Omnium Banque Nationale: le meilleur siège du tournoi, c’est lui qui l’a!


Mylène Richard
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Assis derrière le volant d’un des véhicules noirs de l’Omnium Banque Nationale, Daniel Bernier n’assiste peut-être pas aux matchs, mais il a le meilleur siège pour découvrir les secrets des joueurs.
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Chauffeur bénévole, il conduit les athlètes et leur entraîneur entre le stade et les hôtels au centre-ville. Il entend les plans de match et les confidences.
«La dernière chose qu’on veut, c’est de les déranger ou d’entamer une discussion quand ce n’est pas nécessaire. On les laisse tranquilles», soutient M. Bernier.
«La qualité première d’un chauffeur, c’est la discrétion. On est en mode écoute, mais ça reste dans le véhicule», assure l’amateur de tennis et bon joueur à ses heures.
Monfils et Kyrgios
L’homme de 61 ans remarque que la plupart des athlètes sont gentils et respectueux. Il n’a pas été déçu quand il a rencontré l’un de ses favoris, le Français Gaël Monfils, accompagné de son partenaire en double, Benoît Paire.
«Les boys étaient en forme, il y avait de la bonne musique, on riait. Ils étaient vraiment sympathiques. Je ne suis pas surpris que les gens l’adorent, raconte celui qui occupe ce poste depuis sept ans. Évidemment nos vedettes québécoises sont adorables, dont Félix Auger-Aliassime.»
En parlant de musique, il y a des joueurs qui, comme Nick Kyrgios, ont certaines exigences.
«Il y a deux ans, quand il s’était rendu en quarts de finale, la première chose qu’il a faite en rentrant dans le véhicule, c’est de me demander de déconnecter mon Spotify pour mettre sa musique. Ce n’était pas du franco rétro disons! Un peu de rap, un peu mood Nick Kyrgios», a raconté le natif de Québec qui vit à Kirkland depuis 20 ans.

Maria Sharapova
Professionnel et rigoureux, M. Bernier a toujours respecté les consignes. Pas question d’accepter de cadeau ou de demander des autographes. Mais il a peut-être un petit regret concernant Maria Sharapova, qui réquisitionnait deux gros véhicules pour toute son équipe.
«J’avais parlé beaucoup avec son personnel et on m’avait offert de prendre une photo avec l’équipe. Moi, trop tata, j’avais dit non parce que je n’avais pas le droit. C’était peut-être une erreur. Si c’était à refaire, je dirais oui!» confie-t-il.
La poutine
Parfois, le hasard veut qu’il croise souvent les mêmes athlètes et qu’une relation se développe. Ce fut notamment le cas en 2021 avec l’Italienne Camila Giorgi.
«Elle s’informait des restaurants, mais avec la COVID, tu ne pouvais pas sortir. Je lui avais dit que si elle gagnait son prochain match, je lui ferais livrer une poutine, ce que j’ai fait. Elle a gagné le tournoi et je pense que j’ai un gros rôle à jouer! Je pense que c’est aussi la poutine du Québec. J’aurais peut-être dû négocier une portion de sa bourse...», rigole-t-il.
Le trafic
S’il y a un aspect négatif, et c’est même lui qui en a parlé, ce sont le trafic et les travaux.
«Parfois, certains montrent des signes d’impatience parce que disons qu’ici à Montréal il y a quelque chose qui s’appelle des cônes orange! C’est frustrant quand un trajet prend une heure au lieu de 25 minutes», se désole M. Bernier, énumérant aussi les manifestations et les grèves comme des irritants.
Mais ce que le bénévole retient avant tout, c’est la chance de côtoyer de près les meilleurs joueurs au monde.