Deux étudiants des HEC Montréal qui ont lancé leur PME à partir de rien, sans le sou, la remettent une quarantaine d’années plus tard à leurs employés pour la garder au Québec.
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« On a vraiment mangé du Kraft Dinner pendant un bon bout de temps », raconte au Journal Michel Berne, 62 ans, associé et cofondateur d’Ad hoc recherche.
« Notre siège social était un appartement sur le boulevard Édouard-Montpetit. Notre mise de fonds, c’étaient nos deux ordinateurs », se souvient-il en riant.
Un des deux ordis avait une carte mémoire plus puissante. C’était à l’époque leur seul espoir de pouvoir faire décoller leur PME.
À côté de lui, son complice, Stéphan Harris, 64 ans, se souvient de ces années difficiles financièrement, où ils en ont arraché.
« À l’époque, on était 250 finissants et il y avait deux affichages de postes sur le babillard d’emploi », souffle-t-il.
Fondée en 1984, Ad hoc recherche est une firme d’études marketing sur mesure qui permet d’analyser l’expérience client, utilisateur et employé.

Qu’à cela ne tienne, en 1984, ils ont eu l’audace de lancer leur PME.
Au départ, ce n’était pas simple. Chaque petit contrat était une victoire à célébrer. À la fin de l’année, il leur restait bien peu d’argent dans les poches.
Aujourd’hui, ils ont des clients comme Bell, Beneva, CBC / Radio-Canada, Desjardins, Hydro-Québec, L’Oréal, Loto-Québec, RONA, Sobeys et SAQ.
« De l’argent sur la table »
Au Québec, plus de 16 000 entreprises pourraient changer de mains dans la prochaine année, un défi majeur.
Le mois dernier, Le Journal a raconté l’histoire d’Alexandre Bouchard, entrepreneur derrière HelloBox et repreneur des Emballages L. Boucher. Il défendait le maintien des PME au Québec et déplorait le manque d’intérêt pour les métiers manuels, malgré ses investissements en automatisation.
À la fin mars, c’est l’ex-premier ministre Lucien Bouchard qui affirmait de son côté ne pas craindre que les Américains viennent acheter nos entreprises parce qu’il estime que la nouvelle génération de Québécois est bien partie pour tenir le coup.

Quand on demande à Michel Berne et à Stéphan Harris pourquoi ils ont résisté au chant des sirènes en évitant de vendre leur bébé aux Américains, ils disent qu’ils sont fiers d’avoir entamé le processus de passation de l’entreprise il y a quatre ans.
Depuis, tout se passe à merveille. L’équipe de relève dirige désormais activement l’entreprise et poursuit sa mission : accompagner stratégiquement les clients dans un contexte d’affaires exigeant.
« On en connaît qui ont vendu à des groupes étrangers. On a vu comment la culture d’entreprise était jetée par les fenêtres », observe Stéphan Harris.
« On laisse de l’argent sur la table, mais pour nous, ce n’était pas ça qui était important », conclut-il.
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