Marche, routine quotidienne et médicaments: comment ralentir la maladie d'Alzheimer
Des façons simples de la ralentir existent si elle est diagnostiquée plus tôt


Hugo Duchaine
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Il existe des moyens très simples pour ralentir la maladie d’Alzheimer, et plus tôt elle est prise en charge, plus les personnes qui en sont atteintes peuvent améliorer leur qualité de vie.
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«Plus tôt on est efficace, plus l’impact est global sur la maladie», assure le gériatre et chercheur Thomas Tannou, à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.
Pour ce dernier, les soins liés à la maladie d’Alzheimer commencent à ressembler aux gains faits contre le cancer il y a plus de 30 ans.

L’approche n’est plus seulement palliative, même si la maladie demeure incurable. Pour les experts, il n’est plus seulement question de gérer les symptômes, mais bien de traitements pour repousser leur apparition.
Un premier médicament a été approuvé par Santé Canada, le lécanémab, pouvant éloigner la maladie de quelques mois. D’autres s’en viennent également.
S’adapter plus vite
La maladie d’Alzheimer rend incapable de s’adapter et d’enregistrer de nouvelles informations, explique le Dr Tannou.
Un diagnostic précoce permet ainsi la mise en place d’une routine d’activités bénéfiques pour le cerveau, de personnes venant à la maison offrir de l’aide ou même l’implantation de capteurs de mouvements, pour alerter des chutes.
«Si on s’y prend trop tard, on crée un conflit entre les changements nécessaires pour maintenir un fonctionnement autonome, car tout changement crée de l’anxiété pour les malades», illustre-t-il.
Peur du diagnostic
Or, il y a une «peur incroyable d’aller se faire diagnostiquer», remarque la directrice générale de la Société Alzheimer de Montréal, Jeane Day.
La maladie a longtemps été associée à une condamnation, dit-elle. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’études prouvent l’impact bénéfique d’une amélioration des habitudes de vie sur la qualité de vie des personnes atteintes.
«Il y a toujours quelque chose à faire et tous les petits gestes comptent», dit-elle.
Neuropsychologue à l’Université de Montréal et au Centre ÉPIC de l'institut de cardiologie de Montréal, le Dr Louis Bherer étudie l’impact des habitudes de vie, comme l’activité physique et l’alimentation, sur la prévention des troubles neurocognitifs.
3600 pas par jour
Par exemple, marcher 3600 pas par jour réduit d’un tiers le risque de développer des troubles cognitifs. Même une fois la maladie installée, ce geste simple peut repousser les symptômes les plus lourds.
«Je ne sauve pas les gens de la démence, plaide-t-il, mais j’aide à les maintenir jusqu’à la fin et leur ajouter des années de qualité de vie.»

Au-delà d’un diagnostic précoce, le Dr Bherer croit qu’il faut même dépister les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, puisque 45% sont modifiables.
Des maladies chroniques, comme le diabète ou l’hypertension, augmentent les risques si elles ne sont pas bien soignées. Même chose pour la solitude et la dépression, poursuit-il.