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«On doit réduire nos marges de profit»: des producteurs de fleurs et de légumes québécois en arrachent

L’impact de la hausse du prix de baril de pétrole se fait sentir sur les cultures d’ici

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Photo portrait de Marianne Langlois

Marianne Langlois

2026-05-07T04:00:00Z

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Des cultivateurs de plantes, de fleurs ou de légumes voient leur coût de production exploser à cause de la hausse du prix du pétrole, ce qui les force à revoir leur fonctionnement afin de ne pas refiler toute la facture à leurs clients.

« En 30 ans, les augmentations [du coût] des fleurs n’ont jamais été aussi élevées. En ce moment, le prix pour la terre, les terreaux et les engrais ont doublé », explique Antonino Bono, copropriétaire du Jardin chez Michel, situé au Marché Jean-Talon.

La hausse du prix de l’essence causée par la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz a un impact sur les coûts de transport d’une panoplie de produits utilisés par l’entreprise familiale. Des contenants à fleurs au terreau, en passant par l’engrais... les frais s’accumulent vite.

Le Jardin chez Michel, où on vend des fleurs, des plants et des semences, au Marché Jean-Talon. L’entreprise familiale, en affaires depuis 30 ans, vit l’une des périodes où l’inflation est à son plus fort, et elle préfère éponger la hausse de plusieurs produits plutôt que de la refiler à la clientèle.
Le Jardin chez Michel, où on vend des fleurs, des plants et des semences, au Marché Jean-Talon. L’entreprise familiale, en affaires depuis 30 ans, vit l’une des périodes où l’inflation est à son plus fort, et elle préfère éponger la hausse de plusieurs produits plutôt que de la refiler à la clientèle. Photo Marianne Langlois

« Pour les petits pots dans lesquels on vend les fleurs, on parle d’une hausse d’environ un dollar. Ça monte vite, mais on ne veut pas refiler la facture à nos clients », renchérit son frère et copropriétaire Luigi Bono.

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Dans le contexte économique actuel, l’entreprise familiale, comme plusieurs autres producteurs du Québec, préfère éponger la différence autant que possible pour demeurer compétitive.

« Il y a certains services qu’on doit ajuster, sinon ça n’a pas de sens. Avant, on chargeait entre 15 $ et 20 $ pour la livraison, on charge 40 $ maintenant », ajoute Antonino Bono.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

L’entreprise La shop à légumes, qui propose des abonnements à des paniers de légumes, voit le prix du propane pour chauffer les serres passer de 50 à 70 sous le litre.

« On voit déjà que les gens sont plus serrés. Au niveau des abonnements, on choisit des paniers plus petits. Cette année, on va absorber la hausse, il le faut sinon on ne demeurera pas compétitif », mentionne Marc-André Ploudre, membre de la coopérative maraîchère, qui utilise de plus en plus de machineries pour réduire la main-d’œuvre.

Ajustements nécessaires

Pour l’entreprise de culture de fleurs Rose Drummond, au Centre-du-Québec, l’hiver a été très énergivore à cause des serres, où poussent fleurs et légumes. Pourtant, la clientèle qui ira acheter des fleurs pour la fête des Mères ou pour ses plates-bandes cette année ne ressentira pas beaucoup la différence.

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Un bouquet de fleurs de l’entreprise Rose Drummond au Centre-du-Québec. Face à une hausse des coûts opérationnels, l’entreprise vise une culture encore plus locale grâce à de nouvelles installations.
Un bouquet de fleurs de l’entreprise Rose Drummond au Centre-du-Québec. Face à une hausse des coûts opérationnels, l’entreprise vise une culture encore plus locale grâce à de nouvelles installations. PHOTO FOURNIE PAR Rose Drummond

« On n’a pas augmenté nos prix. Si on ajustait nos tomates en fonction de la hausse des coûts, elles seraient invendables », explique Marie-Pier Villeneuve, directrice générale.

Afin de mieux contrôler la situation, l’entreprise de Drummondville investit présentement afin de diviser les superficies de cultures de fleurs puis diminuer ainsi le chauffage et limiter le transport.

Une plantation dans l’une des serres de l’entreprise drummondvilloise Rose Drummond. Avec la hausse du prix du pétrole, le prix de plusieurs articles de l’entreprise augmente. Plutôt que de refiler la facture à la clientèle, on vise une culture encore plus locale grâce à de nouvelles installations.
Une plantation dans l’une des serres de l’entreprise drummondvilloise Rose Drummond. Avec la hausse du prix du pétrole, le prix de plusieurs articles de l’entreprise augmente. Plutôt que de refiler la facture à la clientèle, on vise une culture encore plus locale grâce à de nouvelles installations. PHOTO FOURNIE PAR Rose Drummond

« On avait beaucoup de fleurs importées, notamment d’Amérique du Sud, mais on va de plus en plus en produire localement », ajoute-t-elle.

Au total, plus de 100 variétés de fleurs locales, comme les tulipes d’hiver qui y sont déjà cultivées, s’y retrouvent en grande quantité.

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