Nos prédictions pour la semaine 14: du gaspillage de talent historique chez les Bengals


Stéphane Cadorette
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Joe Burrow domine tous les quarts-arrières de la NFL avec 30 passes de touché. Il est aussi le meneur au chapitre des gains avec 3337 verges aériennes. Seulement cinq de ses 446 passes tentées ont été interceptées, un pourcentage ridiculement efficace. La morale de l’histoire, c’est que les Bengals gaspillent honteusement un talent rare.
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Le fait que les Bengals présentent un dossier de quatre victoires et huit revers malgré une saison aussi redoutable de Burrow relève pratiquement de la science-fiction.
Avec un tel rendement de leur joueur le plus important, non seulement tout Cincinnati devrait nager dans le bonheur et l’allégresse, mais une place en séries éliminatoires devrait à ce stade-ci être une simple formalité.
Et pourtant...
Les Bengals rateront le grand bal de janvier à moins d’un miracle aussi important que lorsque Jésus a transformé de l’eau en vin lors d’une soirée bien arrosée, autrefois, selon des témoins oculaires.
Ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle. À 28 ans, Burrow connaît ses meilleurs moments en carrière et malgré tout, cette saison s’en va tout droit aux ordures.
Une situation unique

Bon nombre de statistiques démontrent à quel point la situation est anormale.
Par exemple, Joe Burrow a connu cinq matchs cet automne avec au moins trois passes de touché, zéro ou une interception et plus de 300 verges de gains. Dans ces circonstances, sa fiche est de 0-5, tandis que les autres quarts-arrières de la ligue dans pareil contexte sont 8-1.
Cette saison, les Bengals marquent des points à la pelletée et pourtant, ils perdent à répétition. Ils n’ont gagné qu’un de leurs trois matchs dans lesquels ils ont inscrit 38 points ou plus. Les 31 autres équipes du circuit Goodell ont remporté rien de moins que 21 de leurs 21 matchs avec 38 points ou plus au tableau.
Pour Burrow et les Bengals, on parle de quatre défaites lorsqu’ils ont inscrit au moins 33 points cette saison. Pour saisir pleinement le côté inacceptable de cette situation, sachez que Tom Brady a perdu quatre matchs quand son équipe a inscrit au moins 33 points, durant toute son illustre carrière!
Des lacunes majeures
Certains pourraient dire que Burrow n’a pas aidé sa cause sur le terrain puisqu’en raison de son énorme contrat, il y a moins de budget ailleurs dans l’équipe.
Ce n’est pas faux, mais dans ce cas, pourquoi les Chiefs sont parvenus à épauler Patrick Mahomes avec une solide défense? Pourquoi les Bills et les Ravens, pour ne citer que ces équipes, ont aussi grassement payé leur quart-arrière sans subir des contrecoups comme ceux qui secouent les Bengals?
Dans les dernières années, contrairement aux Chiefs, les Bengals ont développé trop peu de joueurs défensifs à l’interne en provenance du repêchage. Le fait que Myles Murphy, un ailier défensif choisi au premier tour l’an dernier, contribue très peu fait plutôt mal.

Trey Hendrickson, qui mène la NFL avec 11,5 sacs du quart, est le seul qui applique constamment la pression, puisque Sam Hubbard semble en perte de vitesse.
Le départ du maraudeur Jessie Bates III vers Atlanta a aussi porté un coup très dur. Il était le couteau suisse du coordonnateur défensif Lou Anarumo.
Les effectifs n’ont pas été renouvelés efficacement par le biais du repêchage et du marché des joueurs autonomes, comme les équipes les plus agressives et visionnaires savent le faire.
Ce n’est pas faute d’avoir essayé, pourtant. Les Bengals ont investi leurs trois plus récents choix de deuxième tour dans des joueurs défensifs, mais l’impact est jusqu’ici limité. Depuis 2020, l’organisation a choisi 11 joueurs de ligne défensive au repêchage et seulement six sont encore à bord, dont trois recrues.
Ce serait d’une honte sans nom que Cincinnati ne vibre pas au rythme des séries chaque année avec un quart-arrière aussi dominant que Joe Burrow, mais ce n’est pas impossible au rythme où vont les choses.
SEMAINE 14
JEUDI
MON CHOIX
Green Bay à Detroit (20h15) PACKERS
DIMANCHE
MES CHOIX
NY Jets à Miami (13h) DOLPHINS
Atlanta au Minnesota (13h) VIKINGS
La Nouvelle-Orléans à NY Giants (13h) SAINTS
Caroline à Philadelphie (13h) EAGLES
Cleveland à Pittsburgh (13h) STEELERS
Las Vegas à Tampa Bay (13h) BUCCANEERS
Jacksonville au Tennessee (13h) TITANS
Seattle en Arizona (16h05) SEAHAWKS
Buffalo à LA Rams (16h25) BILLS
Chicago à San Francisco (16h25) BEARS
Kansas City à LA Chargers (20h20) CHIEFS
LUNDI
MON CHOIX
Cincinnati à Dallas (20h15) BENGALS
*Équipes en congé: Patriots, Ravens, Colts, Texans, Broncos et Commanders
RÉSULTATS DE LA SEMAINE DERNIÈRE: 13 en 16 (81,3%)
TOTAL CETTE SAISON: 131 en 195 (67,2%)
LES CHOIX DU JOURNAL
Jets de New York (3-9) c. Dolphins de Miami (5-7)
À SES DERNIERS MILLES?

Le retour ou non d’Aaron Rodgers en 2025, avec les Jets ou ailleurs, alimente les discussions. Il faudrait peut-être d’abord qu’il montre qu’il a encore l’étoffe en cette fin de saison, lui qui a été limité à moins de 200 verges à ses trois derniers départs. Il n’a pas franchi la barre des 300 verges à ses 34 derniers matchs, ce qui démontre que ce n’est pas qu’une mauvaise passe. Il a réussi seulement 38,9% de ses passes qui ont franchi 10 verges ou plus dans les airs, le cinquième plus bas pourcentage de la ligue. Les Dolphins étireront ses misères.
– Dolphins par 7
Falcons d’Atlanta (6-6) c. Vikings du Minnesota (10-2)
RETOUR À LA MAISON

Kirk Cousins connaît de sérieux ennuis à sa première saison comme quart-arrière des Falcons. Au cœur d’une séquence d’aucune passe de touché et six interceptions en trois parties, voilà qu’il renouera avec les bouillants partisans des Vikings, dans le stade où il a disputé les six saisons précédentes. Mauvaise nouvelle pour capitaine Kirk, aucune équipe n’a réalisé plus d’interceptions que les 18 des Vikings! Il faudra voir comment la tertiaire des Mauves se débrouillera sans le demi de coin vétéran Stephon Gilmore.
– Vikings par 3
Saints de La Nouvelle-Orléans (4-8) c. Giants de New York (2-10)
UNE ÉQUIPE MORTE

Les Giants ont tout simplement l’air morts par en dedans. Peu importe le quart-arrière qui a joué au fil de la saison, les résultats sont toujours aussi putrides. Drew Lock revient en poste, lui qui a été frappé 13 fois derrière la ligne de mêlée à son premier départ, dont six sacs du quart. L’attaque des Saints est très inconstante, mais ne sera pas trop ennuyée par la défense peu opportuniste des Giants. Cette unité a établi un triste record de la NFL sans aucune interception lors des 11 derniers matchs. Oui, les Giants sont pitoyables!
– Saints par 8
Panthers de la Caroline (3-9) c. Eagles de Philadelphie (10-2)
ÇA VA FAIRE MAL...

Cachez les cœurs sensibles qui ne sont peut-être pas prêts pour ce violent carnage! Il est vrai que les Panthers ne paraissent pas trop mal dernièrement, eux qui ont perdu leurs deux derniers matchs par seulement six points. L’attaque des Eagles n’est toutefois pas celle des Buccaneers et des Chiefs. La tournée de démolition de Saquon Barkley va se poursuivre. D’ici la fin de la saison, il affronte les quatre pires équipes contre la course, dont les Panthers. À leurs cinq derniers matchs, les Eagles ont amassé plus de verges au sol que par les airs.
– Eagles par 17
Browns de Cleveland (3-9) c. Steelers de Pittsburgh (9-3)
PLACE À LA REVANCHE

Comment oublier le classique dans la neige il y a deux semaines entre ces deux rivaux? Ils vont en découdre à nouveau, cette fois à Pittsburgh, où les Browns n’ont pas gagné en saison depuis 2003. Le quart-arrière Jameis Winston revient d’un match où deux de ses interceptions ont été rapportées pour des touchés. Il est l’incarnation même de l’inconstance, mais ses moments très hauts et très bas sont furieusement divertissants! Les Steelers mènent la ligue avec 25 revirements provoqués. Attention toutefois, le receveur George Pickens est un cas incertain.
– Steelers par 5
Raiders de Las Vegas (2-10) c. Buccaneers de Tampa Bay (6-6)
LES BUCS S’ACCROCHENT

D’un côté, les Buccaneers montrent qu’ils refusent de lancer la serviette, avec deux victoires de suite qui les ont ramenés dans la course pour la tête de leur faible division. De l’autre côté, les Raiders ont non seulement lancé la serviette, mais celle-ci est lavée, séchée, pliée et bien rangée. Leur huitième défaite de suite leur a procuré la pire fiche de la ligue, à égalité avec les Giants. À leur décharge, toutefois, leur défense n’a pas concédé 100 verges au sol dans quatre des cinq derniers matchs. Les Bucs ont la huitième meilleure attaque au sol.
– Buccaneers par 8
Jaguars de Jacksonville (2-10) c. Titans du Tennessee (3-9)
REVOILÀ MAC JONES...

Gracieuseté d’un coup de cochon dimanche dernier, les Jaguars seront privés du quart-arrière Trevor Lawrence. C’est donc dire que Mac Jones revient, lui qui n’a pas remporté un match depuis le 22 octobre l’an dernier. Il a donc perdu ses six derniers départs et neuf de ses 10 derniers. Au passage, il a subi neuf interceptions. Un jour, il faudra produire un documentaire sur sa prometteuse saison recrue de 2021, une grande anomalie. N’empêche que les Titans sont une équipe accessible. Bon, bien assez parlé de ce duel de fond de cave...
– Titans par 2
Seahawks de Seattle (7-5) c. Cardinals de l’Arizona (6-6)
DUEL IMPORTANT

Les Seahawks ont gagné le premier rendez-vous et en cas de balayage, ils détiendraient un solide avantage pour la tête de la division Ouest. L’attaque des Cardinals roule, mais manque de finition. Avec seulement un touché en six voyages dans la zone payante des Vikings la semaine dernière, ils ont couru à leur perte et c’est récurrent cette saison dans leur cas. Difficile de battre un rival de division deux fois en peu de temps, mais Seattle prendra le contrôle de la division. La défense n’a donné que 44 points en trois semaines.
– Seahawks par 3
Bills de Buffalo (10-2) c. Rams de Los Angeles (6-6)
LES BILLS EN MISSION

Les Bills ont étiré leur séquence de matchs avec au moins 30 points à six, ce qui égale la meilleure marque de leur histoire. Ils sont de toute évidence l’une des équipes de l’heure. Les Rams ne peuvent se permettre l’un de leurs éternels lents départs. En effet, ils n’ont inscrit que deux touchés au premier quart cette saison. Au contraire, les Bills figurent parmi les équipes qui débutent en force, par 5,5 points en moyenne au premier quart, ce qui leur confère le septième rang. Cependant, un voyage à l’autre bout des États-Unis n’est jamais évident.
– Bills par 6
Bears de Chicago (4-8) c. 49ers de San Francisco (5-7)
CHANGEMENT SALUTAIRE?

Après le fiasco Matt Eberflus, les Bears ont remercié leur entraîneur-chef. C’était déjà généreux de lui avoir payé le billet d’avion de retour plutôt que de le flusher à Detroit. On exagère, mais il devenait évident que les Bears s’enlisaient. Eberflus a fini avec une fiche de 5-19 dans des matchs soldés par une possession. L’équipe profitera d’une énergie nouvelle avec le coordonnateur offensif Thomas Brown aux commandes. Les 49ers sont privés de leurs deux meilleurs porteurs. C'est le moment pour Chicago de causer la surprise, mais la présence de DJ Moore et D'Andre Swift est incertaine.
– Bears par 2
Chargers de Los Angeles (8-4) c. Chiefs de Kansas City (11-1)
ENCORE SERRÉ...

Ce duel s’annonce chaudement disputé, comme sept des 10 derniers décidés par une possession. Difficile d’y aller contre les Chiefs, qui ont remporté 17 des 20 derniers matchs face aux Chargers. Surtout que les Chargers n’ont pas de jeu au sol sans leur porteur JK Dobbins, eux qui ont été limités à 52 verges par la course dimanche dernier. Les seuls adversaires actuellement dotés d’une fiche gagnante que les Chargers ont battus cette saison sont les Broncos, qui se cherchaient en début de campagne. Ce sera encore les Chiefs, à l’arraché...
– Chiefs par 1
Bengals de Cincinnati (4-8) c. Cowboys de Dallas (5-7)
LA CHANCE VA TOURNER

Il y a des limites à ce qu’une attaque comme celle des Bengals continue de performer à un si haut niveau sans en récolter les fruits. On peut imaginer que la défense, malmenée toute la saison, peut arriver à quelque chose face à Cooper Rush et Rico Dowdle, non? Cela dit, les Cowboys sont sur une énorme séquence d’une victoire à la maison. Bon, ce n’est pas une séquence comme telle, mais c’est quand même leur plus longue série de succès à Dallas cette saison. Micah Parsons semble redevenu lui-même, mais Burrow dégainera rapidement.
– Bengals par 9