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Marie-Chantal Labelle se replonge dans «Lance et Compte»

L’actrice se souvient...

Daniel Daignault

2026-02-10T11:00:00Z

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Tous ceux qui ont aimé et regardé Lance et compte à ses débuts se souviennent parfaitement de Marie-Chantal Labelle, l’interprète du rôle de Ginette. Elle incarnait la première blonde du jeune joueur repêché par le National de Québec, Pierre Lambert, rôle défendu par Carl Marotte. À l’occasion du 40e anniversaire de la diffusion de la première série en 1986, nous avons retrouvé Marie-Chantal pour discuter... du temps qui passe!

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Quelque 40 années se sont écoulées, mais le temps n’a pas eu d’emprise sur l’actrice, qui a célébré en octobre son 60e anniversaire. Il demeure que, pour elle, ç’a été quand même un choc d’atteindre ce plateau. «Mes filles m’ont fêtée, et quand j’ai vu mon gâteau sur lequel était écrit 60 ans, je n’ai pas eu d’autre choix que de me dire que j’étais rendue là. Mais je suis en pleine forme, j’ai une bonne santé, je fais de l’exercice et je travaille toujours», assure-t-elle. Il faut savoir qu’il y a plusieurs années, Marie-Chantal a mis de côté sa carrière de comédienne pour travailler dans le domaine du voyage. «Ça fait maintenant un peu plus de 18 ans. C’est en 2007 que j’ai commencé à travailler avec Robert Bérubé, un ancien du Club Aventure, à son agence de voyages, Les routes du monde. L’année 2007 a vraiment été une année charnière pour moi. À l’époque, j’avais une école de théâtre qui fonctionnait très bien, j’avais 200 élèves par an. J’ai toujours une fibre d’entrepreneure en moi — et quand tu es acteur ou artiste, tu es toi, tu es l’entrepreneure de toi-même. Je voyageais déjà beaucoup. J’étais déjà allée en Inde et je m’étais rendue dans plusieurs pays parce que ça a toujours été ma passion. En 2007, j’ai donc eu la possibilité de me joindre à l’équipe des Routes du monde, et j’ai dit à mon agent de m’oublier durant un an parce que j’essayais quelque chose de nouveau dans ma vie», explique-t-elle. Aujourd’hui, elle gère cette agence, qui offre à ses clients des voyages sur mesure pour de petits groupes. «Robert Bérubé (son conjoint depuis 18 ans) m’a offert d’être copropriétaire avec lui, et on a géré ça longtemps ensemble jusqu’à récemment, car il est en préretraite. On est quand même une petite équipe.»

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Sur le plan personnel, Marie-Chantal est mère de deux filles, âgées de 28 et 32 ans. «Ma plus vieille, Rose-Marie, travaille avec nous depuis un an et demi, et Victoria est encore aux études; elle termine un bac en communication et en relations publiques. Rose-Marie fait beaucoup de doublage, elle fait la voix de Cannelle dans Passe-Partout, et elle a fait aussi la chanson-thème», précise-t-elle.

Une carrière qui a commencé jeune

Marie-Chantal gagnait bien sa vie avec son métier, avant de se découvrir une nouvelle passion. On l’avait vue dans Les grands procès et dans la série Scoop, elle faisait beaucoup de doublage et de voix hors champ en plus de gérer son école, mais elle avait le profond désir d’essayer autre chose. «Si je recule encore plus loin, j’ai commencé à faire de la télé quand j’étais toute petite, j’ai fait ma première publicité à l’âge de cinq ans pour le lait. Mon grand-père travaillait à l’Union des artistes, il en a été l’un des fondateurs, et il avait dit à ma mère: “Amène donc la petite en audition.” Avec les “p’tits Simard” qui avaient fait des publicités, la mode a été lancée d’avoir des enfants à la télé, et moi j’ai été dans cette mouvance-là. J’étais très rousselée quand j’étais jeune, mes grands-mamans me faisaient deux grandes lulus; j’ai commencé à passer des auditions et ça marchait fort. Je n’étais pas gênée. J’étais une enfant qui s’extériorisait beaucoup et je parlais aux adultes sans problème. Finalement, j’ai fait beaucoup de publicités et quand j’avais 12 ans, Serge Turgeon, qui était alors président de l’Union des artistes, a téléphoné à ma mère pour lui dire qu’il aimerait me voir. C’était impressionnant de se retrouver dans son bureau, et il nous a annoncé que j’avais fait cent “commerciaux” entre 5 et 12 ans. Ils trouvaient ça incroyable, ils n’avaient jamais vu ça, et ils avaient décidé de me donner ma carte de membre de l’Union des artistes. Durant plusieurs années, j’ai été la plus jeune membre de l’UDA.»

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Il demeure que c’est grâce à son personnage de Ginette que Marie-Chantal s’est fait connaître. Elle était alors âgée de 19 ans. «On avait commencé le tournage en août 1985, et ç’a été diffusé en septembre de l’année suivante, se remémore-t-elle. On ne savait pas que la série aurait un tel impact. On était tous assez jeunes, et il y avait des plus vieux comme Marc Messier, Yvan Ponton, Michel Forget, qui avaient plus des statuts de vedettes. Jean-Claude Lord (le réalisateur) avait toute une gang de jeunes à s’occuper, il fallait qu’il nous garde ensemble. Il fallait qu’il y ait une belle énergie, mais aussi de la discipline, parce qu’on était pas mal fous! Toute l’équipe de hockey, ça faisait le party! On a tourné quatre ou cinq mois au Colisée de Québec, on habitait tous à l’hôtel Le Concorde, on avait tout un étage et toutes les chambres étaient communicantes, les portes étaient ouvertes. C’était fou! et en principe, je partageais ma chambre avec Sophie Renoir et Marina. Le tournage de cette série demeure pour moi un des plus beaux souvenirs de ma vie.»

Un succès colossal

Carl Marotte n’était pas du tout connu du grand public, et Marie-Chantal confie qu’elle avait beaucoup de plaisir à tourner avec lui. «C’était le fun, on était tous très soudés. Marina était très complice avec Carl, et moi je l’étais avec Jean. Nous avions beaucoup de scènes à jouer ensemble. Sophie Renoir (elle jouait Marilou) s’est jointe à nous par la suite. Je l’appelle quand je vais à Paris, on se donne des nouvelles. Nous étions des rivales dans Lance et compte, mais nous sommes devenues de très bonnes amies.»

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Le succès de Lance et compte a été colossal, à tel point que, 40 ans plus tard, il arrive régulièrement à Marie-Chantal d’être reconnue et de se faire parler de cette série télévisée. Mais une telle popularité n’est pas toujours reposante. «C’est sûr que les années qui ont suivi Lance et compte, je dirais que je n’ai pas trouvé ça si facile de me faire reconnaître à tous les coins de rue. Je me souviens d’un voyage que j’avais fait en Gaspésie avec mes filles, quand elles étaient toutes petites: les gens s’assoyaient carrément à ma table pour discuter, c’était comme si je leur appartenais. Je n’avais plus d’intimité. Une autre fois, je suis allée au cinéma avec Marina: on s’est assises à l’arrière, un peu dans la pénombre, puis des gens nous ont reconnus et les têtes ont commencé à se retourner vers nous. Je me souviens de ce feeling-là, d’être au cinéma et que tout le monde me regarde. Je me suis levée et j’ai dit: “Excusez-moi, mais le film est de l’autre côté”, et je me suis rassise. Je sais qu’il y a beaucoup d’acteurs qui sont à l’aise de se faire reconnaître, mais je ne tripais pas tant. J’ai toujours été polie — je trouve ça gentil, les gens sont fins et ça part toujours de bonnes intentions —, mais ça m’oppressait un peu. Je n’ai pas trouvé ça facile, les années qui ont suivi la diffusion de la série», avoue-t-elle.

Dans un autre ordre d’idées, on sent toute la passion de Marie-Chantal lorsqu’elle parle de son travail à son agence de voyages. Elle adore ce qu’elle fait et attache évidemment beaucoup d’importance de permettre à sa clientèle de vivre des expériences de voyages inoubliables.

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«On fait beaucoup de destinations que souvent, les agences traditionnelles ne font pas. On aime bien dire qu’on est marginaux. C’est très niché, ce qu’on fait, on fait de l’Afrique, beaucoup d’Asie et un peu d’Amérique du Sud. On est vraiment des gens de terrain, ce sont toutes des destinations où nous sommes allés. On a une autre approche: on se rend à destination et on monte nos propres circuits, contrairement à bien d’autres agences. Et on a une tellement belle clientèle! On choisit les guides, les endroits où nos clients vont loger et où ils vont se rendre», révèle Marie-Chantal, qui a visité plus de cinquante pays à ce jour. «Ce sont des voyages confortables qu’on propose, ma clientèle a 60 ans et plus, souvent des préretraités. Des gens qui sont allés en Europe plusieurs fois et qui se disent que ce serait le fun de faire changement, d’aller ailleurs. En Thaïlande par exemple, où bien des gens se rendent et font un peu le circuit traditionnel. Moi, je les emmène dans des communautés, des lieux beaucoup moins touristiques. On va dans des endroits très confortables, mais un peu en dehors de Chiang Mai. J’essaie toujours de trouver, dans chaque pays, des petites perles où nos clients peuvent avoir un contact humain. Par exemple, en Tanzanie, je les emmène voir les Maasaï, je connais le chef maasaï depuis 20 ans. Il parle très bien anglais et il reçoit mes voyageurs. Ma plus grande spécialité est l’Inde; j’y suis allée 26 fois», ajoute-t-elle.

Pour obtenir plus de détails sur l’agence Les routes du monde, consultez le site routesdumonde.com

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