Montée de la menace russe: l’armée britannique appelle davantage de citoyens à être prêts à se battre

AFP
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Le chef d'état-major des armées britanniques Richard Knighton a prévenu lundi que «davantage de personnes» au Royaume-Uni devaient être «prêtes à se battre», face à la montée des menaces, en particulier de la Russie, dans un discours qui fait écho à celui de son homologue français.
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S'exprimant peu avant, la cheffe du MI6 Blaise Metreweli a, dans sa première prise de parole publique, souligné elle aussi «la menace» représentée par une «Russie agressive, expansionniste et révisionniste».
«La situation est plus périlleuse que tout ce que j'ai pu vivre au cours de ma carrière, et le prix de la paix augmente», a déclaré Richard Knighton, qui a succédé en septembre à Tony Radakin, dans un discours devant le Royal United Services Institute, un think tank spécialisé dans la défense.
Si «les forces armées sont la première ligne de défense» du Royaume-Uni et «doivent être prêtes à combattre et à vaincre», répondre à cette menace «nécessite bien plus que de simplement renforcer nos forces armées», a ajouté celui qui a été à la tête du Royal Air Force, l'armée de l'air britannique.
Cela signifie avoir «davantage de personnes prêtes à se battre pour leur pays», a insisté Richard Knighton.
«Contribuer au débat»
Il a cité le récent discours du chef d'état-major français Fabien Mandon, qui avait affirmé en novembre que la France devait être prête à «accepter de perdre ses enfants». Des propos qui ont suscité la polémique dans la classe politique française.
Richard Knighton a indiqué vouloir «contribuer à ce débat» qui monte également ailleurs en Europe.
L'Allemagne a réintroduit un service militaire d'au moins six mois basé sur le volontariat pour les hommes et femmes de 18 ans, tandis que le président français Emmanuel Macron a annoncé fin novembre qu'il ressuscitait un «service national» de dix mois pour les jeunes majeurs, qui sera «purement militaire» et volontaire.
Au Royaume-Uni, où le service militaire n'existe plus depuis 1960, l'idée d'un service national avait été évoquée par l'ancien Premier ministre conservateur Rishi Sunak en mai 2024, avant la défaite de son parti aux élections législatives.
Alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer doit dévoiler prochainement sa stratégie industrielle de défense, Richard Knighton a pointé le besoin «d'une forte augmentation du nombre de réservistes», afin d'apporter à l'armée des «qualifications et une expérience» notamment dans les industries et métiers de la tech.
«Résilience nationale»
Si «personne ne peut vraiment dire avec certitude quel est le risque» d'un conflit ouvert entre la Russie et un pays de l'Alliance atlantique, «les preuves sont claires que le risque [...] s'accroit, et c'est l'élément clé pour agir», a-t-il dit.
Il a cité les attaques «quotidiennes» de la Russie envers le Royaume-Uni, évoquant les cyberattaques, les tentatives de «sabotage» et d'«assassinat» sur le sol britannique par «des agents russes».
«La Russie développe également de nouveaux systèmes d'armement déstabilisateurs, comme les torpilles à capacité nucléaire, ou les missiles de croisière à propulsion nucléaire».
«La guerre en Ukraine et les actions passées de la Russie montrent la volonté de [Vladimir] Poutine de cibler les États voisins, y compris leurs populations civiles» et Moscou a été «clair» sur son «intention de défier, contenir, diviser et in fine détruire l'OTAN», a-t-il poursuivi.
Selon lui, des universités aux services de santé publique (NHS) en passant par l'industrie : chaque secteur de la vie britannique aura son rôle à jouer pour «construire une résilience nationale».
«Ère d'incertitude»
Le gouvernement britannique s'est engagé à investir 2,5% de son PIB dans la défense d'ici 2027, puis 3% après 2029, répondant aux pressions américaines pour que l'Europe contribue davantage à sa propre défense.
De son côté, la nouvelle cheffe du MI6 britannique, Blaise Metreweli a insisté sur l'importance de la «maîtrise des technologies» pour lutter contre les menaces émanant de la Russie et d'autres acteurs hostiles qui ont ouvert une «ère d'incertitude».
«Nous évoluons actuellement dans un espace entre la paix et la guerre», a-t-elle affirmé depuis le quartier général des services du renseignement extérieur à Londres.
La dirigeante de 48 ans, dont la famille est originaire d'Europe de l'Est, a accusé la Russie «d'exporter le chaos».