Le mystère demeure entier après le passage de la police fédérale qui a semé l’émoi dans deux petites communautés du Centre-du-Québec en y menant des opérations antiterroristes.
• À lire aussi: Opération contre un groupe néonazi: un Montréalais est lié à l’organisation terroriste
• À lire aussi: La petite communauté de Saint-Ferdinand sous le choc après une opération ciblant un groupe néonazi
«On ne les voit jamais. Ils ne sortent presque pas, ils ne semblent pas travailler, ils ne nous parlent pas et leurs rideaux sont toujours fermés», a confié hier au Journal Michelle Martineau, au sujet de ses voisins qui ont fait l’objet d’une perquisition, jeudi.

Des dizaines d’agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont alors débarqué en trombe dans l’appartement d’un couple de Plessisville lors d’une opération en lien avec le groupe néonazi Atomwaffen.
Au même moment, une opération similaire avait lieu à quelques kilomètres de là, dans une ancienne école délabrée où habite toujours une femme, à Saint-Ferdinand. D’après des voisins, celle-ci aurait été emmenée par la police en soirée et n’a pas été revue depuis.
Le lien entre les résidents des deux bâtiments fouillés n’a pas été indiqué par la GRC, qui s’est faite avare de commentaires sur la situation. Mais dans les deux cas, des voisins nous ont dépeint le portrait d’individus plutôt marginaux, un peu à l’écart de la société.

La résidente de Saint-Ferdinand semble vivre «en communion avec la nature», d’après des citoyens du coin, alors que le couple de Plessisville serait particulièrement isolé. Jeudi, il a été possible d’appercevoir l’homme du couple durant son interrogatoire à l’extérieur (voir photo ci-haut).
D’autres actions à venir
«J’ai fait le saut que je suis allée porter ma poubelle au chemin, il y avait des hommes armés partout. On se serait cru dans CSI : Miami», a poursuivi Mme Martineau.
«On n’en revenait pas. Un groupe terroriste ici, c’était la surprise la plus complète! C’est sûr que ça ébranle un peu, on garde un œil sur nos enfants», lance de son côté Carl Fortin, qui habite à côté.
Aucune arrestation n’a été faite pour le moment dans cette opération qui est en lien avec une enquête débutée en 2020. L’ensemble des effectifs a quitté les lieux vers 19 h, le jour même.
«On ne peut pas donner de bilan de la saisie pour le moment. Mais selon la preuve qui a été recueillie, il est possible qu’il y ait d’autres actions policières dans un avenir proche», explique la caporale Tasha Adams, de la police fédérale.
Une erreur de parcours?
Il n’a pas été possible de savoir les raisons exactes qui ont poussé la GRC à se rendre dans ces deux lieux.
Mais selon La Presse, la diffusion d’une vidéo de propagande haineuse pourrait être en lien avec ce déploiement policier.
Une hypothèse qui semble être appuyée par les propos du concierge de l’immeuble fouillé, qui estime qu’il ne s’agissait que d’un événement isolé.
«C’est une personne qui n’a peut-être pas pris en compte l’impact que pouvaient avoir ses opinions sur les réseaux sociaux en partageant les propos d’un groupe haineux.», indique-t-il.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.
