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«Il faut que l’on garde ça au Québec»: un cri du cœur pour sauver nos PME

Depuis 30 ans, le nombre d’entrepreneurs a pratiquement fondu de moitié ici, révèle une étude obtenue par Le Journal

Alexandre Bouchard, entrepreneur (HelloBox) et repreneur des Emballages L. Boucher, défend le maintien des PME au Québec. Il déplore le manque d’intérêt pour les métiers manuels, alors que ses installations de Québec manquent de main-d’œuvre, malgré les investissements importants qu’il a réalisés en automatisation au cours des dernières années.
Alexandre Bouchard, entrepreneur (HelloBox) et repreneur des Emballages L. Boucher, défend le maintien des PME au Québec. Il déplore le manque d’intérêt pour les métiers manuels, alors que ses installations de Québec manquent de main-d’œuvre, malgré les investissements importants qu’il a réalisés en automatisation au cours des dernières années. Photo fournie par Alexandre Bouchard
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2026-05-12T04:00:00Z

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Un entrepreneur de Québec lance un cri du cœur pour que l’on maintienne nos entreprises chez nous plutôt que de les voir passer sous contrôle étranger.

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« Il faut que l’on garde ça au Québec », lance avec aplomb Alexandre Bouchard, directeur général chez Les Emballages L. Boucher et fondateur du fabricant de carton personnalisable HelloBox, dans le quartier Sainte-Foy, à Québec.

« Avec mes compétiteurs québécois, on se bat sur le terrain, mais il y a un respect mutuel, observe-t-il. Mais quand ton compétiteur c’est un géant américain et que tu veux t’asseoir pour trouver une solution, la réalité c’est que ce n’est pas du tout pareil. Il s’en fout ».

Alexandre Bouchard parle d’expérience. Il a fondé HelloBox et a repris Les Emballages L. Boucher. Il gère chaque jour 120 personnes dans ses deux entreprises florissantes.

« J’ai des employés qui sont chez nous depuis deux générations. On en a qui sont là depuis 30 ou 40 ans », partage-t-il. C’est ce tissu économique qu’il faut préserver, selon lui.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

« Un cocktail explosif »

Une étude de Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) obtenue par Le Journal parle d’une « crise entrepreneuriale silencieuse ».

En 30 ans, le nombre d’entrepreneurs a chuté de 195 000 à 100 000 malgré 1 million de travailleurs de plus. Or, il en faudrait 30 000 de plus d’ici 10 ans pour inverser la tendance.

Sans parler des 16 000 entreprises ont l’intention de changer de mains d’ici un an et des 5000 envisagent de fermer, selon les données de l’Observatoire de Repreneuriat Québec.

« C’est un cocktail explosif », prévient Pierre Graff, PDG du RJCCQ.

Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). Il estime qu'il faut se fixer une ambition collective pour inverser la tendance et reprendre le goût d'entreprendre.
Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). Il estime qu'il faut se fixer une ambition collective pour inverser la tendance et reprendre le goût d'entreprendre. Photo Stéphane Audet

« Il y a un risque immense de fermetures ou de rachats par des intérêts étrangers », résume-t-il. 

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Pierre Graff craint même que ce manque d’entrepreneurs vienne nous empêcher un jour de pouvoir financer nos services publics si rien ne bouge.

« Beaucoup de petits propriétaires se versent moins d’argent à eux qu’à certains de leurs employés. Va falloir arrêter de les comparer avec des dirigeants de multinationales », déplore M Graff.

Malgré ce contexte préoccupant, certains, comme l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, estiment que la relève saura reprendre le flambeau. Reste à voir si les conditions seront réunies pour y arriver.

« C’est la jeune génération qui veut partir à bord du train, et prendre les commandes et aller plus loin qu’avant. C’est formidable », avait lancé l’homme de 87 ans au Journal en mars dernier, avec un élan d’optimisme.

En entrevue accordée récemment au Journal, en marge de la neuvième édition du Sommet du repreneuriat à Montréal, l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard a affirmé que la nouvelle génération était prête à prendre le relais. « C’est formidable ! » s’est-il exclamé avec enthousiasme.
En entrevue accordée récemment au Journal, en marge de la neuvième édition du Sommet du repreneuriat à Montréal, l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard a affirmé que la nouvelle génération était prête à prendre le relais. « C’est formidable ! » s’est-il exclamé avec enthousiasme. Photo FRANCIS HALIN

3 pistes de solutions

  1. Congé de remboursement en capital et prêt à meilleur taux
  2. Révision du régime fiscal des transferts d’entreprise
  3. Campagne nationale de sensibilisation

(Source : Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec)

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