété que la « seule solution dans le détroit d’Ormuz (était) une fin définitive de la guerre, l’arrêt du blocus maritime (américain, ndlr) et la reprise » du trafic.
Adopter ce texte « établirait un dangereux précédent en légitimant les mesures coercitives unilatérales et les actions illégales des États-Unis », a-t-il ajouté.
Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale.
Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, cinq jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu.