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«On essaie de faire oublier la guerre»: on a parlé à Karim Azzam, un breakdancer qui danse à Gaza

Il fait du breakdance à Gaza malgré les bombes

Photo portrait de Mathieu Carbasse

Mathieu Carbasse

2023-11-23T22:16:41Z
2023-11-24T14:14:39Z

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Alors que la bande de Gaza est bombardée sans relâche par l’armée israélienne, Karim Azzam réunit chaque jour une bande d’enfants autour d’une passion commune: le breakdance. Nous avons pu lui parler.  

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Né à Gaza en 1998, Karim a quitté l’enclave palestinienne en 2016 avec sa famille pour Alexandrie, en Égypte. Il y étudie aujourd'hui les métiers du tourisme. Mais chaque année, il retourne à Gaza enseigner la danse et soutenir à sa façon la résistance du peuple gazaoui.  

Sauf que cette année, il est resté pris au piège à cause de la guerre. 

«Quand la guerre a commencé, je ne pouvais plus partir. Les cours de notre école de danse, Camps Breakerz Crew, la seule de Gaza, se sont arrêtés. Mais on a choisi de continuer de danser pour occuper les enfants. On essaie de leur faire oublier la guerre», explique Karim en entrevue à 24 heures.

Le jeune homme de 25 ans profite d’un rare accès à internet et du peu de batterie qu’il lui reste sur son téléphone cellulaire pour nous parler.  

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Mouvements de corps saccadés, acrobaties, figures au sol: Karim, qui a fait du parkour par le passé, enseigne les rudiments du breakdance à une vingtaine d’enfants. Régulièrement, sa troupe organise des performances au beau milieu des rues de Gaza. 

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«Ça les rend heureux. Les familles nous remercient pour ce qu’on fait», confie le jeune homme, le sourire aux lèvres. 

Celui qui refuse de s’apitoyer sur son sort attend la fin de la guerre pour rentrer chez lui. 

«Bien sûr que j’ai peur, c’est normal d’avoir peur. Ma famille restée en Égypte a peur pour moi, mais j’essaie de faire en sorte qu’ils ne s’inquiètent pas trop», explique-t-il dans un bon anglais. 

Courtoisie
Courtoisie

«Nous, Palestiniens, voulons juste vivre normalement sur notre terre. Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons juste que nos droits soient respectés. Nous voulons pouvoir acheter à manger, avoir de l’électricité. Nous vivons comme dans une prison à Gaza», poursuit-il. 

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Si Karim Azzam passe une bonne partie de ses journées à danser avec les enfants de Gaza, le reste du temps, il le passe à chercher de la nourriture et de l'eau. 

«Nous sommes obligés de cuire la nourriture qu’on trouve au feu de bois, car nous n’avons ni électricité ni gaz, explique-t-il. Je passe aussi beaucoup de temps à tenter de recharger mon téléphone, mon ordinateur et mes batteries.» 

Karim dans les ruines de Gaza
Karim dans les ruines de Gaza Courtoisie

Comme tous les habitants de Gaza, depuis le début de la guerre, Karim a perdu des amis, des membres de sa famille, dont des enfants. 

«Je ne pense pas trop à tout ça, car je suis encore dans la guerre. J’y penserai après», confie celui qui a été obligé de mettre ses études sur pause.  

«J’ai des examens en ce moment, mais je ne peux pas les passer», poursuit Karim. À la blague, il affirme avoir un bon motif d’absence. 

Il admet aussi que le soutien que lui témoignent les gens sur les réseaux sociaux lui fait chaud au cœur, en plus de lui donner de la force au quotidien.  

En attendant de pouvoir reprendre une vie «normale», Karim consulte chaque jour, à 2h du matin, la liste des civils autorisés à quitter la bande de Gaza. Chaque jour, il espère voir son nom inscrit sur la liste. Et chaque jour, il danse jusqu’au prochain.  

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