Daniel Brière rencontre Ethan Gauthier: c’était le coéquipier de son père, c’est maintenant le DG qui pourrait le repêcher


Jean-François Chaumont
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BUFFALO | À une autre époque, Denis Gauthier partageait le même vestiaire que Daniel Brière avec les Voltigeurs de Drummondville. Gauthier était un défenseur qui frappait comme un train et Brière amassait des points à un rythme infernal.
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Plusieurs années plus tard, Brière a rencontré un autre Gauthier. Mais dans un contexte différent. Dans son rôle de directeur général des Flyers de Philadelphie, il a questionné Ethan Gauthier, le fils de son ancien coéquipier.
«J’ai trouvé ça drôle parce que je l’ai vu grandir, a raconté Brière en entrevue au Journal dans un chic lobby d’hôtel de Buffalo où se déroule le camp d’évaluation (combine) avant le repêchage de la LNH. Ethan était encore un jeune garçon quand je jouais avec son père à Philadelphie.»
Le hasard a bien fait les choses. Ethan a réalisé sa première entrevue à la table des Flyers.
«Au début, c’était vraiment professionnel, a-t-il dit. Je suis entré dans la pièce et j’ai serré la main de tout le monde. J’ai salué Daniel et je voyais qu’il avait un petit sourire en coin. Mais il demeurait sérieux. À la fin, quand j’ai remercié tout le monde, il m’a regardé et il a sorti le surnom qu’il utilisait pour moi quand j’étais tout petit. Je ne pense pas qu’on puisse écrire le surnom dans Le Journal, mais j’ai trouvé ça bien drôle. Il m’a dit: “Salut le streaker (exhibitionniste)!”»
«C’était juste une petite blague, mais j’ai bien aimé ça. Je croisais Daniel dans ma jeunesse. J’étais encore un enfant. Mon père a aussi joué pour les Flyers. Alors j’étais bien heureux d’ouvrir mes entrevues avec Philadelphie. J’avais su avant le repêchage que j’étais pour parler aux Flyers en premier. Sean Couturier me l’avait dit lors d’un entraînement en gymnase. Il revenait de Philadelphie et il avait appris que j’étais le premier nom sur la liste des entrevues.»
Brière avait le grand sourire quand on lui a raconté l’anecdote du surnom.
«Quand je parle du streaker (exhibitionniste), mes enfants savent exactement de qui je parle, a-t-il rappelé. Ils ne savent pas qu’Ethan sortira au premier tour du repêchage de la LNH, mais ils savent qu’il est le petit de Denis qui se promenait tout nu dans la cour quand ils jouaient chez les Gauthier!»
Plusieurs entrevues
Il n’y a aucun record pour le plus grand nombre d’entrevues avant un repêchage. Mais Ethan Gauthier, le 16e plus bel espoir en Amérique du Nord, a déjà fait une bonne tournée.

«J’ai déjà rencontré 12 équipes en deux jours et je dois en voir 28, a dit Gauthier. Je pense qu’il y a juste un espoir qui doit réaliser plus d’entrevues que moi.»
Après les Flyers, Gauthier a parlé aux dirigeants du Canadien de Montréal. Historiquement, le CH a toujours eu la réputation d’une formation qui pose des questions difficiles et parfois étranges aux espoirs.
«Oui, ils sont déstabilisants, a reconnu l’ailier du Phoenix de Sherbrooke. Ils ont posé la question classique sur l’animal avec lequel je peux me comparer. Ensuite, ils m’ont dit que j’étais un joueur salaud et que je donnais des coups vicieux. Ils me disaient qu’ils m’avaient vu jouer. Mais ils cherchaient à voir mes réactions. Sur le coup, je restais un peu figé. Je me suis bien débrouillé.»
Pour l’animal, Gauthier a opté pour un ratel, mieux connu sous le nom anglais de honey badger.
«C’est un animal qui n’a peur de rien, il attaque des espèces bien plus grosses même s’il est tout petit, a-t-il expliqué. J’ai tracé un parallèle avec moi. Il y a des équipes qui peuvent croire que je ne pourrai pas jouer le même jeu robuste chez les pros en raison de ma taille. Mais je n’ai jamais eu peur de rien.»
Objectif: premier tour
Ethan aimerait bien suivre les traces du paternel en devenant lui aussi un choix de premier tour. Le CH, qui détient le choix des Panthers de la Floride (31e ou 32e), pourrait devenir une destination possible.
«J’aimerais sortir avant la fin du premier tour et le deuxième choix du Canadien, a-t-il répliqué. Je voudrais connaître mon sort le plus rapidement possible. Je serais toutefois très heureux d’aboutir à Montréal. Depuis mon retour au Québec, j’ai grandi en regardant le Canadien.»
En 1995, Denis Gauthier a été un choix de premier tour (20e) des Flames de Calgary. Un an plus tard, les Coyotes de Phoenix ont misé sur Brière (24e) aussi au premier tour.
«Ethan a réellement de bonnes chances de connaître son sort dès le premier tour, a prédit Brière. Nous l’aimons beaucoup comme jeune attaquant.»
L’influence du grand frère
Le hockey reste une histoire de famille chez les Gauthier. Ethan et son grand frère Kaylen ont joué les deux dernières saisons avec le Phoenix de Sherbrooke.

Ethan, un ailier de 5 pi 11 po et 175 lb, a obtenu 69 points (30 buts, 39 passes) en 66 matchs cette saison à Sherbrooke. Il a les yeux encore plus pétillants quand il décrit son lien avec son grand frère.
« Si je suis ici aujourd’hui, c’est beaucoup grâce à mon frère, a-t-il souligné. Il a eu son mot à dire dans mon développement et ma carrière. Quand je serai repêché, il pourra lui aussi se dire mission accomplie. J’ai hâte de le serrer dans mes bras une fois que j’aurai entendu mon nom à Nashville. »
« Mon frère a eu la plus grande influence sur ma carrière, a-t-il poursuivi. Kaylen m’avait ramené un peu sur terre avant ma première année au niveau Bantam. Je l’avais toujours eu facile dans ma jeunesse. Je pouvais juste compter sur mon talent. J’ai réalisé qu’il n’y avait pas juste le talent et je n’avais pas toujours la meilleure discipline. Mon frère était le contraire de moi. Il a bûché pour tracer son chemin. On croyait qu’il ne jouerait pas dans la LHJMQ et il a fini comme capitaine du Phoenix de Sherbrooke. »