Patricia Paquin et Mathieu Gratton ont exigé un cachet important pour apparaître à la une de «La Semaine», et ce, pour une raison bien précise

Frédérique De Simone
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Patricia Paquin et Mathieu Gratton ont demandé un cachet important pour apparaître à la une du magazine La Semaine, où ils révélaient, en 2001, l’autisme de leur fils Benjamin.
«On ne voulait pas faire cette entrevue-là au départ», a expliqué Patricia Paquin sur le plateau de l’émission Dans le blanc des yeux, vendredi soir.
N’ayant rien à gagner à se livrer sur le diagnostic de leur enfant, les ex-conjoints ont demandé un cachet de 10 000$ pour le bien de Benjamin, un montant qui fructifie d’ailleurs encore aujourd’hui dans les coffres du jeune homme.

L’ancienne animatrice de Flash a tenu à préciser qu’il était peu commun qu’un artiste soit payé pour apparaître à la une d’un magazine, mais elle reconnaît toutefois que cette sortie publique a permis de lever un voile important sur l’autisme au Québec, qui était encore méconnu au tournant du nouveau millénaire.
«Ç’a fait grandir. Je pense qu’avec Sophie Prégent, Guylaine Guay, on en parle beaucoup plus. Ça fait en sorte qu’il y a une fenêtre d’ouverte pour qu’on soit collectivement plus sensibilisés», a-t-elle lancé.
«La preuve, c’est qu’il y a des émissions et qu’il y a même une Barbie autiste. On a appris ça cette semaine», a-t-elle ajouté, indiquant accueillir favorablement la nouvelle poupée de Mattel, bien qu’elle sache que cette dernière n’est pas destinée aux enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
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«Ce qui me fait rire, c’est que les enfants autistes ne jouent pas à la poupée, à la Barbie, parce que c’est de la représentation. Ils ne sont pas capables de se transposer dans des personnages», a-t-elle soulevé, saluant somme toute l’idée de la représentation derrière l’initiative.
«C’est une manière de plus de montrer l’invisible. Il faut arrêter de chercher le millième degré. Moi, j’ai juste dit: pourquoi pas?», a-t-elle poursuivi.
Faire le deuil de l’enfant qu’on s’est imaginé
La réception du diagnostic de leur fils a été un coup dur pour Patricia Paquin et Mathieu Gratton, a indiqué l’animatrice à Sophie Durocher, avouant avoir dû faire le deuil de l’enfant qu’elle s’était imaginé, bien que chaque jour soit depuis accompagné de surprises et d’émerveillements.
«Mathieu, au départ, ça a été très difficile pour lui, cette nouvelle-là. Il était plus jeune aussi. [...] Quand Benjamin a vieilli, il s’est fouetté; il a parti la page Facebook “Le Monde de Benjamin”, il a commencé à faire de petites vidéos, des fois loufoques, des fois tendres, des fois informatives», a-t-elle poursuivi.
«Ça nous a montré quelque chose: c’est qu’il était capable», a-t-elle dit, en ajoutant constater désormais la portée de leurs vidéos sur le web, notamment auprès des familles ayant un enfant autiste, qui leur partagent régulièrement leurs expériences.

Depuis son passage dans le documentaire Autiste, bientôt majeur, Benjamin Gratton bénéficie également d’une belle popularité dans l’espace public. En plus d’avoir accompagné ses parents sur scène, dans le spectacle Les EXséparables, le jeune homme de 24 ans brille dans la série STAT, où il campe le rôle de Siméon, le fils de la Dre Isabelle Granger (Geneviève Schmidt).
Plus tôt cette semaine, Benjamin et son père ont d’ailleurs annoncé leur intention de mettre sur pied un nouveau spectacle, cette fois en duo, lorsque la tournée des EXséparables se conclura dans quelques semaines.
Dans une missive publiée sur les réseaux sociaux, ils ont indiqué être à la recherche d’un producteur prêt à embarquer dans cette nouvelle aventure avec eux.
- Produite par QUB, l’émission Dans le blanc des yeux est diffusée à LCN tous les vendredis à 20 h ainsi qu’à QUB télé, en simultané à la radio numérique QUB, le samedi à 9 h et le dimanche à 16 h. Elle est aussi accessible «sur demande» à TVA+, en balado sur la plateforme qub.ca et sur la chaîne YouTube QUB.