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Poulin dit «non merci»

L’attaquante a refusé l’invitation des Lions de Trois-Rivières

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2022-02-19T16:53:33Z
2022-02-20T05:35:11Z

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Marie-Philip Poulin ne portera pas les couleurs des Lions de Trois-Rivières. L’attaquante étoile préfère continuer à travailler au développement du hockey féminin et, notamment, au retour d’une ligue professionnelle au Canada. 

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Quelque 48 heures après que la « Sidney Crosby du hockey féminin » eut remporté sa quatrième médaille olympique, dont la troisième en or, le directeur général des Lions, Marc-André Bergeron, a dévoilé au Nouvelliste son intérêt pour Poulin. 

Dans un message de félicitations envoyé à l’attaquante après la victoire en finale, Bergeron lui avait d’ailleurs parlé de sa proposition. 

« Je pense qu’elle pourrait tenir son bout avec nous. Par contre, je ne sais pas ce qui l’attend. A-t-elle un autre engagement ? Est-ce que le hockey professionnel l’intéresse ? A-t-elle envie de relever ce genre de défi ? » s’était questionné le DG, en entrevue à l’hebdomadaire, vendredi. 

La réponse à cette dernière question est « non ». 

Par voie de communiqué, hier, Poulin a laissé savoir qu’elle remerciait pour son offre l’organisation de la ECHL, qui est une filiale du Canadien.

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Mais « elle compte poursuivre son travail de persuasion afin qu’il y ait une ligue professionnelle de hockey féminin », elle qui a « dédié sa carrière au développement et à l’avancement du hockey » chez les femmes.

Trop grand risque 

Patrick Rankine et sa conjointe, Nathalie Déry, connaissent bien Poulin. Le premier l’a dirigée en 2007-2008, à sa première année avec les Stars de Montréal, dans la défunte Ligue canadienne de hockey féminin. La seconde a été sa coéquipière. 

Les deux en sont convaincus : Poulin aurait pu tenir son bout dans la ECHL, mais les chances auraient été grandes qu’elle se blesse. 

« Ça fait 15 ou 16 ans, depuis ses années midget, qu’elle joue avec des femmes, et donc, sans contact. Je crois que le risque de blessure aurait été multiplié par trois en jouant contre des gars plus grands, plus forts, plus rapides qu’elle », a dit Rankine. 

« Quel avantage ? »

Aussi, tous deux s’interrogent : qu’aurait gagné l’attaquante à aller jouer chez les hommes ? 

« Pour elle, où elle est rendue, avec ce qu’elle a accompli, je me demande quel aurait été l’avantage d’aller jouer dans une ligue professionnelle masculine », s’est questionné l’ancien entraîneur-chef. 

« C’est plus les Lions qui auraient utilisé Marie-Philip, son fame, pour attirer des gens dans les estrades, a-t-il poursuivi. Et elle, elle aurait eu moins de temps pour se consacrer à un de ses projets, qui est de ramener une ligue de hockey féminine au Canada. Ça n’aurait pas envoyé un bon message. » 

Dans son communiqué, la Beauceronne a invité les Lions à « se joindre à elle et aux centaines de joueuses qui souhaitent faire rayonner le talent féminin au Canada ».

« S’ils veulent vraiment promouvoir le hockey féminin, ils pourraient travailler au retour d’un programme pour les filles à l’Université de Trois-Rivières [disparu en2000] », a plaidé Rankine. 

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