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Hommage à un ex-combattant nazi: le président de la Chambre des communes Anthony Rota annonce sa démission

Raphaël Pirro

2023-09-26T14:01:12Z
2023-09-26T18:24:09Z

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Le président de la Chambre des communes a annoncé sa démission en début d’après-midi mardi, après avoir acculé au pied du mur, l’ensemble des partis et même le gouvernement réclamant plus ou moins directement son départ après sa bourde monumentale.  

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Dans une très brève allocution, sans tambour ni trompette, Anthony Rota a remercié ses collègues pour leur appui et leur «collégialité», lui qui revêtait les habits de président depuis plusieurs années déjà. 

«Le travail de cette Chambre est au-dessus de chacun d'entre nous. C'est pourquoi je dois me retirer en tant qu'orateur», a-t-il déclaré. 

Les députés présents en Chambre ont applaudi M. Rota, qui a prestement été remplacé sur le trône par le vice-président de la Chambre, le conservateur Chris d’Entremont. 

· Écoutez l’entrevue avec Peter Julian, député de New Westminster–Burnaby, pour le NPD, qui demande aussi la démission du président de la Chambre des communes, à l’émission d’Alexandre Dubé via QUB radio :

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Une pression insoutenable 

La digue a cédé plus tôt en journée : la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly et la leader du gouvernement Karina Gould ont demandé ouvertement la démission du président de la Chambre Anthony Rota, qui se trouve désormais acculé au pied du mur. 

Après avoir plongé «dans l’embarras» les «Canadiens» et la «Chambre des communes» après l’épisode «complètement inacceptable» de vendredi dernier, Mme Joly estime que le président Rota n’avait d’autre choix que d’«écouter les députés et démissionner». 

«Je pense qu’il n’y a pas d’autre alternative et je pense que c’est la chose à faire», a-t-elle déclaré à l’entrée du conseil des ministres mardi matin à Ottawa. 

Elle a indiqué avoir parlé avec ses «collègues ukrainiens» par rapport à cette faute, sans dévoiler davantage de détails. 

Rappelons qu'à l'invitation du président de la Chambre, un vétéran nazi d’origine ukrainienne de 98 ans a été applaudi en Chambre lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Yaroslav Hunka est issu du comté de M. Rota, Nipissing—Timiskaming. 

La leader parlementaire du gouvernement, elle-même d’origine juive, Karina Gould, a soutenu qu’elle ne «voyait» pas comment «il aurait l’appui des députés libéraux» et «crois que c’est le temps qu’il fasse la chose honorable». 

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«[...] La décision du président de la Chambre qu’il a prise seule de non seulement inviter quelqu’un qui a lutté avec le Waffen SS, mais de le reconnaitre dans la Chambre durant la visite du président de l’Ukraine sans avertir ni le gouvernement, ni la délégation ukrainienne, ni chacun des parlementaires, c’est quelque chose qui est douloureux, mais c’est aussi honteux pour le Parlement pour les Canadiens», a dit Mme Gould mardi. 

· Écoutez Jean-François Lisée, qui revient sur l’ovation de ce vétéran nazi au micro de Richard Martineau via QUB radio:

Appelée à commenter la chose en après-midi, la vice-première ministre Chrystia Freeland a décrit la faute comme étant «hautement dommageable». 

Il s’agit d’un développement par rapport à la position du gouvernement d’hier : Mme Gould n’allait pas jusqu’à réclamer le départ du président, malgré la gravité de la faute. 

Quelques instants auparavant, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau n’était pas allé aussi loin que sa ministre, se contentant de rappeler qu’il s’agissait d’un moment très gênant pour le Canada. 

Une rencontre entre les leaders parlementaires des principaux partis et le président Anthony Rota doit se tenir à midi aujourd’hui, à l’initiative du Bloc québécois. 

Le NPD et le Bloc québécois ont tous deux réclamé la démission d’Anthony Rota lundi. Le Parti conservateur a préféré jeter l’opprobre de la décision sur le gouvernement Trudeau, avant de se ranger du côté de la majorité mardi.  

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