Mission 25e coupe Stanley: tous les espoirs sont permis pour le Canadien


Denis Poissant
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Y croyez-vous ? Oui, au mot en « s ». Non, pas séries, voyons. Je parle de Stanley, la bonne vieille coupe, celle qui a longtemps appartenu au Canadien et à ses fidèles partisans, 24 fois dans son histoire.
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C’est presque devenu tabou d’évoquer le nom du trophée le plus emblématique tous sports confondus, de peur de réveiller des esprits maléfiques qui vont, comme on dit, jinxer la patente.
On s’en excuse d’avance avec le titre de page une de notre cahier spécial, Mission 25e coupe, dont vous trouverez tous les textes sur nos sites web et applications. Mais oui, pour ce club magique à ses heures, tous les espoirs sont permis.
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Les cyniques sont rapides sur la gâchette pour éteindre cette flamme, et c’est un peu normal.
Car froidement, sur papier, Tampa a l’avantage en première ronde. Mylène Richard l’expose parfaitement dans son analyse en huit points.
Mais les séries se jouent sur la glace, pas dans un fichier Excel de statistiques avancées.
Et sur la glace... wow !
Le sens du dramatique de Cole Caufield, sa soif des grands moments. Le ballet sur patins de Lane Hutson, ses lignes de passe chirurgicales. Le contrôle de Nick Suzuki, sa superbe sous haute tension. Les allures de Guy Lafleur que prend Ivan Demidov, son imprévisibilité totale, son potentiel infini. Le train Juraj Slafkovsky, son explosion en entrée de zone, sa monstrueuse présence dans les coins de patinoire.

Une question d’attitude
Parfait, ce club ? Bien sûr que non. Pas plus que le Canadien de 1986 et de 1993, les Devils de 1995, les Stars de 1999, les Penguins de 2009 ou les Blues de 2019, des clubs négligés qui ont surpris et sont allés jusqu’au bout. Il y a d’autres exemples, comme le Canadien de 1971.
Tout repose dans l’attitude. Et j’aime ce que j’ai vu cette saison. Le Canadien a la deuxième meilleure fiche sur la route de toute la LNH ; il ne lâche jamais, revient de l’arrière.
C’est beau à voir, rafraîchissant.
Ses joueurs ne sont pas les plus gros, mais ils s’épaulent les uns les autres. C’est un groupe uni, sans doute le meilleur à Montréal (l’expérience en moins) depuis la fin des années 1980, à l’apogée de Larry Robinson et Bob Gainey, sous la gouverne des Mats Naslund, Chris Chelios, Bobby Smith, Guy Carbonneau et Stéphane Richer.
C’est surtout le noyau de joueurs le plus talentueux depuis le Canadien de la fin des années 1970, un noyau qui verra d’autres éléments s’y greffer au cours des prochaines saisons, le premier étant Michael Hage.
Cette reconstruction se dirige vers une note finale de A+.
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Ça va brasser
On projette toujours dans l’avenir le moment idéal où toutes les conditions seront réunies pour que l’équipe remporte les grands honneurs.
Les cinq à sept prochaines saisons du Canadien s’annoncent épiques, pas de doute.
Mais pourquoi pas le Canadien en sept, tout de suite, contre le Lightning, et puis après... qui sait ?
Se rendre en finale, c’est possible. C’est arrivé en 2021 contre ce même Lightning, et, pandémie ou pas, c’était l’aboutissement d’une équipe investie d’une mission.
Cinq ans plus tard, il ne reste que cinq joueurs de l’édition 2020-2021, Nick Suzuki, Cole Caufield, Josh Anderson, Brendan Gallagher et Phillip Danault.
J’ai l’impression que ces gars-là, même Gallagher à sa façon dans un rôle limité, vont justement transmettre à leurs coéquipiers cet état d’esprit d’engagement à 100 %.
L’impression qu’ils auront le goût de remettre à sa place Nikita Kucherov, qui avait nargué les partisans du Canadien, torse nu et bière à la main en conférence de presse, après le triomphe de Tampa en 2021.
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Il y aura des étincelles
OK, OK, t’as beau avoir le goût de lui fermer la trappe, mais ce Kucherov est dans une classe à part. Seule une équipe soudée dans son projet collectif parviendra à limiter les dégâts avec lui, car le contrer complètement, impossible.
Martin St-Louis contre son ancien club, les points de presse savoureux de son vis-à-vis Jon Cooper.
Deux équipes bâties par deux directeurs généraux québécois, Kent Hughes et Julien BriseBois.
L’expérience contre la jeunesse. La foule en délire à Montréal. Les huées à Kucherov.
Il y aura des étincelles, ça va brasser.
Que demander de plus ?
Vive le printemps, vive les séries !
Bonne lecture !
Denis Poissant
Directeur des sports