Olympien durant la Guerre froide et toujours olympien à Paris
Beaucoup de choses ont changé dans le monde depuis 1984, sauf le fait que le Québécois Mario Deslauriers participe aux Jeux olympiques

Jean-Nicolas Blanchet
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PARIS | Beaucoup de choses ont changé dans le monde depuis 1984, sauf le fait que le Québécois Mario Deslauriers participe aux Jeux olympiques.
Il est le seul athlète ici à pouvoir se targuer d’avoir été à ces Jeux il y a 40 ans.
À 19 ans, le cavalier expert en saut d’obstacle terminait 4e à Los Angeles, lors des Jeux marqués par le boycottage du bloc communiste. La même année, il causait une surprise mondiale en remportant la Coupe du monde. C’était le premier Canadien à le faire. Et c’était le plus jeune cavalier de l’histoire à remporter ce titre, un record qui tient toujours.

Ronald Reagan était le président des États-Unis, René Lévesque dirigeait le Québec, Mario Lemieux jouait dans le junior, Céline Dion chantait Une Colombe devant le pape Jean-Paul II au stade olympique et La Guerre des tuques sortait en salle.
«Ça fait un bout, hein!», m’a lancé d’entrée de jeu en entrevue, à Versailles, le cavalier de 59 ans originaire de Bromont. C’est jeudi qu’il sera en action.
Je suis très jeune
Il est en grande forme, mais évidemment, il ressemble un peu plus à un bénévole que les autres athlètes, à Paris. Ça le fait rire.
«J’ai un chum suédois qui est encore plus vieux que moi [Rolf-Goran Bengsston, aussi un cavalier] [...] J’ai grandi avec lui. C’est sûr qu’on se taquine un peu sur notre âge. Mais pour nous, on est encore très jeune», lance-t-il, en s’esclaffant.

C’est sa quatrième participation olympique. En plus de Los Angeles, il est allé à Séoul en 1988, a porté les couleurs des États-Unis durant plusieurs années, et est revenu représenter le Canada à Tokyo et ici en France. Il n’écarte pas d’office d’aller à Los Angeles en 2028. Il deviendrait un rare athlète à faire deux Jeux olympiques dans la même ville. Ç’a dû arriver en 1900 et 1924 à Paris. C’est tout.
Il est bien connu chez les cousins français, d’ailleurs, lui qui fait plusieurs compétitions ici.
«C’est vraiment spécial d’être ici. Surtout dans un pays comme la France qui adore le saut à obstacles. J’ai fait la cérémonie d’ouverture, c’était fantastique. Je suis allé au Village olympique, j’ai rencontré plein d’athlètes. J’ai parlé avec un joueur de tennis de Toronto [Milos Raonic] et celui qui court le 100 mètres [Andre De Grasse]. Je ne me rappelle pas de tous les noms par contre», m’a-t-il lancé, encore en riant, ajoutant qu’il devait se discipliner pour bien manger à Paris. «Ce n’est pas facile de résister.»

Le même stress qu’à 19 ans
L’âge ne change en rien pour son esprit de compétition. «C’est sur qu’à 19 ans, je n’avais peur de rien. Mais là, j’ai encore le même stress quand je vais sur la piste, surtout aux olympiques», poursuit-il.
Sa préoccupation, à 24 heures de sa compétition, c’était surtout de bien s’occuper de son cheval.
«Quand je vais le monter le matin, je devrai voir comment il va, s’il a chaud ou pas, s’il a besoin de repos ou de travail. On va se parler un peu, ça va le rassurer.»
La compétition de sauts à obstacles s’amorcera jeudi matin à 5 h, heure du Québec. Il occupe le 85e rang mondial.