Allégations d'agression sexuelle: malaise avant les Mondiaux de patinage artistique


Benoît Rioux
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Même s’il fait face à des allégations d’agression sexuelle, il n’est pas question pour Nikolaj Sorensen de rater les Championnats du monde de patinage artistique prévus plus tard ce mois-ci à Montréal.
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«Nous sommes passionnées par notre sport depuis notre jeunesse et c’est le pinacle de notre carrière, a justifié Sorensen, mercredi, en parlant en son nom et en celui de sa partenaire québécoise Laurence Fournier-Beaudry, qui est également sa conjointe dans la vie de tous les jours. Nous sommes ici, car nous sentons que nous méritons d’être ici.»
Force est d’admettre que la situation n’est pas sans causer un certain malaise dans le monde du patinage artistique. On l’a constaté mercredi, au Centre Bell, alors que se tenait la séance d’entraînement officielle d’Équipe Canada avant les Mondiaux, qui auront lieu du 18 au 24 mars.
En fin d’avant-midi, le couple en danse sur glace a donc répété son programme libre. Peu de temps après, les deux athlètes ont rencontré les journalistes pour une première fois depuis que le duo, plongé dans la tourmente, a fait l’impasse sur les championnats nationaux, au début du mois de janvier, à Calgary.
«Ç’a été extrêmement dur pour nous émotionnellement, nous n’étions tout simplement pas en mesure de compétitionner à ce moment-là», a indiqué Sorensen, qui fait toujours l’objet d’une enquête par le Bureau du commissaire à l’intégrité dans le sport (BCIS).
«Ç’a été difficile sur le coup, mais je supporte Nic à 100% là-dedans, a pour sa part affirmé Fournier-Beaudry, mercredi. Nous sommes tous les deux pour un sport sans abus.»
Une présumée victime
Selon les allégations, une ancienne patineuse artistique originaire des États-Unis aurait été agressée par Sorensen, il y a près de 12 ans, soit en avril 2012, à Hartford, au Connecticut. Le patineur d’origine danoise avait alors 23 ans tandis que la présumée victime, qui aurait notamment été maintenue de force sur un lit, était alors âgée de 22 ans.
«Nous faisons tout ce que nous devons faire, chez Patinage Canada, pour que le sport soit pratiqué en toute sécurité dans ce pays», a brièvement commenté Debra Armstrong, cheffe de la direction générale au sein de la fédération sportive.
«La chose la plus importante, c’est qu’il y ait une enquête complète, a pour sa part commenté le patineur Paul Poirier qui, parmi les autres athlètes présents mercredi, fut questionné sur le sujet. Je suis content que les choses aient été mises en place pour une enquête. J’espère qu’ils vont mettre le temps et l’énergie nécessaires.»
Poirier a naturellement eu une pensée pour la présumée victime.
«Elle est passée par quelque chose de très difficile, a-t-il avancé. Donc, on veut vraiment avec le système mis en place, sans savoir comment l’enquête fonctionne, qu’à la fin, justice soit faite.»
«La vérité va sortir»
De toute évidence, la présence de Sorensen aux Mondiaux ne fait pas l’unanimité.
«Il y aura toujours des gens qui nous supporteront et d’autres qui ne nous supporteront pas. C’est totalement correct et totalement normal, a indiqué Sorensen, qui clame son innocence. Dès le départ, j’ai été plutôt silencieux, car je n’ai pas la permission d’en parler. Je crois au processus et à l’enquête du Bureau du commissaire à l’intégrité dans le sport. Je suis confiant que la vérité va sortir éventuellement.»
Sorensen estime que les dommages sont déjà faits quand de telles allégations sortent dans les médias. Or, il refuse de mettre sa carrière sportive de côté et entraîner Fournier-Beaudry avec lui dans une telle décision.
Quatre ans plus tard
Non sans profiter de l’aide d’une préparatrice mentale, le couple se dit plutôt excité de vivre enfin ces Mondiaux, à Montréal, alors que la pandémie avait forcé l’annulation de l’événement en 2020.
«Il y a quatre ans, on pensait qu’on allait rentrer là-dedans, mais malheureusement, il y a eu la pandémie qui s’est présentée, a rappelé Fournier-Beaudry. Là, on a la chance aujourd’hui d’être au Centre Bell. Toute ma famille a acheté des billets, nos amis aussi et j’ai vraiment hâte de performer ici.»
En 2023, lors des Championnats du monde présentés au Japon, Sorensen et Fournier-Beaudry avaient terminé au cinquième rang. À Montréal, ils visent le podium.