Marilyn Castonguay dans une nouvelle série annuelle
La Marche SP est de retour au parc Frédéric-Back le 31 mai.
Alicia Bélanger-Bolduc
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Marilyn Castonguay n’est pas qu’une figure aimée du public, puisqu’elle s’implique aussi depuis plusieurs années dans la cause de la sclérose en plaques. Une implication qui lui tient profondément à cœur. L’année s’annonce encore bien chargée pour l’actrice.
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Marilyn, tu es porte-parole de la Marche SP pour la sclérose en plaques pour une autre année. Parle-moi de ton implication...
D’abord, il y a cinq ans, j’ai vraiment réfléchi avant de dire oui à cette cause, parce que ce n’est pas une chose à prendre à la légère. Ça demande beaucoup d’investissement et tout ton cœur doit y être. Je voulais m’assurer que j’étais à la hauteur de cette demande, surtout pour ceux qui vivent avec la maladie et pour qui c’est très sérieux. J’ai commencé mon implication à l’échelle régionale, dans Charlevoix, une région que je connais très bien puisque j’ai grandi tout près, à l’Isle-aux-Coudres. Pour moi, c’est un acte de collectivité, un soutien qui est essentiel. J’ai la chance d’être en bonne santé, c’est pourquoi j’estime avoir une responsabilité envers ceux qui le sont moins.
Comment es-tu arrivée à t’impliquer avec eux ?
La première fois que j’ai été en contact avec une maladie plus grave que la grippe, ç’a été la sclérose en plaques. Il y avait une insulaire qui en était atteinte. Ça m’avait vraiment marquée. C’était il y a 30 ans, donc, cette maladie était moins connue et il y avait encore moins de traitements. Cette personne était bien entourée et avait beaucoup de soutien, mais j’ai toujours eu peur de ce nom : la sclérose en plaques. Plus tard, j’ai connu des gens qui développaient ce trouble. Plus je donnais du temps à la cause, et plus je comprenais la maladie et ses impacts au quotidien, plus je trouvais important de m’impliquer pleinement.

Même si cette maladie touche une grande partie de la population, elle reste assez méconnue...
En effet ! À part le diabète et le cancer, on est peu informés sur les autres problèmes de santé. Ce n’est pas non plus un mal nécessairement visible. Pourtant, il y a quand même 90 000 cas au Canada. Si personne autour de soi en souffre, il est rare qu’on cherche à s’informer. Toutefois, même si on n’est pas atteint ou directement touché, on peut quand même s’impliquer. Le diagnostic tombe entre 25 et 49 ans, parfois dès la vingtaine, et rien ne laissait présager ce qui les attendait. Chez les personnes qui en souffrent, 75 % sont des femmes, et on ne sait toujours pas pourquoi. Personne ne souhaite en être touché, mais ça nous concerne tous d’une façon ou d’une autre. Raison de plus pour soutenir la recherche, d’autant qu’on dispose maintenant de moyens concrets pour en atténuer les effets.
À quoi ressemblera la Marche SP cette année ?
Premièrement, on invite les gens à se joindre à nous le 31 mai au parc Frédéric-Back. C’est toujours très touchant de voir tout le travail accompli en amont devenir concret et de pouvoir échanger avec ceux pour qui on fait cette marche, ainsi que leur famille. Avec tout ce qui se passe dans le monde, je trouve qu’il est d’autant plus important de contribuer à améliorer ce qu’on peut contrôler. On porte des dossards sur notre chandail pour indiquer pour qui on marche ou pour représenter quelqu’un atteint de la sclérose en plaques. Ça permet de mettre des visages sur la maladie et de donner un sens encore plus concret à notre implication. On sent aussi que la communauté l’apprécie énormément.

Est-ce que ç’a toujours été important pour toi de prêter ta voix à une cause ?
On sert à ça aussi ! On s’identifie aux artistes dans notre vie. Moi, je le fais, mais il y a aussi des artistes à qui je m’identifie et que j’écoute davantage parce que j’ai du respect pour ce qu’ils font et ce qu’ils apportent à la cause. Au début, je me demandais si ma voix était assez forte, si ma notoriété était assez grande pour faire une différence. Finalement, j’ai la voix que j’ai, et si elle peut servir, tant mieux. Chaque année, on va un peu plus loin dans la collecte de fonds et dans la visibilité médiatique.
Quels autres projets s’en viennent pour toi ?
J’ai eu une grosse année, et ça s’enligne pour que je continue à être tout aussi occupée. Je retourne au Théâtre La Licorne pour rejouer Changer de vie de Catherine Léger en septembre. Nous avions fait salle comble lors des représentations précédentes. Il y a aussi la saison 4 de Drazilion à Télé-Québec jusqu’en juillet. Sinon, je vais commencer prochainement une nouvelle série annuelle, mais le projet n’est pas encore annoncé. Je serai en tournage tout l’été. C’est une série légère, drôle et nostalgique à la fois, qui se veut rassembleuse et proche du quotidien. Je pense que ça intéressera toutes les tranches d’âge. Je suis vraiment emballée par l’équipe et j’ai très hâte de commencer.

Parlant de Drazilion, le public jeunesse fait partie prenante de ton parcours. Est-ce important pour toi de continuer dans cette voie ?
C’est très, très important pour moi. Et ça va continuer de l’être durant toute ma carrière. Travailler avec les jeunes et à leurs côtés, ça me nourrit. Ça m’aide à comprendre où on s’en va, à être au courant des nouvelles façons de penser et à voir où s’en va la vie. Je revis aussi des éléments de mon enfance avec eux, je discute de leurs premières expériences. Et en même temps, c’est le public de demain : il faut en prendre soin. Ça contribue aussi à valoriser la langue et la culture. C’est quelque chose que j’adore profondément.
Tu as eu un parcours en danse, que tu as quittée pour te concentrer sur le jeu. Penses-tu parfois à ce que ta vie aurait pu être ?
Je me dis que j’ai bien fait, parce que mon corps n’aurait probablement pas suivi encore très longtemps. J’ai toujours eu des problèmes de dos, et c’est une discipline très exigeante. Mais ce que la danse m’a apporté me manque énormément. J’avais besoin de bouger et d’exprimer des émotions sans parler. C’est paradoxal quand on pense au métier que je pratique aujourd’hui. La danse me permettait d’être pleinement connectée à mon corps. Cela dit, ça m’a beaucoup aidée comme comédienne. Ça apporte une autre dimension à mon jeu. Quand j’ai compris les exigences de la scène, je me suis dit que tous les acteurs devraient danser.
Est-ce que le fait d’avoir grandi sur une île t’a permis de rêver plus grand ou au contraire ça a fait en sorte que tu te refermes sur toi ?
Je pense que ça peut faire les deux. Ça demande un effort d’aller voir ce qui existe ailleurs. Pour moi, l’horizon a toujours été une motivation. Ça me donnait envie d’aller plus loin. En même temps, rester à l’Isle-aux-Coudres n’empêche pas d’avoir des idées. J’ai des amis qui y sont restés et qui font des choses incroyables, en sortant des sentiers battus, pour la communauté. J’ai encore beaucoup de famille et d’amis là-bas. J’y vais un peu moins depuis le décès de ma grand-mère, mais ça reste la maison.

As-tu des plans de vacances cet été ?
Comme je serai en tournage une bonne partie de l’été, je vais moins me déplacer. L’an dernier, j’ai fait le tour de la Gaspésie. On va souvent en Ontario. Mais cette année, je vais surtout avoir besoin de me reposer. Mes vacances vont commencer au Festif ! de Baie-Saint-Paul. Sinon, on a un chalet où on décroche complètement, sans téléphone ni internet. J’avertis mes amis quand j’y suis, et ils passent quand ils veulent. C’est simple, mais vraiment agréable.