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Marilyn Castonguay est de retour sur scène

La pièce «Changer de vie» est à l’affiche jusqu’au 28 février au Théâtre La Licorne. Infos et billets: theatrelalicorne.com.

Daniel Daignault / TVA Publications

Daniel Daignault

2026-01-29T11:00:00Z

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L’année 2026 a commencé sur les chapeaux de roues pour l’actrice. En vedette dans la série Emprises, dans laquelle elle campe une femme confrontée à la disparition de ses proches, elle joue aussi au théâtre jusqu’à la fin février. De beaux cadeaux pour celle qui a l’habitude d’envoyer ses aspirations dans l’univers... avec succès!

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Marilyn, tu défends le rôle principal dans la série Emprises. Est-ce une première pour toi?

Oui. J’ai d’ailleurs attendu un peu avant de voir la série. Je fais souvent ça, surtout dans le cas de cette série-là, parce c’est un rôle numéro un et que je n’en ai pas eu beaucoup dans ma vie. Il y a eu Huguette Delisle dans C’est comme ça que je t’aime, mais c’était un personnage principal parmi d’autres. J’avais des grosses affaires à jouer dans Emprises, j’étais très présente, alors il fallait que je me détache de moi-même. C’était beaucoup d’émotions. Je faisais mes affaires et, quand je revenais chez nous, le chemin était tellement tracé dans le dramatique, même physiquement, avec les yeux foncés, que je me prenais à continuer d'être Raphaëlle. Il fallait que je m'accorde un bras de distance. Aussi, je te dirais que je suis quand même critique. Même si des gens me disent de belles choses à propos de ce que je joue, j’ai tendance à dire: «C’est bon, mais...» Cela dit, ça ne me dérange pas de me regarder, parce que je trouve que c’est un outil formidable pour avancer et s’améliorer.

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Est-ce que ce sujet et ce rôle t’ont tout de suite accrochée en tant qu’actrice?

Au début, je trouvais que les enjeux étaient démesurés. J’y croyais, mais je me demandais si les gens allaient adhérer aux enjeux. Étant donné que ce n’est pas notre réalité à nous, je me questionnais. D’un autre côté, il y a tellement d’affaires surprenantes qui arrivent dans la vie de tous les jours, des choses qui te font dire: «Je ne pensais pas que ça se pouvait.» Quand j’ai fait le film Jusqu’au déclin, j’ai vu plein de commentaires de survivalistes. Je ne pensais pas que ça existait, mais finalement, oui! Alors, c’était ma seule petite crainte, mais je pense que ça marche, que c’est dans l’air du temps et qu’il y a beaucoup de gens qui vont se reconnaître dans cette série de 10 épisodes. Quand tu arrives un matin et que ta vie bascule en une seconde, ça amène beaucoup d’émotions. C’est aussi à ça que ça sert, la télé: faire ressortir des choses chez les gens et les amener à réaliser qu’ils ont été troublés, que c’est ce qu’ils ont vécu ou encore que ça pourrait leur arriver.

Depuis le 20 janvier, tu joues dans la pièce Changer de vie à La Licorne. Est-ce un retour sur scène pour toi?

Oui, j’avais peur de ne pas refaire de théâtre, moi qui faisais deux ou trois pièces par année avant. Finalement, il y a eu cette opportunité-là à La Licorne, avec un texte extraordinaire de Catherine Léger qui est super drôle et confrontant, et avec du monde le fun aussi: Steve Laplante, Hubert Proulx et Isabelle Brouillette. C’est écœurant comme quatuor. Je suis très, très heureuse de refaire de la scène.

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C’était important pour toi de refaire du théâtre?

Oui, parce que je me dis que si je ne joue pas là, je ne rejouerai plus jamais! (rires) Moi, j’ai été formée en théâtre, je suis une fille de scène. J’adore la scène, je trouve que c’est un sans-filet extraordinaire pour un acteur. C’est un risque immense. Et c'est un muscle, une forme physique à avoir. Toutes les saisons théâtrales ont été bousculées avec la pandémie; il y a eu des reprises de pièces qui devaient être présentées, ce qui a fait que je me suis retrouvée sans contrat durant quatre ans. Mais pendant ce temps-là, je n’ai jamais arrêté de tourner. Je me trouve bénie des dieux dans ce métier-là, je suis chanceuse. Ce sont tous de beaux projets qui me ressemblent, avec des gangs qui me ressemblent aussi.

On t’a vue cet automne dans le film Ma belle-mère est une sorcière, un rôle qui te permettait à nouveau de rejoindre les jeunes...

Oui, je ne les lâche pas! C’était un rôle très différent et les plus jeunes, qui m’ont connue dans les émissions pour enfants (Drazilion, Alix et les Merveilleux), m’ont retrouvée dans Ma belle-mère est une sorcière. J’ai aussi fait la série jeunesse Le pacte, qui est pour les adolescents. Ensuite, ils vont écouter les émissions pour adultes. J’ai comme l’impression d’avoir un public que j’ai entretenu.

Dans «Emprises», elle campe une femme en quête de réponses.
Dans «Emprises», elle campe une femme en quête de réponses. Eric Myre/Radio-Canada

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Mise à part la pièce dans laquelle tu joues, as-tu des tournages prévus cette année?

Je reprends Drazilion, que je fais depuis maintenant trois ans, et j’ai un beau projet pour l’été. Je ne peux pas t’en dire beaucoup, sauf que c’est une série avec des acteurs formidables que j’admire depuis vraiment longtemps. On est dans le léger, et j’étais contente quand on a eu la confirmation que ça allait se faire. Moi, quand je veux des choses dans la vie, ou s’il y a des gens avec qui je veux travailler, je commence par y croire, et je pense que ma carrière est un peu teintée de ça: ce que je veux vraiment. Ensuite, je mets tout en place, consciemment ou inconsciemment, pour que ça se réalise.

Tu es du genre à envoyer ça dans l’univers?

Je dirais que, dans une journée, quand j’ai vu ou pensé à quelque chose, par exemple, je fais vraiment le geste de faire une prière et je me dis que j’aimerais travailler avec telle personne. Et là, j’attends... Parfois, ça peut prendre trois ou quatre ans, mais ça se passe. Je n’arrête pas de faire ça, je sème, je lance l’énergie dans l’univers, je lance le désir. On dirait que si tu désires quelque chose, parfois, tout finit par se placer.

Tu l’as constaté depuis tes débuts, ta cote d’amour auprès du public est indéniable. Comment expliques-tu cela?

Je prends soin des gens, je prends le temps de leur parler, et je pense que je fais mes affaires avec humilité et que je donne mon cent pour cent au maximum. Parfois ça marche, parfois moins, mais la bonne volonté est toujours là, comme l’amour et le désir de performer et de prendre soin de l’émotion que ça va générer. Je suis choyée, j’ai eu des propositions différentes, on ne m’a pas donné des rôles qui se ressemblent. Je vois qu’il y a des traits de personnalité qui reviennent d’un personnage à l’autre, mais pas tout le temps. J’ai pu montrer que je pouvais faire autre chose, et je suis contente que les décideurs n’aient pas une seule vision de moi.

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Tu as franchi le cap de la quarantaine. Comment entrevois-tu les prochaines années?

J’ai toujours été quelqu’un qui doute, qui ne veut pas déranger, et depuis que j’ai atteint la quarantaine, je me fais plus confiance. Ce n’est pas juste un concept, je le sens en moi, quand j’aborde les choses et quand je travaille, quand j’affronte les gens. Je n’aime plus laisser les choses aller, je suis plus ancrée et je n’ai plus peur de dire les choses et d'être jugée. Par exemple, je craignais de dire que je ne connaissais pas telle affaire, de peur de montrer que je n’avais pas de culture, mais c’est maintenant chose du passé.

J’imagine que, forcément, tu te sens mieux ainsi?

Oui, j’espérais, j’avais hâte que ça arrive, parce qu’à un moment donné, c’est lourd. C’est tannant de tout le temps s’excuser d’être là. Il faut que j’aie confiance en ce que je suis, et en voyant les liens que j’ai créés, ce que j’ai fait, ce que ça provoque, c’est sûr que ça aide. Il y a les commentaires que les gens font sur toi et, à un moment, tu dois te dire: «Je suis correcte, ça va.» J’ai été élevée avec des gens chaleureux et bienveillants, la porte était toujours ouverte. Aujourd’hui, je suis entourée de monde, je ne suis pas seule dans la vie. Les amis, la famille, ce sont les choses les plus importantes, ce sont les gens qui te font avancer parce que tu ne veux pas stagner. Je dis toujours à mon fils qu’il faut recevoir, mais aussi apprendre à donner. J’étais vraiment plus du genre à donner qu’à recevoir, il a fallu que j’apprenne.

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