Nudité, sexisme et cigarette: voici cinq cas de juges qui doivent s'expliquer devant le Conseil de la magistrature
Sarah-Maude Lefebvre et Kathryne Lamontagne
Partager
Nudité, sexisme, propos déplacés, cigarette dans un bureau : les raisons pour lesquelles les juges se retrouvent devant un conseil de la magistrature sont multiples. L’émission J.E se penche jeudi sur ces comportements problématiques. Voici cinq cas à surveiller.
• À lire aussi : Québec manque de mordant pour punir ses juges qui dérapent, déplore le juge en chef Henri Richard
Il aurait notamment accueilli des personnes en étant torse nu dans son bureau. Le juge est aussi soupçonné d’avoir « tenu des propos ambigus à connotation potentiellement suggestive » et d’avoir baissé son pantalon devant un interlocuteur. On lui reproche aussi « des attitudes perçues comme intimidantes envers du personnel administratif », notamment des cris et des propos dénigrants.
Le Conseil a retenu la plainte pour enquête en août dernier. Le dossier suit son cours.
La plaignante dans cette affaire est la greffière et directrice de la cour municipale de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, où siégeait le juge Dorais.
Ce dernier a démissionné de son poste de juge l’automne dernier, en plein processus judiciaire. Le dossier reviendra devant le Conseil en juin.
Elle est cette fois-ci soupçonnée d’avoir été agressive à l’endroit d’employés judiciaires et d’avoir fumé dans son bureau. Le dossier se poursuivra en juin.
Entretemps, la juge Descôteaux devra revenir devant le Conseil en mars en lien avec un autre dossier. En 2022, le Conseil avait conclu qu’elle avait enfreint son code déontologique en manquant de sérénité dans une cause qu’elle avait entendue en 2019.
Elle estime que l’article est d’une « violence de celle que l’on voit, malheureusement, devant les tribunaux tous les jours ».
Elle présidait alors le procès d’un homme accusé d’avoir abusé sexuellement de ses filles. En entrevue à l’émission J.E, l’une d’elles peine à s’expliquer les propos de la magistrate.
« My God, si seulement dans ma vie, la pire chose qui aurait pu m’arriver, c’était une critique de journal ! » souffle-t-elle.
Deux plaintes ont été déposées contre la juge Roy. Elle a reçu une réprimande en septembre 2024 pour avoir manqué à son devoir de réserve ainsi que pour avoir tenu des propos qui semblaient minimiser les traumatismes vécus par les victimes.
Trois mois après cette réprimande, la juge fait face à une autre plainte pour avoir tenté de trouver durant des mois les sources du chroniqueur Yves Boisvert.
Le Conseil de la magistrature a ouvert une enquête en mai 2025. Les parties ont recommandé une réprimande en janvier dernier. L’affaire a été prise en délibéré.
Le Conseil lui reprochait alors d’avoir manqué de courtoisie et de sérénité en se lançant dans un monologue concernant le fait qu’elle commettait « rarement des erreurs dans ses jugements » et qu’elle était une « vraie juge ».
Or, à peine deux mois plus tard, la magistrate aurait adopté un comportement similaire, selon Jean-Benoit Dupré-White. Ce citoyen a porté plainte en avril 2023 contre la juge, qui aurait fait état, en pleine audience, de ses « grandes responsabilités et de son devoir de respecter les milliers de lois applicables ».
La plainte a été jugée recevable. La juge Gouin a multiplié les recours pour tenter de faire scinder l’enquête sur le manquement et la sanction, sans succès. L’affaire doit être entendue sur le fond en juin prochain.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :