«On n’a pas de signe de vie depuis cinq jours»: des Québécois d’origine iranienne ont peur pour leurs proches

Marianne Langlois
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La communauté iranienne du Québec est plongée dans l'angoisse alors que de violents affrontements secouent l'Iran et que le gouvernement a coupé les télécommunications empêchant tout échange avec leurs proches.
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«Mes parents et mes beaux-parents sont seuls à Téhéran, on n’arrive pas à prendre de leurs nouvelles. On n’a pas de signe de vie depuis cinq jours», déplore Mohsen Imankhani, propriétaire du restaurant Shamdooni à Montréal.

Depuis plus de deux semaines, la capitale Téhéran est le théâtre d’affrontements violents dans ses rues entre la population qui aspire à la démocratie et les autorités.
Le pays a coupé le 8 janvier l'accès à internet de sa population, l’empêchant de partager avec le reste du monde des informations sur les manifestations en cours et leur répression. Lundi, ce sont toutes les télécommunications qui ont officiellement été interrompues en brouillant à grande échelle les terminaux de Starlink, appartenant à Elon Musk.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
«Il n’y a plus d’internet depuis le 8 janvier, maintenant il n’y a plus de lignes téléphoniques et la population subit même des pannes de courant par moments», déplore Nimâ Machouf, épidémiologiste et femme politique québécoise d’origine iranienne.
Une partie de sa famille vit toujours en Iran. Elle est sans nouvelles d’eux depuis trois jours et s’inquiète de voir la situation se détériorer, maintenant que l’information ne circule plus librement.

«Initialement, les gens sortaient dans les rues pour manifester à cause de la condition économique difficile, mais maintenant l’Iran est en feu, littéralement. C’est la tombée du régime que les gens réclament», explique Mme Machouf.
Pour la Montréalaise Sherazad Adib, qui attend des nouvelles de ses cousins et amis vivant toujours en Iran, la situation est catastrophique depuis que Starlink ne fonctionne plus.
«On voit déjà des images de corps par terre avec des familles à la recherche de leurs proches, mais une fois que l’internet sera rétabli, les gens risquent d’être excessivement choqués par les atrocités», explique-t-elle.
Inquiétude vive
«On se sent impuissant, on ne peut rien faire. On ne peut pas envoyer de virements bancaires ou de billets d’avion pour mettre notre famille en sécurité», explique Mohsen Imankhani.
Le propriétaire du restaurant Shamdooni qui se spécialise dans la cuisine iranienne entend tous les jours sa clientèle parler du conflit qui se déroule actuellement dans leur pays d’origine.
«Mes parents et mes beaux-parents sont âgés, on sait qu’ils restent loin des affrontements, mais ils ont peur et nous, on s’inquiète», ajoute l’entrepreneur qui doit rassurer sa fille qui s’inquiète pour ses grands-parents.
– Avec AFP
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