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Milos Raonic devra avoir «une grande conversation» avec lui-même sur son avenir

Le Canadien a quelques tournois en tête, mais il ne sait pas encore pour combien de temps il en a sur le circuit.

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-07-02T16:01:02Z

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LONDRES | Milos Raonic est de retour pour jouer Wimbledon, là où il a atteint la finale en 2016. Puis Toronto, devant famille et amis, avant de mettre le cap sur les Internationaux des États-Unis. Et après? «Après, je devrai avoir une grande conversation avec moi-même», souligne le «revenant» canadien.

Mais déjà, que Raonic puisse s'asseoir dans une salle d'entrevue du All England Club constitue un exploit en soi. 

À 32 ans, l'Ontarien, ancien membre du top 3, n'avait plus joué un seul match jusqu'à son retour sur le gazon de Bois-le-Duc, il y a trois semaines. Des blessures au tendon d'Achille puis au pied l'ont tenu loin du circuit pendant presque deux ans. Durant 14 mois, il n'a pas été en mesure de frapper une seule balle. 

Dans ce contexte, sa victoire contre le Serbe Miomir Kecmanovic (alors 39e mondial) montre que l'ancien prodige demeure un phénomène, malgré les années qui passent. 

Pas ému par son retour

Un phénomène toujours aussi cartésien que lors de sa «première» carrière. Car non, malgré des mois de réhabilitation et tout le courage que ça lui aura pris pour revenir au jeu, Raonic n'a pas été ému lorsqu'il a traversé la guérite du All England Club, il y a une semaine.

«On entre par une porte différente qu'en 2019 [année de sa dernière participation] et après, je suis allé directement sur les terrains d'entraînement. Alors ce n'était rien de romantique.»

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Mais même s'il verse rarement dans les sentiments, Raonic l'a reconnu dimanche: ce retour, il est «excitant». 

«J'ai traversé beaucoup de hauts et de bas dans les deux dernières années. Dans ma réadaptation, il y avait des moments où je devais m'arrêter pendant de 7 à 10 jours, parce que je ressentais de la douleur. J'avais l'impression de faire trois pas en arrière.»

Il n'a pas regardé un point pendant des mois

Et il a bien failli tout arrêter. Probablement l'un des joueurs les plus érudits du circuit, Raonic a d'autres passions en dehors de la petite balle jaune. 

D'ailleurs, entre ce jour de juillet 2021 où il a dû se retirer du circuit pour se soigner et le dernier Indian Wells, en mars, le Canadien n'a pas regardé un seul point de tennis. 

Sauf que «certaines choses [lui] manquaient» et l'ont motivé à revenir. «Il y a certaines choses que j'aurais aimé faire différemment [dans ma carrière]», pointe le géant de 6 pi 5 po.

«Mais si quelqu'un me disait demain: “tu ne pourras plus jamais jouer Wimbledon”, je ne crois pas que je serais dévasté, ajoute-t-il. J'ai eu deux années pour m'habituer au reste de ma vie.»

Il pourrait être heureux... ou triste

Raonic ne s'est donc pas fixé d'objectif pour la quinzaine, sur cette surface qui se marie parfaitement à son énorme service. Après avoir battu Kecmanovic, il a perdu son deuxième match à Bois-le-Duc, puis a dû faire l'impasse sur le tournoi du Queen's en raison d'une épaule endolorie.

Une blessure qu'il attribue au fait de ne pas avoir joué à un haut niveau pendant deux ans, mais aussi au stress de la compétition, difficile à imiter à l'entraînement. 

Présentement 840e, Raonic est à Wimbledon grâce à son classement protégé. Puisqu'il avait l'habitude de faire partie des têtes de série des épreuves majeures, il a ressenti un peu de stress lors du dévoilement du tableau, par crainte de tomber sur un Novak Djokovic d'entrée de jeu.

Son adversaire sera finalement l'Autrichien Dennis Novak, 149e mondial. Et ce sera mardi, ce qui donnera à Raonic la journée supplémentaire de préparation qu'il souhaitait. 

«Mais même si je perds mon premier match, je pourrais quitter le terrain heureux ou triste. Ça dépendra [de ma performance]», émet-il... toujours aussi cartésien. 

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