«On était faible si on consultait un psy» –Bruny Surin


Mylène Richard
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Quand Bruny Surin accompagnera la délégation canadienne aux Jeux de Paris cet été, il se sera écoulé 24 ans depuis sa dernière épreuve olympique. S’il y a un aspect qui a changé depuis les JO de Sydney en 2000, c’est bien la question de la santé mentale des athlètes.
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«Dans mon temps, ça commençait un peu, on avait des psychologues, mais il y avait encore un côté, peut-être à cause de la société, qui disait qu’on était faible si on consultait un psy, qu’on n’était pas fait fort», soutient le chef de mission d’Équipe Canada en entrevue au Journal.
Surin a travaillé avec un psychologue pendant «six-sept ans, mais il y avait toujours un “mais”» qui le freinait.
«Les sprinters, ce sont des toughs, des guerriers. Tu ne voulais pas montrer ta vulnérabilité», pointe-t-il.
Ça ne l’a toutefois pas empêché de gagner l’or olympique au relais 4 x 100 mètres aux Jeux d’Atlanta en 1996 et d’être double champion du monde.

Fini le tabou
La santé mentale dans le monde du sport n’est plus un tabou. Jonathan Drouin, Bianca Andreescu, Kim Boutin, Simone Biles, Mary-Sophie Harvey, Katerine Savard et récemment Sophiane Méthot, qui s’est confiée sur le «monstre» avec lequel elle cohabite, ne sont que quelques exemples d’athlètes ayant brisé le silence.
«Aujourd’hui, on en parle tout le temps, encore plus après la période de la COVID, constate Surin. Pas seulement pour les athlètes ou les jeunes, mais dans les milieux de travail et partout. Les athlètes sont très bien encadrés.»
Un confident
Depuis plusieurs mois, le Québécois de 56 ans côtoie les meilleurs espoirs olympiques. Il assiste à des entraînements, des compétitions, des lancements et il donne des conférences. Surin est là pour les accompagner, les encourager, les soutenir, les conseiller et les épauler.
«Je leur ai donné mes coordonnées. Je sais qu’ils ont leur entourage et parfois leur préparateur mental, mais moi je suis là en back up. S’ils ont besoin de conseils, pour la pression ou autre, je suis là», a-t-il mentionné, ajoutant qu’il avait déjà échangé avec certains.

Monsieur le cheerleader
À deux mois de la cérémonie d’ouverture, la fébrilité et la passion sont palpables dans la voix de Surin, qui rappelle aux athlètes l’importance du respect quand on représente son pays et l'importance de s’amuser.
«Moi aussi, j’ai une préparation à faire. Je vais me promener partout à Paris et en France. Je vais essayer de voir le plus de compétitions possible. Je marcherai beaucoup. Je dois transmettre l’énergie aux parents et aux entraîneurs aussi. Je serai le plus gros cheerleader de l’équipe canadienne. Alors il faut que je sois en forme moi aussi.»
Surin sera également une source d’inspiration, même si plusieurs athlètes n’étaient pas nés quand il a levé les bras après avoir passé le témoin à Donovan Bailey, dernier coureur de l’unifolié du relais à Atlanta.
«Il y en a qui ne me connaissait pas et je trouve ça drôle. Certains ont commencé à m’appeler “Monsieur” ou “Sir”! Bruny, ça va être correct!» rigole-t-il.