L’image du Canada a été ternie à la suite de l’ovation d’un ex-soldat nazi à la Chambre des communes, et il sera difficile de faire «oublier» cet incident, et encore plus difficile pour le président de Chambre, Anthony Rota, de rester en poste.
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C’est ce que croit Marie-Ève Doyon, fondatrice de MEDia Relations Publiques, qui a souligné en entrevue à Mario Dumont la gravité de la bourde, et ce qui s’en est suivi.
«Avec ce qu’on a vu dans les derniers jours, c’est impossible, surtout dans la gêne dans laquelle ça met le Canada par rapport à ses alliés à l’étranger et aux pays qui voudraient nous donner une moins bonne image», a-t-elle expliqué en entrevue.
«On sait que la Russie se sert de ces images-là depuis pour dire ''regardez les nazis qui sont applaudis''», note-t-elle. Une motion a même été tentée par la libérale Karina Gould lundi afin de faire retirer les images de la documentation de l’événement et de retirer les propos du verbatim au Parlement. La Bloc québécois s’est montré en faveur, mais les conservateurs s’y sont opposés.
Pour la spécialiste en communication, c’est une «très mauvaise idée qui ne fait que faire un cerne autour de la tache».
«Il y a 50 ans on aurait probablement pu corriger les écrits parce que les journaux n’étaient pas publiés, parce que les dépêches ne s’étaient pas rendues. Mais encore! Aujourd’hui ‘’what’s on the wed is on the web’’. Aujourd’hui à partir du moment où quelque chose est arrivé et que quelqu’un en a été témoin, il y a une trace indélébile», explique Marie-Ève Doyon.
«Ça donne à ce gouvernement l’image d’un gouvernement qui veut changer l’Histoire, la réécrire, réécrire le passé, réécrire la place des Noirs au Canada, la place des homosexuels dans la société. On traite ce gouvernement de woke, et là on le voit essayer de se cacher les fesses avec les mains, ça donne une très très mauvaise image aussi. C’est ce qu’on reproche aux dictatures, la Chine, la Russie et d’autres dictatures... qu’elles essaient de récrire leur Histoire, de créer le fameux narratif dont parlent perpétuellement les personnes qui tombent un peu plus du côté du complot. Ils l’ont fait en public en plus plutôt que de le faire derrière les portes closes», ajoute l’observatrice.
Le président de la Chambre, Anthony Rota s’est confondu en excuses lundi. «C’était ma décision, et je m’en excuse profusément. Je ne peux pas vous dire à quel point c’est regrettable, et ce n’est peut-être pas assez pour certains d’entre vous, et pour cela, je m’excuse », a-t-il dit la gorge nouée, lundi matin.
L’invité en question, Yaroslav Hunka, qui a lutté au sein d’une unité SS en Ukraine lors de la Seconde Guerre mondiale, a été chaudement applaudi par l’ensemble des élus de la Chambre, incluant Justin Trudeau et les autres chefs de partis, en plus du président Volodymyr Zelensky, aux origines juives.
L’événement a été l’occasion d’une période de questions particulièrement bizarre, lors de laquelle les conservateurs ont demandé à des dizaines de reprises au gouvernement d’assumer sa part de blâme dans le dossier. Justin Trudeau n’étant pas à son siège, c’est la leader parlementaire Karina Gould, elle-même juive et dont plusieurs membres de la famille sont morts durant l’holocauste, qui a été envoyée au front pour défendre son gouvernement.
Elle a demandé à M. Rota de clarifier que l’erreur était entièrement la sienne, en demandant à ses vis-à-vis conservateurs de ne pas « politiser » le nouveau scandale.
Coincé entre les deux, le président Rota a continué de jouer son rôle d’arbitre tout en étant au cœur des échanges.
***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.****