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«On a vraiment mangé du Kraft Dinner»: ces deux entrepreneurs québécois ont lancé leur PME à partir de rien

Ils ont réussi à bâtir une entreprise québécoise reconnue de 90 employés

Ad hoc recherche, les cofondateurs Michel Berne et Stéphan Harris annoncent leur départ à la retraite. Montréal, 28 mai 2026. PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Ad hoc recherche, les cofondateurs Michel Berne et Stéphan Harris annoncent leur départ à la retraite. Montréal, 28 mai 2026. PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Photo portrait de Francis Halin
2026-06-07T04:00:00Z

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Deux étudiants des HEC Montréal qui ont lancé leur PME à partir de rien, sans le sou, la remettent une quarantaine d’années plus tard à leurs employés pour la garder au Québec.

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• À lire aussi : Lucien Bouchard ne craint pas que les Américains viennent acheter nos PME

« On a vraiment mangé du Kraft Dinner pendant un bon bout de temps », raconte au Journal Michel Berne, 62 ans, associé et cofondateur d’Ad hoc recherche.

« Notre siège social était un appartement sur le boulevard Édouard-Montpetit. Notre mise de fonds, c’étaient nos deux ordinateurs », se souvient-il en riant.

Un des deux ordis avait une carte mémoire plus puissante. C’était à l’époque leur seul espoir de pouvoir faire décoller leur PME.

À côté de lui, son complice, Stéphan Harris, 64 ans, se souvient de ces années difficiles financièrement, où ils en ont arraché.

« À l’époque, on était 250 finissants et il y avait deux affichages de postes sur le babillard d’emploi », souffle-t-il.

Fondée en 1984, Ad hoc recherche est une firme d’études marketing sur mesure qui permet d’analyser l’expérience client, utilisateur et employé.

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Michel Berne et Stéphan Harris sont tous deux diplômés des HEC Montréal.
Michel Berne et Stéphan Harris sont tous deux diplômés des HEC Montréal. Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Qu’à cela ne tienne, en 1984, ils ont eu l’audace de lancer leur PME.

Au départ, ce n’était pas simple. Chaque petit contrat était une victoire à célébrer. À la fin de l’année, il leur restait bien peu d’argent dans les poches.

Aujourd’hui, ils ont des clients comme Bell, Beneva, CBC / Radio-Canada, Desjardins, Hydro-Québec, L’Oréal, Loto-Québec, RONA, Sobeys et SAQ.

« De l’argent sur la table »

Au Québec, plus de 16 000 entreprises pourraient changer de mains dans la prochaine année, un défi majeur.

Le mois dernier, Le Journal a raconté l’histoire d’Alexandre Bouchard, entrepreneur derrière HelloBox et repreneur des Emballages L. Boucher. Il défendait le maintien des PME au Québec et déplorait le manque d’intérêt pour les métiers manuels, malgré ses investissements en automatisation.

À la fin mars, c’est l’ex-premier ministre Lucien Bouchard qui affirmait de son côté ne pas craindre que les Américains viennent acheter nos entreprises parce qu’il estime que la nouvelle génération de Québécois est bien partie pour tenir le coup.

En entrevue accordée récemment au Journal, en marge de la neuvième édition du Sommet du repreneuriat à Montréal, l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard a affirmé que la nouvelle génération était prête à prendre le relais. « C’est formidable ! » s’est-il exclamé avec enthousiasme.
En entrevue accordée récemment au Journal, en marge de la neuvième édition du Sommet du repreneuriat à Montréal, l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard a affirmé que la nouvelle génération était prête à prendre le relais. « C’est formidable ! » s’est-il exclamé avec enthousiasme. Photo FRANCIS HALIN

Quand on demande à Michel Berne et à Stéphan Harris pourquoi ils ont résisté au chant des sirènes en évitant de vendre leur bébé aux Américains, ils disent qu’ils sont fiers d’avoir entamé le processus de passation de l’entreprise il y a quatre ans.

Depuis, tout se passe à merveille. L’équipe de relève dirige désormais activement l’entreprise et poursuit sa mission : accompagner stratégiquement les clients dans un contexte d’affaires exigeant.

« On en connaît qui ont vendu à des groupes étrangers. On a vu comment la culture d’entreprise était jetée par les fenêtres », observe Stéphan Harris.

« On laisse de l’argent sur la table, mais pour nous, ce n’était pas ça qui était important », conclut-il.

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