Monsieur Trump, j’ai une idée de décret


Stéphane Cadorette
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LA NOUVELLE-ORLÉANS | L’annonce de la présence du président américain Donald Trump au Super Bowl à La Nouvelle-Orléans a fait beaucoup de bruit partout. Si je le croise dans un restaurant en mangeant un jambalaya ou sur le balcon d’un bar de Bourbon Street, j’ai une idée de décret à lui soumettre.
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Non, je ne parlerai pas avec lui de politique. Trop lourd! Je ne vais quand même pas saper son humeur et casser l’ambiance du tonnerre qui règne dans la terre d’accueil du Super Bowl LIX.
Je ne lui parlerai pas de sport non plus, dans mon projet de décret. Aucune envie non plus de discuter arbitrage devant un succulent bol de gumbo. On en a déjà bien assez parlé, et probablement qu’il finirait par essayer de me convaincre que la NFL est aussi corrompue que l’ont été à ses yeux les élections présidentielles de 2020.
Tout le monde ici a le sourire gravé au visage, ce n’est pas le moment de s’en aller sur ce terrain glissant.
Je ne lui parlerais pas du spectacle de la mi-temps. Je l’imagine mal se trémousser sur les airs – et encore moins sur les paroles – de Kendrick Lamar.
Mon idée de décret pour lui, ce n’est pas ça du tout.
Une idée capitale

Si monsieur le président et moi finissons accotés au comptoir d’un petit bar de jazz sur Frenchmen Street, cocktails Hurricane à la main, j’aurais plutôt envie de lui parler d’un décret beaucoup plus fondamental que tout autre enjeu imaginable.
Bon, j’exagère peut-être un tantinet, mais voici ce que j’aimerais qu’il impose, bien plus que son idée des tarifs douaniers sur les produits canadiens.
Lui seul détient le pouvoir pour faire en sorte que la NFL présente son Super Bowl à La Nouvelle-Orléans beaucoup plus souvent.
J’aimerais qu’il exige que la NFL revienne dans le temps, comme lors des débuts du Super Bowl. L’événement était présenté tous les trois ans dans cette charmante ville au cachet unique.
Ça me semble tout à fait raisonnable. En fait, ça pourrait même être chaque année, mais mon espérance de vie serait clairement revue à la baisse.
Non, l’obligation pour la NFL de présenter le Super Bowl à La Nouvelle-Orléans tous les trois ans, ce serait parfait comme ça.
Monsieur Trump serait certainement de mon avis s’il s’aventurait dans les rues aux allures de grande mascarade carnavalesque, comme l’a si bien chanté le grand Plume Latraverse dans New-Orleans.
Une situation urgente

En vérité je vous le dis, si le président prenait la peine de déambuler à Jackson Square, s’il arpentait le quartier français, s’il allait se mettre du jazz dans les oreilles au Preservation Hall et s’il s’offrait un plat d’étouffée d’écrevisses, il comprendrait l’urgence de la situation.
Bien sûr qu’il ne fera rien de toutes ces idées et qu’il sera plutôt éloigné de toute menace lors du match entre les Chiefs et les Eagles, au Caesars Superdome, protégé par les services secrets. On comprend très bien sa réalité, sans déconner. Il n’en demeure pas moins qu’il doit intervenir!
Le Super Bowl ne s’était pas installé à La Nouvelle-Orléans depuis 12 ans. C’est inacceptable de la part de la NFL. Le président doit impérativement rencontrer le commissaire Goodell pour mettre fin à cette hérésie.
Note parfaite

Bon, reprenons notre sérieux, si vous voulez bien. Évidemment que rien de tout cet univers imaginaire ne se produira. C’est quand même amusant de rêver.
Ce qui est vrai, c’est qu’après cinq jours au cœur de La Nouvelle-Orléans, j’attribue à ce Super Bowl une note parfaite. Reste bien sûr à voir pour le match, mais c’est, de loin, la ville hôtesse qui sait le mieux recevoir la visite.
Il n’y a pas mieux comme bouillon de culture, comme offre pour s’amuser, pour perdre quelques précieuses heures de sommeil. La ville vibre d’une énergie contagieuse, encore plus depuis que les dizaines de milliers d’amateurs de football sont arrivés, se gavant de plats relevés et remettant à plus tard leur mois sans alcool.
Vraiment, le Super Bowl à La Nouvelle-Orléans, il n’y a rien de mieux.
Au risque de vous décevoir, je ne rencontrerai fort probablement pas le président Trump.
Tout comme je n’ai pas rencontré celle qui n’est certainement pas son idole, Taylor Swift.

Je m’étais promis de prendre une bière avec la chanteuse, que j’espérais croiser lors de l’excellent party des médias. C’est plutôt un alligator qui a fini tendrement entre mes bras, en fin de soirée.
La vie est ainsi faite, à La Nouvelle-Orléans!