Cette maman vit avec la maladie d'Alzheimer depuis 18 ans et reconnaît toujours sa fille
Sa fille continue de la stimuler en la faisant marcher ou jouer à des jeux pour repousser les symptômes


Hugo Duchaine
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Luz Agudelo vit avec la maladie d’Alzheimer depuis bientôt 18 ans, mais l’aînée de 87 ans reconnaît toujours sa fille, sort au restaurant et s’achète encore des billets de loterie.
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«De garder ma mère occupée, c’est la garder en vie et avec un sourire le plus longtemps possible», affirme sa fille Maria Vilas, une policière à la retraite de la Rive-Sud.
Depuis que sa mère a obtenu un diagnostic de maladie d’Alzheimer, sa fille s’affaire à la maintenir active et connectée sur le monde qui l’entoure, estimant qu’il n’est jamais trop tard pour la stimulation.
Ensemble, elles font des casse-tête ou du tricot. Elle sort sa mère au restaurant où elle tend un billet au serveur, leur expliquant que sa mère souffre de la maladie d’Alzheimer et pourrait être confuse. Même chose au kiosque de billets de loterie, où sa mère insiste pour arrêter.
«Son gériatre m’a dit ‘’qu’est-ce que vous faites avec votre mère?’’», raconte Mme Vilas, qui se réjouit de voir que ses efforts font en sorte que sa mère se porte bien et surtout, la reconnaît.
«Elle ne reste pas assise sur une chaise à fixer le mur», dit-elle.

La maladie est quand même présente, dit-elle. Mais elle utilise les oublis de sa mère, comme prétexte pour faire des marches, pour lui montrer plusieurs fois sa nouvelle voiture à la fenêtre du centre d’hébergement où elle vit.
Maria Vilas plaide pour que les CHSLD de la province embauchent des récréologues, pour organiser et multiplier ce genre d’activités chez les aînés avec des troubles neurocognitifs.
Les préposés débordés n’ont pas le temps de stimuler les patients souffrant de démence. Or, l’exemple de sa mère lui prouve qu’il est possible de maintenir leurs capacités.
«C’est de leur donner de la dignité», plaide-t-elle.