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«On est réalistes. On n’a pas d’argent», plaide Martin Petit en se portant à la défense de la culture québécoise

Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2026-01-31T02:00:00Z

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Invité vendredi soir à l’émission de Sophie Durocher, Martin Petit est revenu sur l’expérience dichotomique, entre le Québec et les États-Unis, qu’il a vécue il y a quelques années, alors qu’il tentait de vendre son idée pour la série Les pêcheurs.

L’humoriste, qui a eu l’occasion d’aller «vendre sa salade» chez tous les diffuseurs de Los Angeles, a raconté que les Américains avaient une vision grandiloquente de leur télévision et semblaient tous déçus par les faibles coûts qu’ils auraient à dépenser pour la réalisation d’une telle série.

• À lire aussi: «Il a appris sa leçon» – Martin Petit n’en veut pas à Gad Elmaleh de l’avoir plagié

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

«Ils me posaient des questions du genre: “Est-ce qu’il y a un village, plein de monde dans le village?” Moi, j’entends ça avec mes oreilles de Québécois en me disant: “C’est un piège, c’est un piège. Rappelle-toi, la force de l’émission, c’est qu’il n’y a que trois humoristes, ça coûte pas cher.” [...] J’ai vu la déception dans le regard de la personne avec qui je parlais», a-t-il raconté lors de son passage à l’émission Dans le blanc des yeux.

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«Au Québec, [mon argumentaire de vente], c’était, genre: ça coûtera pas cher, on va être trois humoristes dans un petit chalet. Ça a l’air d’une petite fin de semaine qui coûte rien. [...] Ce qui fait en sorte que je peux continuer à parler, puis parler du projet, parce que ça a l’air de ne pas coûter cher», a-t-il ajouté, soulignant l’incongruité de la situation.

Malgré les idées de grandeur des États-Unis, l’humoriste ne croit cependant pas que le Québec manque d’ambition, mais plutôt qu’il est réaliste dans sa sélection de projets.

«On est réalistes. On n’a pas d’argent. On ne commencera pas à rêver puis à imaginer des affaires qu’on n’a pas. On n’a pas d’argent. C’est réaliste de dire: “Écoute, arrête ton projet. Je ne sais pas comment le financer”», a-t-il dit.

«Mais quand je parlais à cette personne-là [aux États-Unis], derrière lui, il y avait le poster de The Walking Dead. Puis là, je vois les 2000 zombies sur le poster, puis je me dis: bien, c’est sûr que The Walking Dead ne serait pas un succès s’il [n’]y avait eu [qu’un seul] zombie», estime Martin Petit.

«Moi, ce que je pensais qui était la force créative de mon émission, la force lente de mon émission, aux États-Unis ça devenait un défaut.»

L’humoriste a finalement réussi à vendre une partie des droits de sa série à Netflix qui en a fait une adaptation, The Cabin, avec Bert Kreischer.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

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Plusieurs années auparavant, il avait obtenu un certain succès à l’international avec son film Starbuck, qu’il a coscénarisé avec Ken Scott et vendu en France, en Inde et aux États-Unis pour des adaptations.

«Starbuck a été présenté dans tous les studios américains. Puis ils sont tous revenus avec une réponse du genre: “On va peut-être vous mettre sur une tablette... Peut-être dans deux ans...” Jusqu’à [ce] que Spielberg dise: “OK, moi, je veux le faire”», a raconté Martin Petit à Dans le blanc des yeux, confiant que ce film avait été, et de loin, son projet le plus lucratif.

Il croit par ailleurs qu’en matière de financement de la culture, au Québec comme aux États-Unis, rares sont ceux qui, en position d’autorité, connaissent réellement les rouages et les mécanismes de la culture.

«Je n’ai jamais vu un ou une ministre de la Culture dire quelque chose, puis me donner l’impression que la personne savait de quoi elle parlait. [...] Je n’ai jamais vu un premier ministre qui sait comment la culture fonctionne. Je n’ai vu aucun ministre de la Culture savoir comment ça fonctionne», a-t-il poursuivi, estimant que même les artistes entre eux, selon ses observations, ne comprennent pas très bien les disciplines des autres.

  • Produite par QUB, l’émission Dans le blanc des yeux est diffusée à LCN tous les vendredis à 20 h ainsi qu’à QUB télé, en simultané à la radio numérique QUB, le samedi à 9 h et le dimanche à 16 h. Elle est aussi accessible «sur demande» à TVA+, en balado sur la plateforme qub.ca et dans YouTube QUB.
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