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«On voit de plus en plus de gens de 40 ans faire des infarctus»: les maladies cardiovasculaires sous la loupe

Photo portrait de Jean-Philippe Guilbault

Jean-Philippe Guilbault

2026-02-15T05:00:00Z

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Les maladies cardiaques affectent les gens de plus en plus jeunes au Québec, mais les avancées scientifiques assurent maintenant de meilleurs pronostics et des traitements beaucoup plus efficaces.

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«On voit de plus en plus des hommes et des femmes de 40 ans qui font des infarctus ou de 35 ans qui ont de l’insuffisance cardiaque. Et ces gens-là sont toujours un peu surpris», explique la Dre Marie-Ève Piché, cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

«La maladie va apparaître souvent 10 ans plus jeune dans certains groupes de la population», ajoute la Dre Piché.

Habitudes de vie

Au Canada, environ 10% des hommes et 7% des femmes de plus de 20 ans ont une maladie cardiaque diagnostiquée. Il s’agit de la deuxième cause de mortalité au pays avec 50 000 décès par année, selon les données les plus récentes.

Les Québécois, comme l’ensemble de la population mondiale, développent des troubles cardiovasculaires beaucoup plus jeunes qu’avant, notamment en raison des habitudes de vie qui affectent l’état de santé du cœur.

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«On a longtemps sous-estimé les déterminants sociaux de la santé», explique la cardiologue, citant par exemple le stress, les troubles anxieux, le sommeil et la sédentarité.

La Dre Marie-Ève Piché est cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).
La Dre Marie-Ève Piché est cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). Photo tirée du site web de l'IUCPQ

Selon la Dre Piché, ces facteurs aggravants peuvent toutefois être renversés, ce qui réduit les risques d’empirer sa santé cardiovasculaire.

«Les gens ne sont pas bien informés qu’on peut prévenir jusqu’à 80% des maladies cardiovasculaires. 80%, c’est beaucoup!» assure la cardiologue.

Des avancées technologiques

L’autre facteur qui explique la précocité des maladies cardiaques est l’évolution de technologies dans le milieu médical, tant dans la prévention que dans les traitements.

«On s’est améliorés des deux côtés du spectre. Nos outils de diagnostic, nos outils de prévention et nos outils de traitement se sont améliorés», selon la Dre Kim O’Connor, également cardiologue à l’IUCPQ.

Le taux de mortalité au Québec en lien avec des maladies cardiaques a constamment diminué depuis une vingtaine d’années, selon le ministère de la Santé.

«J’ai des patients de 92 ans qui se font changer une valve aortique par l’aine au lieu de se faire ouvrir le thorax, et deux jours après ils sont de retour chez eux, illustre la Dre O’Connor. Il y a 25 ans, vous n’auriez jamais vu ça.»

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La cardiologue Kim O'Connor de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.
La cardiologue Kim O'Connor de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Photo fournie par l'IUCPQ

N’empêche que les infarctus ou les autres troubles graves du cœur demeurent des évènements transformateurs dans la vie des patients, selon la cardiologue.

«Ce sont vraiment des hospitalisations qui seront phares dans la vie de patients. Il y aura un avant et un après, souligne-t-elle. On peut faire un gros infarctus à 80 ans et bien s’en tirer, mais il y a quand même une bonne partie de la population qui va se retrouver hypothéquée après un évènement comme ça.»

Les maladies cardiovasculaires à surveiller

Une poignée de maladies et de conditions du cœur sont plus fréquentes, notamment en raison du vieillissement de la population. Voici celles qui doivent être particulièrement surveillées par les patients.

Maladies coronariennes

Il s’agit de conditions qui peuvent affecter l’efficacité des artères coronaires du cœur, celles-ci servant à fournir le sang et l’oxygène. Ces artères peuvent s’obstruer ou se raidir avec l’âge.

«Les dépôts d’athérosclérose dans les artères coronaires vont mener à des complications cardiaques comme l’infarctus et l’insuffisance cardiaque», explique la Dre Kim O’Connor.

C’est la maladie cardiovasculaire la plus fréquente.

Maladies valvulaires

Ce sont les maladies qui touchent l’une ou l’autre des quatre valvules du cœur.

«Je dis souvent à mes patients: ça, ce n’est pas compliqué, c’est le système de portes entre les chambres du cœur», résume la Dre Marie-Ève Piché.

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À l’intérieur du cœur, le sang circule dans une seule direction puisqu’il perd en oxygène. Ces valvules se referment pour maintenir ce flot unidirectionnel.

Un problème avec ces valvules peut soit réduire ou accélérer le débit du sang qui circule dans le cœur, ou voir le sang moins oxygéné refouler dans une cavité.

L’insuffisance cardiaque

Si le cœur est trop fragile ou trop rigide, il peut perdre en efficacité et entraîner de la fatigue, des gonflements aux jambes et une accumulation de liquide dans les poumons.

L’insuffisance cardiaque peut être le résultat d’un épisode plus sévère comme un arrêt cardiaque ou d’hypertension artérielle.

Les arythmies

C’est l’ensemble des troubles électriques du cœur qui affectent la vitesse à laquelle il bat. Certains de ces troubles sont liés à l’âge, mais d’autres sont causés par les habitudes de vie des patients.

Avec le vieillissement de la population au Québec, la fibrillation auriculaire est la forme la plus courante d’arythmie. C’est une accélération marquée du rythme cardiaque. La fibrillation auriculaire serait responsable du quart des AVC qui surviennent passé 40 ans.

L'hypertension artérielle

Sans être une maladie, l'hypertension artérielle est une condition qui peut mener à des troubles cardiaques plus sévères. 

Il s'agit de la force avec laquelle le sang circule dans les artères. Si la pression augmente, le cœur doit pomper plus fort pour assurer une meilleure circulation. 

L'hypertension est aussi un important facteur de risque pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

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