Montréal-Nord vibre avec Mathieu Joseph et la coupe Stanley

Marc-Antoine Malo
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Le moment était très bien choisi pour que Mathieu Joseph vienne visiter le quartier qui l’a vu grandir, Montréal-Nord, en compagnie de la coupe Stanley, dimanche matin. Entre la COVID-19 et le séisme qui a touché le sud d’Haïti samedi, la communauté avait grandement besoin d’un peu de réconfort.
Un peu plus de 200 personnes se sont réunies dans l’Aréna Fleury, là où tout a commencé pour le joueur du Lightning de Tampa Bay, pour célébrer le nouveau champion, mais aussi la réussite du programme de hockey mineur du quartier.
Joseph a signé le livre d’or de Montréal-Nord et s’est généreusement prêté à une séance de questions avec de jeunes hockeyeurs et a pris des photos avec tous les invités.
«Je n’avais rien de préparé, mais je crois que j’ai parlé avec mon cœur, a mentionné Joseph en entrevue, lui qui commençait à peine sa journée avec le gros trophée. J’ai été inspiré par des athlètes en grandissant moi aussi. Si je peux faire ça avec des jeunes d’ici, qui ont eu des années difficiles avec la COVID.»
L’athlète de 24 ans avait lui-même plusieurs modèles. De grandes vedettes qui lui ressemblent comme Michael Jordan ou Kobe Bryant, mais aussi d’autres sportifs québécois.
«Des athlètes noirs, je pourrais t’en nommer 1000. [...] J’ai été inspiré par tellement de monde, mais aussi appuyé par tellement de monde. C’est difficile à mettre en mots», a-t-il confié avec une pointe d’émotion.

Un programme réussi
La grand-mère de Mathieu Joseph, Agnès Charles, a été la première à s’exprimer au cours de la cérémonie. Avec les journalistes par la suite, elle a souligné la résilience de la communauté haïtienne, mais aussi les deux coupes Stanley consécutives remportées par son petit-fils.
«Moi, je suis tellement habituée à la victoire. Il n’y a rien qui m’étonne, a mentionné l’attachante dame, déclenchant des éclats de rire parmi les membres des médias. [...] La devise de notre famille c’est “toujours plus haut”.»

Mathieu et son frère, Pierre-Olivier, ont compris la leçon très rapidement, puisque les deux évoluent désormais dans la Ligue nationale de hockey. Le succès des Joseph a débuté dans la famille, mais s’est poursuivi sur la patinoire, avec le très bon programme de leur quartier.
«Des fois, les joueurs professionnels, on peut penser que ce sont des superhéros, qu’ils ne viennent pas d’ici. C’est un joueur qui vient d’ici et il y en a d’autres», a dit le président de l’Organisation du hockey mineur de Montréal-Nord, Kevin Riopel.
Avec son message de détermination et d’éthique de travail qui transcende le hockey, Joseph espère faire une petite différence dans le parcours de jeunes qui lui ressemblent.
«Aujourd’hui (dimanche), ça devenait un moment privilégié pour leur dire qu’on croit en eux et qu’on veut qu’ils réussissent, a indiqué la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black. Dans le fond, Mathieu Joseph l’incarne parfaitement avec son discours de persévérance. C’est un honneur pour nous de le recevoir.»

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Une pensée pour Haïti
Il fallait bien entendu mentionner les événements tragiques qui se sont déroulés à Haïti. Dimanche matin, plus de 700 personnes avaient perdu la vie en raison du séisme de magnitude 7,2 qui a frappé le sud du pays la veille.
Mathieu Joseph, dont le père est originaire de la nation des Caraïbes, se sentait personnellement interpellé par les événements.
«[Il y a une] grosse communauté haïtienne à Montréal-Nord. Le séisme qui vient de frapper Haïti dans les deux derniers jours, ce sont des moments difficiles pour la communauté de Montréal-Nord», s’est désolé le hockeyeur.
«C’est un moment festif, mais en même temps, où on va puiser cette énergie pour passer les moments plus difficiles, a mentionné la mairesse Christine Black, en marge de la venue de Joseph et de la coupe Stanley dans l’arrondissement.
«Personnellement, je crois que ça peut envoyer un message d’espoir aux jeunes, malgré toutes les tempêtes, a-t-elle poursuivi. Mathieu l’incarne bien en disant “j’ai vécu des défis. Il y a eu des moments plus difficiles, mais je les ai surmontés.”»
En plus des nombreux décès occasionnés par l’effondrement de bâtiments, plus de 2800 blessés avaient été dénombrés en matinée. L’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse le 7 juillet dernier avait déjà plongé le pays dans une crise.