Mike Ribeiro contre Janne Niinimaa: «Ça, c’était un échange de cul»


Jonathan Bernier
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On peut reprocher à Réjean Houle d’avoir effectué la pire transaction de l’histoire du Canadien. Par contre, il n’a pas connu l’odieux de commettre deux gaffes en six mois et demi.
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Cette palme qui revient plutôt à Bob Gainey, qui, après s’être départi de José Théodore en mars 2006, a envoyé Mike Ribeiro à Dallas contre Janne Niinimaa, le 30 septembre suivant.
«Ça, c’était un échange de cul, a lancé Théodore, sans détour, lors d’une conversation téléphonique. Surtout quand tu regardes la carrière que Mike a eue par la suite.»
«C’était un naturel. Il a duré plus longtemps que des gars qui étaient des machines d’entraînement», a-t-il insisté.

Au cours de ses six campagnes dans l’uniforme des Stars, Ribeiro a connu trois prolifiques saisons de 83, 78 et 71 points. Dans un calendrier complet, il n’a jamais amassé moins que 59 points (il en a récolté 53 lors d’un hiver où il avait été limité à 66 matchs).
«Pendant que le Canadien se cherchait des joueurs de centre, lui, il jouait à Dallas avec des attaquants de première qualité», a rappelé l’ancien gardien.
«Mike, c’était un gars de talent. Il jouait bien. Il n’y avait pas de raison de l’échanger contre Niinimaa», a-t-il poursuivi, encore irrité 19 ans plus tard.
Bon débarras
En l’espace de six mois, donc, Gainey avait montré la porte à son gardien de but numéro un et à un joueur de centre qui prétendait au titre de joueur de centre le plus prolifique de l’équipe.
En retour de deux joueurs qui ont à peine défait leurs valises à Montréal. Pourquoi?
«Notre façon de nous habiller, de nous compter, ça n’était pas dans le moule que Bob voulait pour l’équipe. Et on était toujours ensemble, a répondu Théodore sans hésitation. Je pense qu’il s’est dit: “On va se débarrasser de José. Après, ça va être Mike.”»
Ce n’est pas la première fois que cette hypothèse fait surface. À l’époque où ils défendaient les couleurs du Canadien, Ribeiro et Théodore avaient la réputation d’être très actifs côté soirées mondaines.
«À Montréal, j’ai sauté mon couvre-feu avec Mike deux fois. Et les deux fois, je ne gardais pas les buts le lendemain, a-t-il tenu à rectifier. Je ne dis pas qu’on n’aimait pas sortir et avoir du plaisir, mais ce n’était pas aussi pire que ce que le monde pensait.»
Les trois amigos
Et qu’en est-il des trois amigos? Un sujet que Théodore a amené lui-même dans la discussion.
Rappelons que «les trois amigos» était le surnom dont Ribeiro, Pierre Dagenais et lui avaient été affublés en raison des liens d’amitié serrés qu’ils avaient tissés et de leur propension à faire la fête.
«J’ai joué avec Pierre une saison et demie. Un an et demi en 10 saisons dans l’organisation. Ce n’est pas comme si ça avait duré bien longtemps, a-t-il pourfendu. Pierre est parti. C’était plus prévisible. Puis, ce fut à mon tour et au tour de Mike.» «Bob avait une idée de ce qu’il souhaitait pour ses leaders. Mike et moi, on n’entrait pas là-dedans. Et c’est bien correct.»
Ce qui est moins correct, c’est de n’avoir rien obtenu en retour parce qu’on était trop pressé de sauver les apparences et de soigner l’image de la glorieuse concession.