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La petite communauté de Saint-Ferdinand sous le choc après une opération ciblant un groupe néonazi

Photo portrait de Jean-François Racine
2022-06-16T16:01:11Z
2022-06-17T02:26:41Z

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Toute la population de Saint-Ferdinand, dans le Centre-du-Québec, a été stupéfaite hier de voir débarquer dans sa petite municipalité d’à peine 2000 citoyens l’artillerie lourde de la GRC pour une opération antiterroriste liée au groupe néonazi Atomwaffen.

Ces mots lourds de sens ont résonné étrangement dans deux secteurs apparemment paisibles.   

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Yves Charlebois, maire de St-Ferdinand :   

Plusieurs voisins ont eu la surprise de voir apparaître pour la première fois le Groupe tactique d’intervention (GTI) lourdement armé. L’enquête aurait débuté il y a deux ans. 

«Je pensais que c’était abandonné. C’était fantôme. Rien ne se passait là. On est au milieu de nulle part ici», affirme Stéphane Daigle, un résident du secteur.

Deux perquisitions ont été menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à Saint-Ferdinand mais aussi dans un logement de Plessisville, à une vingtaine de kilomètres de distance.

Des policiers de la GRC ont aussi mené une perquisition sur la rue de la Coopérative, à Plessisville.
Des policiers de la GRC ont aussi mené une perquisition sur la rue de la Coopérative, à Plessisville. Photo Agence QMI, Frédéric Marcoux

Des enquêteurs de l’équipe intégrée de la sécurité nationale ont ainsi fouillé un logement de la rue de la Coopérative, à Plessisville, ainsi qu’une ancienne école désaffectée depuis des décennies qui se trouve derrière l’église de la route de Vianney, à Saint-Ferdinand.

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La fouille la plus importante a lieu dans une ancienne école délabrée où vit toujours au moins une personne, à Saint-Ferdinand.
La fouille la plus importante a lieu dans une ancienne école délabrée où vit toujours au moins une personne, à Saint-Ferdinand. Photo Jean-François Racine

  

  • Écoutez l'entrevue avec David Morin, de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents, au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio :   

 

 Mystérieux

«C’est délabré mais je pense qu’une femme habite là. Elle parle aux arbres. À part ses chèvres qui se promènent partout, il n’y a rien», ajoute Ghislain Simoneau, surpris lui aussi.

«Elle était toujours seule. Ça fait dix ans qu’on n’est pas rentré là. On voulait l’aider au début mais on ne se parlait plus jamais. J’ai pensé qu’elle était complotiste», a mentionné une voisine un peu craintive.

Au total, une soixantaine de policiers de la GRC ont procédé à cette vaste opération antiterroriste.

Photo AGENCE QMI, Frédéric Marcoux
Photo AGENCE QMI, Frédéric Marcoux

La majorité des policiers ont concentré leurs efforts à Saint-Ferdinand en raison notamment de la taille du bâtiment à fouiller.

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Photo tirée de Twitter, Gendarmerie royale du Canada
Photo tirée de Twitter, Gendarmerie royale du Canada

Photo Jean-François Racine
Photo Jean-François Racine
  • Écoutez le tour des actualités d'Alexandre Moranville-Ouellet au micro de Benoît Dutrizac sur QUB Radio:   

 «J’ai d’abord pensé à un laboratoire de drogues de synthèse mais je ne m’attendais pas du tout à ça. C’est un peu surréaliste», a précisé Yves Charlebois, maire de Saint-Ferdinand.

Photo Jean-Francois Racine
Photo Jean-Francois Racine

Selon lui, l’endroit est habité depuis une dizaine d’années par une femme d’origine brésilienne et son fils adulte. Rien d’anormal n’a été noté par quiconque.

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«On procède aux deux perquisitions et, selon la preuve qu’on va avoir recueillie, c’est possible qu’il y ait d’autres actions policières. En aucun temps, la population n’a été en danger», a indiqué la caporale Tasha Adams. 

Pas d’arrestation

Aucune arrestation n’avait été effectuée en milieu d’après-midi.

Il y a un mois et demi, un Ontarien de 19 ans, Seth Bertrand, a été arrêté à Windsor dans le cadre d’une enquête semblable.

Il fait face à des accusations pour avoir contribué ou participé aux activités d’un groupe terroriste et commis des infractions motivées par la haine.

Sécurité nationale

Les enquêtes de la GRC ciblent les crimes de nature fédérale ou de portée nationale et internationale. Elles touchent à plusieurs domaines : sécurité nationale et frontalière, intégrité financière et crime organisé.

En 2021, la GRC était également intervenue pour arrêter un homme de L’Ancienne-Lorette en possession d’un impressionnant arsenal ainsi que de plusieurs bombes artisanales.

– Avec la collaboration de Roxane Trudel, Laurent Lavoie et l’Agence QMI

 

Atomwaffen, c’est quoi ?  

Atomwaffen – armes nucléaires en allemand – est un groupe extrémiste aux allégeances néonazies.  

  • Le groupe a été créé aux États-Unis en 2015, puis officiellement dissous en 2019. Certaines cellules éparpillées pourraient avoir perduré.        
  • Ses membres sont « accélérationnistes » et estiment que la société est irrémédiablement corrompue, au point où il faudrait la détruire pour la reconstruire dans leur idéal, dominé par les blancs.       
  • Atomwaffen cible les groupes raciaux, ethniques et religieux, selon la Sécurité publique du Canada, qui le considère une entité terroriste depuis 2021.       
  • Au moins 5 meurtres et plusieurs actes de vandalisme contre des minorités ont été attribués à l’organisation aux États-Unis, selon Vice-News.       
  • Un des membres du groupe a tué un jeune homosexuel juif de 19 ans en 2018, après avoir participé à un « camp de la haine ».       
  • En mai, un jeune Ontarien a été arrêté pour diverses infractions haineuses, après avoir « présenté une demande en ligne pour se joindre à l’entité terroriste ».       
  • « Le groupe encourage la violence pour accélérer la venue de cette guerre civile ou catastrophe qui détruirait la société comme on la connaît. Ils font la promotion de méthode d’actions terroristes pour leur existence », explique Louis Audet Gosselin, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.               

— Texte et recherche : Roxane Trudel

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