Tennis: cinq propositions afin de relancer la saison de Félix Auger-Aliassime


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Que faudra-t-il à Félix Auger-Aliassime pour se sortir de ce qu’il qualifie de pire période de sa carrière, et qui a pris une tournure encore plus triste, lundi, quand il a été éliminé dès le premier tour du US Open?
Cette défaite, sa cinquième en six matchs, a fait passer la fiche du Québécois à 14 victoires contre 15 revers depuis le début de 2023. À des années-lumières, donc, des 60 gains (par rapport à 27 échecs), qu’il avait enregistrés la saison dernière.
Avec l’aide d’experts qui connaissent bien le joueur de 23 ans, mais qui ont préféré ne pas s’identifier, et de nos observations, Le Journal a dressé une liste de cinq points sur lesquels FAA devra travailler pour renouer avec ce succès qu’il a souvent connu depuis le début de sa carrière.
1. Retrouver la confiance
Plus simple à dire qu’à faire, répondrez-vous, et avec raison, car même Félix le dit: l’assurance naît dans les victoires.
Car pour gagner, il faut du talent, mais aussi que le joueur ait la confiance de pouvoir sortir des moments difficiles dans un match, puis qu’il soit en mesure de tirer profit des occasions qui lui sont offertes.

C’est un cercle vicieux, donc. Et c’est notamment ce qui bloque chez Auger-Aliassime en ce moment.
Lundi, il a laissé filer 12 chances de briser en 13 occasions, dont trois qui lui auraient permis de recoller à 5-5, en quatrième manche, et de prolonger la rencontre. Il a également commis une double faute sur balle de set, dans le bris d’égalité de la troisième manche.
Après sa défaite, le Québécois l’a reconnu: dans ces moments cruciaux, il ne se sentait pas autant en contrôle qu’il ne l’était par exemple l’automne dernier, quand il a cumulé trois titres individuels de suite.
2. Retrouver son service
Donc, comment se retrouve-t-elle, cette confiance, si elle s’acquiert surtout dans la victoire?
Notamment en reprenant le contrôle de son service, sa principale arme, note l’un des experts interrogés. Car dans ses récentes défaites, le pourcentage de premières balles d’Auger-Aliassime figurait souvent en dessous des 60%, ce qui le privait de plusieurs points gratuits.

Déjà, faire grimper ce pourcentage à 65% l’aiderait à se rapprocher de la victoire.
Pour le Québécois, il vaudrait donc mieux capitaliser plus souvent sur son meilleur service, qui, du côté droit, est la «slice sortante», surtout lors des points importants.
3. Bâtir sur les moments positifs
Malgré les défaites qui s’accumulent, il a été possible de constater une certaine progression dans le jeu de Félix lundi.
Lui-même estimait que la première et la deuxième manche de sa rencontre face à McDonald étaient les meilleures qu’il avait disputées depuis le tournoi de Washington, à la fin juillet, soit sa première épreuve depuis que son genou avait cessé de le faire souffrir.
Ses déplacements étaient de loin supérieurs. Ses sensations au service étaient meilleures, a-t-il soulevé. Il réussissait «à faire bouger l’adversaire», expliquait-il aussi.

Il n’est donc pas nécessaire dans l’immédiat, aux yeux d’un expert sondé, de changer les patrons de jeu, comme d'ajouter des amortis, par exemple. Il vaut mieux miser sur ce qui fonctionnait bien lors de ses séquences gagnantes et de tenter de renforcer ces parties de son tennis.
Mais un autre estime qu’il est temps pour Auger-Aliassime de varier davantage ses stratégies, un peu comme il le faisait à la fin de la dernière saison: cesser de toujours tenter la frappe croisée, en particulier, et utiliser un peu plus le parallèle.
4. Une petite pause
Au printemps, pour expliquer les pépins de son fils après qu’il a été contraint de manquer le tournoi de Monte-Carlo afin de soigner son genou, Sam Aliassime le décrivait comme un «train».
«Tu ne peux pas l’arrêter», disait-il, imageant qu’il était par la suite plus difficile de le faire redémarrer.

Mais le temps est sans doute venu pour Félix de se tenir un peu à l’écart de la pression du circuit. C’est ce qu’il fera jusqu’à la Coupe Laver, qui s’amorcera le 22 septembre à Vancouver. Il en profitera notamment pour aller visiter famille et amis à Montréal.
Parlant de la Coupe Laver, voilà une belle occasion de reprendre confiance. Auger-Aliassime adore les compétitions en équipe. Il avait d’ailleurs décidé de disputer la Coupe Davis après son élimination au deuxième tour à New York. Et la suite de sa saison, comme on s’en souvient, n’a pas été moche du tout...
Rien ne garantit toutefois qu’il en sera de même cette fois, sauf qu’une petite pause, ça ne peut pas faire de tort.
5. Et son équipe?
Maintenant, la solution ultime, celle qui est si prisée au hockey et aussi dans le tennis féminin, mais plus rarement du côté masculin: le temps est-il venu pour Félix de changer son équipe, d’avoir de nouveaux conseillers autour de lui?
À Toronto, au micro de TVA Sports, Auger-Aliassime affirmait que non, qu’il prenait tout le blâme pour ses insuccès.
Un expert qui connaît bien le Québécois croit également que Frédéric Fontang, qui le conseille depuis 2017 – et qui est son entraîneur principal depuis 2020 – est la voix parfaite pour Félix, notamment parce qu’il a cette présence calme, apaisante, qui convient bien au 15e mondial.
Et puis, c’est à ses côtés que le Montréalais a atteint le sixième rang. Comme Auger-Aliassime doit principalement, pour l’instant, renforcer ce qu’il faisait de bien sur le terrain, il n’y a pas si longtemps, il semble qu’il ne sert à rien de brasser ainsi la soupe.