Camp d’évaluation des espoirs de la LNH: Mathieu Cataford sur les traces de Patrice Bergeron


Stéphane Cadorette
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BUFFALO | On n’imite pas Patrice Bergeron facilement, mais l’un des premiers joueurs québécois qui entendront leur nom au repêchage de la LNH, Mathieu Cataford, s’inspire du vétéran des Bruins. «Depuis les rangs pee-wee que j’essaie de jouer de la même manière», a-t-il confié au camp d’évaluation des espoirs, à Buffalo.
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Tout comme le joueur qu’il idolâtre, Cataford est un centre droitier. Tout comme lui, il est décrit comme un féroce compétiteur et un leader naturel. Et, bien sûr, le représentant des Mooseheads de Halifax est considéré comme un attaquant complet, efficace dans toutes les facettes du jeu.
Cataford n’a certainement pas la prétention d’être le prochain Patrice Bergeron, même si rien ne l’empêche de rêver. L’attaquant de Saint-Constant est répertorié au 36e rang des patineurs nord-américains par la Centrale de recrutement de la LNH. Son idole, 20 ans plus tôt, était classé 28e et avait été repêché au 45e rang avant de connaître une carrière phénoménale.
«Il fait toutes les choses comme il faut et en plus c’est un Québécois comme moi. J’essaie d’imiter son jeu, de l’amener dans mes matchs. Ce que j’entends tout le temps de lui aussi, c’est qu’il est un super leader. C’est un bon modèle. Je ne l’ai jamais rencontré, mais mon agent m’a souvent parlé de lui», a expliqué Cataford au sujet de son inspiration.
Pas peur de parler
À sa première saison à Halifax, l’an dernier, Cataford a été le meilleur pointeur chez les joueurs de 16 ans dans la LHJMQ, avec une récolte de 46 points.
Même s’il n’était qu’une verte recrue, ses coéquipiers l’ont remarqué lorsqu’il s’est levé dans le vestiaire pour prendre le crachoir, après une dure défaite à Gatineau. Voilà un geste rare pour un adolescent de 16 ans.
«Le leadership me vient de manière naturelle, même si tu peux parfois le travailler. Je ne suis pas un gars gêné pour prendre la parole. Sur le coup, quand j’ai parlé, il y en a qui étaient surpris, surtout les plus vieux. Après ça, certains sont venus me voir pour me dire que ça prenait du guts et qu’ils me respectaient pour ça», a-t-il raconté en revenant sur cet épisode.
Depuis qu’il est arrivé à Buffalo, il a d’ailleurs pu tester ses talents d’orateur lors de quatre entrevues avec des équipes. Il prévoyait en rencontrer 18 cette semaine. «Ça ne me stresse pas du tout», a-t-il ajouté.

Dur en «tabarnane»
Cette saison, Cataford a poursuivi son ascension vers la LNH avec 31 buts et 75 points, en plus d’être utilisé dans toutes les situations. Son unique regret? Que les Mooseheads aient laissé échapper le trophée Gilles-Courteau en finale et, ainsi, le rendez-vous raté avec la coupe Memorial.
«C’était une super belle saison et il n’y a pas beaucoup de monde qui nous voyait en finale. En même temps, c’est plate d’avoir travaillé aussi fort pour arrêter à deux victoires de tout gagner. En plus, tu regardes la Coupe Memorial, tu vois Québec gagner et tu te dis: "Tabarnane!"» a-t-il pesté en poussant un sourire de dépit.
«C’est un sentiment partagé parce que c’est la LHJMQ qui gagne et ça prouve encore qu’on est une bonne ligue. Des gars, parfois, nous disent que notre ligue est soft. Tabarouette, ça fait quatre ans en ligne que la ligue gagne! En même temps, ça ne me tentait pas que ce soit les Remparts.»
Avec le Canadien?

Quant à savoir où il aimerait aboutir, Cataford veut seulement «l’équipe qui a le meilleur plan pour moi», mais il ne cache pas qu’il pense au Canadien, qui détient le choix 31 ou 32, en plus du 37e, un horizon logique pour lui.
«C’est sûr que j’y pense, comme pour n’importe quelle équipe qui est dans ces rangs-là. De ce que j’entends de mes agents, le Canadien m’aime beaucoup, mais tout va dépendre aussi s’il aime l’énergie que je dégage avec eux en entrevue.»