«On n’avait même plus assez de joueurs»

Jonathan Bernier
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On ne le dira jamais assez, la Ligue nationale de hockey (LNH) a pris la bonne décision en reportant les activités du Canadien de Montréal dès l’apparition des premiers doutes concernant de possibles cas de COVID-19 au sein de l’équipe.
Elle a ainsi évité que la situation ne s’aggrave. Et Dieu sait que ça peut dégénérer rapidement. En tout cas, les Devils du New Jersey, eux, sont au courant. Comme chez le Canadien, deux joueurs ont d’abord été placés sur la liste du protocole avant que la situation dégénère.
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Quelques jours plus tard, au début du mois de février, ce sont 17 joueurs de l’équipe qui étaient atteints de la COVID-19.
«Ça a commencé par Travis Zajac. Il ne nous avait pas accompagnés à Buffalo. Rendu là, c’est MacKenzie Blackwood qui a été placé sur la liste», a raconté Alain Nasreddine, entraîneur adjoint des Devils lors d’une entrevue accordée à l’auteur de ces lignes.
Les Devils ont tout de même disputé les deux rencontres prévues contre les Sabres. C’est une fois arrivé à Pittsburgh, leur arrêt suivant, que la situation est devenue hors de contrôle. Deux joueurs se sont ajoutés à la liste, suivis de quatre autres le lendemain.
Devant pareille hécatombe, les Devils ont été forcés à l’inactivité pendant deux semaines.
«Ça sortait tous les jours. On n’avait même plus assez de joueurs pour jouer! Il a fallu attendre que le dernier groupe obtienne le feu vert pour revenir au jeu. Ça n’avait pas de sens», a expliqué Nasreddine.
Entre-temps, joueurs et entraîneurs ont été confinés à l’hôtel. D’abord, à Pittsburgh pendant quatre jours, puis au New Jersey, pour les 10 jours suivants, où l’équipe a pris la décision d’isoler tout son monde.
Un match aux deux jours
En raison du nombre effarant de joueurs sur la touche, les autorités de la LNH n’ont eu d’autre choix que de reporter six matchs. Dans un calendrier déjà condensé, ce n’était pas une mince tâche.
«Regarde notre horaire depuis le début du mois de mars. On joue tous les deux jours. Là-dedans, on a même des séquences de trois matchs en quatre soirs, a tenu à souligner le Québécois. Si jamais le même problème arrive avec une autre équipe de notre division, il n’y aura pas de place pour déplacer les matchs.»
Vérification faite, du 16 février, date de leur retour au jeu, au 10 mai, date de leur dernier match de la saison régulière, une seule fois les Devils auront eu deux journées de suite sans match.
En bout de parcours, ils auront disputé leurs 47 derniers matchs en 83 jours. En cours de route, ils auront disputé 10 séquences de deux matchs en autant de soirs.
«On est la deuxième équipe la plus jeune de la LNH. L’énergie ne devrait pas manquer. Par contre, nos joueurs apprennent encore les rouages de la LNH. Et là, c’est impossible. On a beau faire du vidéo et des rencontres individuelles, ça ne remplace pas les entraînements sur la glace.»
Comme une traînée de poudre
Les joueurs des Devils n’ont pas paru trop rouillés à leur retour en action, remportant leurs deux premiers matchs. C’est la suite qui a été plus ardue.
«Les gars n’étaient pas de retour à 100 %. Ils avaient de la misère avec leur niveau d’énergie. Comparativement à la majorité des équipes, nos joueurs n’ont pas simplement été en contact avec un porteur de la COVID ou n’ont pas reçu un faux résultat. Les 17 ont eu des symptômes. Même chose pour les membres du personnel atteints. Certains ont perdu l’odorat, d’autres le goût.»
Depuis que les noms de Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia sont apparus sur la liste maudite, plusieurs se demandent s’il n’y en a pas un des deux qui a enfreint les règles sanitaires. Malgré la gravité du problème chez les Devils, Nasreddine assure que personne, à l’intérieur du vestiaire, n’a essayé de trouver le coupable.
«C’est difficile de connaître la véritable source. Le premier qui développe les symptômes n’est pas nécessairement le premier à avoir contracté le virus», a -t-il soutenu.
«Après, ça va vite, a-t-il ajouté. Même si tu fais attention, que tu portes ton masque et que tu essaies de garder tes distances, on est tous au même hôtel. On est dans le même vestiaire. Sur le banc, les gars sont tous assis un à côté de l’autre. Sur la glace, pendant les entraînements, il y a de l’interaction. Ce n’est pas long que ça se propage.»