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Mégan Brouillard s’est inspirée de sa grand-mère

La tournée «Chiendent» de Mégan se poursuit partout au Québec. Infos et billets: meganbrouillard.com.

Patrick Delisle-Crevier

2026-02-05T11:00:00Z

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Encensée par la critique et le public pour son premier spectacle, Chiendent, l’humoriste compte poursuivre son irrésistible ascension en 2026. Nous avons discuté avec elle de son parcours, de son rapport à la célébrité et de sa vie amoureuse.

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D’abord, Mégan, comment ça va?

Ça va très bien. J’ai eu une magnifique année 2025 et j’ai de beaux projets qui s’en viennent en 2026, dont la tournée avec mon premier spectacle qui se poursuit. J’ai une belle vie et je fais ce que j’aime.

Parle-moi de ta participation à la quatrième saison de LOL: Qui rira le dernier?...

Au début, j’avais peur de participer, et surtout de ne pas être drôle. J’avais l’impression qu’il fallait mettre à l’avant-plan le clown qui est capable d’improviser des niaiseries et de jouer des personnages. Je ne suis pas bonne là-dedans. Mais mon ami Jo Cormier, qui était de la saison précédente, m’a dit que le simple fait de réagir à ce qui se passe allait être suffisamment drôle. Finalement, j’ai vu les choses d’une autre façon et j’ai compris que je pouvais bien tirer mon épingle du jeu et avoir du fun dans un tel concept. Avec la distribution de cette saison, je ne regrette tellement pas d’avoir dit oui à ça!

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Que retiens-tu de cette expérience?

J’étais certaine que j’allais sortir à la première minute, comme Claude Legault. Même avant le tournage, dans la loge, quand on se pratiquait ensemble à ne pas rire, je n’y arrivais pas. Finalement, je me suis surprise moi-même. En regardant les images, je réalise que ma poker face est pas mal meilleure que je pensais et que j’ai l’air de ne pas trouver ça drôle alors qu’en dedans, je suis morte de rire. Juste la couette de Guy Jodoin m’a fait mourir de rire à l’intérieur. Surtout que j’ai le rire facile; j’aime rire, je suis un bon public et j’ai toujours mené ma vie de façon à rire le plus possible.

L’année 2025 a été marquante pour toi. Quel bilan en fais-tu?

Ç’a été une année folle avec le début de ma première tournée. Je suis tellement contente de parcourir le Québec, et même le Canada francophone, pour aller à la rencontre des gens et de les faire rire. J’aime mon métier et je capote aussi de découvrir notre beau Québec. J’ai participé aux émissions Le maître du jeu et LOL: Qui rira le dernier?, deux beaux projets drôles et faits dans le plaisir.

Ça fait à peine cinq ans que tu es sortie de l’École nationale de l’humour et c’est la folie pour toi. Comment vis-tu ça?

Je fais beaucoup d’introspection par rapport à tout ça. Effectivement, ç’a été rapide, mais en même temps, je n’ai pas sauté d’étape. J’en ai fait, des spectacles ici et là dans des parcs, en Zoom ou en mode corporatif. Mais c’est vrai que mon parcours s'est bien passé, et je sais qu’il y a des gens qui ont du talent et pour qui ça ne va pas aussi vite. Je suis donc reconnaissante, et surtout bien entourée, ce qui fait toute une différence.

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Quand on lit les critiques de ton nouveau spectacle, on a l’impression que tu es une humoriste implantée depuis 15 ans...

Oui, c’est assez fou, et je suis extrêmement touchée par tout ça. Je suis chanceuse, mais je dois dire que j’ai toujours travaillé fort. Avec mon équipe, on s’est toujours assurés de faire les choses pour les bonnes raisons et avec une tête sur les épaules. Je tente toujours de faire des choses qui me tentent et parce que je vais avoir du fun. Je suis mon cœur et ça se passe bien.

Parle-moi un peu de ton tout premier spectacle, Chiendent. Pourquoi avoir choisi ce titre?

Du chiendent, c’est de la mauvaise herbe. C’est un mot que ma grand-mère disait, et c’est quelque chose qui pousse quelque part où, toi, tu ne voulais pas que ça pousse. Un plan de fraises qui pousse dans un champ de framboises, c’est de la mauvaise herbe parce que ça ne pousse pas là où ça devrait. Pourtant, ce n’est pas une mauvaise herbe pour autant. J’ai aimé le concept et mon spectacle tourne autour de cette thématique, que je dois à ma grand-mère, finalement...

Parle-moi un peu de ton parcours.

Je suis sortie de l’école de l’humour en 2020, en pleine pandémie. Quand on est sortis de là, il ne se passait rien et même les artistes établis faisaient des contrats de chroniqueurs qu’ils n’auraient pas faits en temps normal. Il n’y avait aucun spectacle possible, pas de soirée à micro ouvert nulle part... C’était le néant et c’était compliqué! Je me suis mise à faire des vidéos sur TikTok parce que j’avais besoin de m’occuper et de créer. Avant ça, j’ai cousu des bobettes et des chandails pour passer le temps. J’avais besoin de faire autre chose et je cousais. Mais TikTok a tout changé. J’adorais ça et de plus en plus de gens me suivaient. J’écrivais des numéros et, de fil en aiguille, tout s’est enchaîné. J’ai aussi rodé des numéros pendant des mois et des mois.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Où est née cette envie de faire de l’humour?

Nous sommes de grands fans d’humour dans ma famille et mes parents vont voir à peu près tous les spectacles d’humour imaginables. Je dois beaucoup à mes parents, car ce sont deux humains très drôles. Mon père est un véritable sniper quand vient le temps de raconter des blagues et ma mère a toute une personnalité. Elle fait rire tout le monde. J’ai donc grandi en regardant des spectacles d’humour à la télévision et un peu partout. Petit à petit, l’idée a fait son chemin en moi. Par la suite, j’ai participé à Secondaire en spectacle et ç’a été une révélation pour moi. J’ai eu tellement de plaisir que je voulais en faire encore et encore. À 18 ans, j’ai fait les auditions de l’École nationale de l’humour, en me disant que je n’allais pas être acceptée. Finalement, j’ai été admise et ç’a été le début de tout pour moi. Je me souviens que j’avais fait un plan de carrière à l’école de l’humour; je ne pensais jamais que ça allait fonctionner autant pour moi, parce que je suis née pour un petit pain.

Être née pour un petit pain, qu’est-ce que ça signifie pour toi?

Je suis une fille qui fait ses petites affaires sans vraiment aller plus loin et tout ça vient avec une naïveté en moi. Je suis aussi une personne qui fait de l’anxiété de façon assez spectaculaire. Par exemple, quand je montais sur scène au Bordel Comédie Club, c’était pour le plaisir et non en espérant être repérée. Je faisais ça naïvement et en ne comprenant pas trop comment fonctionne ce milieu-là. Heureusement, car ça a fait en sorte que je prenais les choses plus légèrement et que j’étais moins angoissée. Si j’avais réalisé l’ampleur de tout ça et eu conscience des gens qui étaient dans la salle, j’aurais paniqué. Ma belle naïveté m’a protégée, d’une certaine façon. Ça m’enlevait de la pression de ne pas être consciente de tous les rouages de ce milieu.

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Comment vis-tu avec la reconnaissance et la popularité?

C’est stressant pour moi, parce qu'il m'arrive d'oublier que les gens me connaissent. À certains moments, je trouve que les gens me regardent de façon bizarre et je réalise après coup que c’est parce que je suis humoriste. Je suis parfois déboussolée par tout ça. Ça me surprend toujours quand quelqu’un m’aborde et je crains parfois de ne pas avoir les bonnes réactions quand je suis surprise. Mais je travaille fort là-dessus, parce que tout ça est nouveau pour moi.

À quoi ressemble ta vie en dehors de l’humour?

Je suis une fille simple qui adore aller voir des spectacles de toutes sortes dès que j’ai une soirée de libre. Sinon, je suis une célibataire endurcie, une vraie!

Tu fais d’ailleurs l’éloge du célibat dans ton spectacle. Tu n’as jamais vraiment été en couple?

Effectivement, on dirait que ce n’est pas pour moi. Il faudrait que je m’y mette sérieusement, mais en même temps, essaie de faire une première date quand tu travailles du mercredi au dimanche soir! Ce n’est pas tout le monde qui a le goût d’un souper en amoureux le mardi matin. (rires)

La solitude te pèse-t-elle?

Non, je ne me sens pas très seule. J’aimerais ça être en couple, mais j’ai ma famille et beaucoup d’amis. Ce n’est donc pas un grand besoin ni un grand vide à combler. Tant mieux si ça arrive, mais sinon, je ne suis pas malheureuse pour autant.

En terminant, comment vois-tu cette nouvelle année?

Je me souhaite encore du succès et du plaisir! Je commence déjà à écrire des blagues pour le deuxième spectacle. Je ne me mets pas de pression, j’y vais à mon rythme. Sinon, je savoure pleinement cette première tournée.

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