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Marc Messier fait un clin d’œil émouvant à Michel Côté en incarnant le père de Maxime Le Flaguais

Marjolaine Simard

2026-03-13T10:00:00Z

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Figure emblématique du paysage culturel québécois, Marc Messier célèbre cette année 55 ans de métier. De La petite vie à Lance et compte, en passant par l’incontournable Broue, qu’il a portée sur scène des milliers de fois, le comédien a marqué plusieurs générations de téléspectateurs et de spectateurs. Toujours animé par la même passion, il nous revient avec bonheur dans la deuxième saison de la série Le retour d’Anna Brodeur, dans la série policière Bienvenue à Kingston-Falls ainsi que dans Le gouffre lumineux, multipliant les projets avec une énergie intacte.

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Marc, tu es de la deuxième saison de la série Le retour d’Anna Brodeur...

J’y incarne le père d’Anna Brodeur, interprétée par Julie Le Breton. Après une première saison marquée par sa relation complexe avec sa mère, on la retrouve alors qu’elle tente de renouer avec ce père qu’elle tient en partie responsable de ses blessures. Mon personnage est marié à une femme beaucoup plus jeune, jouée par Maripier Morin, et ils ont un bébé au début de la série, ce qui crée une dynamique à la fois touchante et parfois cocasse. Puis, avec Monique, la mère d’Anna, on se retrouve après des années sans s’être parlé, et là, tout un passé ressurgit. On découvre des drames, des non-dits, des blessures. Ça crée des situations très fortes, très chargées émotionnellement.

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Justement, jouer avec Élise Guilbault, c’était des retrouvailles ?

Oui, et ça m’a fait énormément plaisir. On avait déjà joué ensemble il y a très longtemps, dans un film de Catherine Martin qui s’appelait Nuit d’Afrique. On incarnait un couple très passionné, avec des scènes très intenses. Je me rappelle qu’on avait passé une bonne partie du tournage dans un lit ! (rires) On s’est aussi croisés dans Grande Ourse. Mais ça faisait longtemps qu’on n’avait pas partagé l’écran de façon aussi soutenue.

En parallèle, tu apparais aussi dans la série très attendue d’Anick Lemay, Le gouffre lumineux...

Je joue le père du personnage d’Agathe, incarnée par Marie-Ève Perron. C’est une série très forte d’Anick Lemay, qui traite du cancer et de toutes les répercussions que ça peut avoir sur la vie familiale, amoureuse, personnelle. Je joue un père qui a refait sa vie avec une nouvelle femme, incarnée par Sylvie Léonard. Ça faisait longtemps que je n’avais pas joué avec Sylvie, et j’ai trouvé qu’on formait un couple très crédible.

On te verra aussi dans la série Bienvenue à Kingston-Falls...

Une série écrite et réalisée par Robin Aubert. Je joue un vieux bonhomme alcoolique, le père du personnage principal, incarné par Maxime Le Flaguais. Mes scènes se passent surtout sur la galerie de ma maison. C’est un personnage très touchant, très abîmé, qui suit l’enquête de loin. J’ai très hâte de voir le résultat final.

Il y a aussi une dimension très personnelle dans ce projet, puisque Maxime Le Flaguais, le fils de ton très grand ami Michel Côté, est ton filleul...

Oui, absolument. Son père, Michel Côté, était un de mes grands amis. Un soir de fête un peu arrosé, Michel nous avait nommés parrains, Marcel Gauthier et moi. Même si c’était dit un peu à la blague, j’ai toujours gardé un lien avec Maxime. Depuis le décès de Michel, on se parle plus souvent, Maxime et moi. Le voir aujourd’hui mener une si belle carrière, le voir porter une série et jouer son père à l’écran, c’est très émouvant. Je l’ai connu bébé, je l’ai vu grandir, venir au théâtre nous voir jouer Broue. Il y a quelque chose de très fort dans ce passage du flambeau. Jouer son père est un comme un clin d’œil à mon ami.

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Cette année marque tes 55 ans de carrière depuis ta sortie de l’école de théâtre, est-ce que ça donne le vertige ?

Pas tant que ça. Je suis beaucoup dans le moment présent. Mais je réalise quand même que j’ai fait énormément de choses. Et surtout, j’ai eu beaucoup, beaucoup de plaisir. Vraiment. J’ai aimé chaque minute de ce métier-là. Je me suis senti privilégié. J’étais bien, j’étais heureux dans ce que je faisais.

Est-ce qu’il y avait des artistes dans ta famille ?

Il n’y avait pas vraiment d’artistes. La seule exception, c’était une cousine, Jeannine Bellefeuille, dont le nom de scène était Jenny Rock. Son père était le frère de ma mère. Elle est devenue très populaire dans les années 1960. Je me rappelle que ma mère nous avait lancé : « Hey, c’est votre cousine, ça ! » Cependant, on se côtoyait très peu. Ce n’est que beaucoup plus tard, quand je suis moi-même devenu connu, qu’on s’est retrouvés, qu’on s’est parlé au téléphone, qu’on s’est rencontrés. On trouvait ça très drôle, deux artistes dans la même famille.

Sinon, dans ton entourage, est-ce que le théâtre faisait partie du quotidien ?

Ma mère aimait regarder les téléthéâtres, elle aimait les acteurs et les actrices. J’ai grandi à Granby et dans notre milieu, on ne se disait pas : « Je vais devenir acteur. » Ce n’était pas un rêve formulé, ce n’était pas un horizon possible.

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Donc, comment ce désir de devenir acteur a-t-il émergé ?

C’est arrivé un peu par hasard. Au collège, un professeur a monté une pièce de théâtre, et j’ai levé la main. J’aimais faire rire, même si j’étais plutôt timide, plus jeune. J’ai adoré ça. Puis, un professeur d’anglais nous a fait travailler un monologue de Hamlet. Là, j’ai vraiment attrapé quelque chose. J’ai senti une émotion très forte, une révélation. Par contre, je ne savais pas si j’avais le talent nécessaire pour gagner ma vie comme acteur. Je suis donc allé à l’université, en lettres. Ça a duré environ un an. Très rapidement, je me suis rendu compte que ce n’était pas ma place. Je me suis dit : « Ce que je veux vraiment faire, c’est du théâtre. » Alors, je suis entré dans une école de théâtre. J’ai fait Saint-Hyacinthe. À partir de ce moment-là, je me suis lancé en me disant : « Il arrivera ce qui arrivera. » Finalement, ça s’est très bien passé.

Quand tu regardes ton parcours, quels sont les rôles qui t’ont le plus marqué ?

Je dirais que Lance et compte occupe une place immense. J’y ai joué Marc Gagnon pendant neuf saisons. C’était un rôle très exigeant, très différent de ce que j’avais fait auparavant. J’étais habitué à la comédie, aux personnages de composition, et là, je me retrouvais avec un personnage très réaliste, très sombre, très fragile. J’ai énormément travaillé ce rôle-là. Évidemment, le succès de la pièce Broue m’a apporté une sécurité financière exceptionnelle. On a pu choisir nos projets par plaisir, sans cette pression constante de devoir absolument travailler pour survivre. C’est un luxe immense dans notre milieu. La petite vie, Les Boys... Ç’a été de beaux trips de gang.

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C’est peut-être pourquoi on ne s’attendait pas à te voir dans un projet plus solitaire comme Marc Messier : seul... en scène, qui t’a permis de raconter ton parcours...

Oui, c’était une expérience très forte. J’avais envie, depuis longtemps, de m’adresser directement au public, de raconter des histoires, de partager des anecdotes de ma vie et de ma carrière. J’ai écrit ce spectacle moi-même. Je racontais comment le théâtre est arrivé dans ma vie, mes souvenirs d’enfance, des événements marquants du Québec, toujours avec humour.

Tu as récemment quitté la maison où tu as vécu pendant 25 ans pour t’installer dans un plus petit logement. Un grand tournant ?

C’est un gros morceau de vie que j’ai laissé derrière moi. Cette maison-là, c’est là que mes enfants ont grandi, que j’ai bâti ma famille, que j’ai traversé tellement d’étapes importantes. Mais ils sont maintenant grands, autonomes, et ça ne faisait plus de sens d’occuper un si grand espace. Je me suis installé dans un plus petit logement, et j’adore ça. Je suis vraiment bien.

As-tu d’autres projets dans l’air ?

Je prends une pause. Je trouve ça bien. J’avais besoin de ralentir un peu, de souffler, de prendre le temps et peut-être de voyager. Recharger les batteries. S’il arrive un projet vraiment intéressant, je serai ouvert. Mais pour l’instant, je savoure ce moment de calme.

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