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L’Iran ne joue pas selon les règles de Washington : «Le régime iranien ne répond pas comme un régime rationnel»

Photo portrait de Mina Collin

Mina Collin

2026-03-14T21:06:10Z
2026-03-14T21:17:47Z

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La frappe américaine sur l’île de Kharg vise directement les revenus pétroliers de l’Iran. Toutefois, selon l’analyste Georges Mercier, le régime iranien ne réagit pas nécessairement aux pressions économiques comme le ferait Washington.

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Les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans le conflit avec l’Iran en frappant des cibles militaires, dans la nuit de vendredi à samedi, l’île de Kharg. Le choix de cette petite île située à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes n’est pas anodin : elle abrite le plus grand terminal d’exportation de pétrole brut du pays, par lequel transitent 90 % des exportations iraniennes.

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Donald Trump menace désormais de bombarder les infrastructures énergétiques de l’île. Selon l’analyste Georges Mercier, cette nouvelle mise en garde s’inscrit dans une stratégie américaine visant à faire pression sur le régime iranien en s’attaquant à ce qui constitue son principal levier économique.

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« Ce qui très intéressant ici, c’est que depuis le début du conflit, les Américains ont peut-être attribué une manière de penser au régime iranien qui n’est pas la sienne », a-t-il soulevé sur les ondes de LCN, samedi.

En ciblant des objectifs économiques, l’idée est de priver le régime de ses sources de revenus afin d’accentuer la pression, comme s’il était sensible à ce type de contrainte, explique M. Mercier.

« Or, ce dont on se rend compte depuis le début du conflit, c’est que le régime iranien ne répond pas aux mêmes logiques que le régime américain. Pourquoi je dis ça ? Parce qu’on est dans une guerre, dans un enjeu existentiel pour lui, où ce qui est en jeu, c’est la survie même de la République islamique d’Iran », a-t-il expliqué.

Selon lui, lorsqu’un pays, en l’occurrence l’Iran, fait face à un enjeu existentiel de cette nature, et que son économie est déjà fragilisée, il est moins susceptible de céder à des pressions économiques que pourraient l’être les États-Unis, par exemple.

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« Les Américains pensaient peut-être que les Iraniens allaient réagir comme eux réagiraient, a-t-il résumé. [...] Je pense que les Américains sont entrés en Iran avec certains préjugés, certaines préconceptions sur comment le régime allait se comporter. »

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D’après l’analyste, les États-Unis n’avaient pas anticipé l’ampleur de la riposte iranienne, s’attendant plutôt à une réaction rationnelle.

« On se rend compte, c’est que non, le régime iranien ne répond pas comme un régime rationnel, mais il répond comme un régime qui se bat pour sa survie. Et forcément, si vous battez pour votre survie, vous envisagez de faire des choses que vous n’auriez pas envisagées autrement », a-t-il mentionné.

Une attaque qui aurait des répercussions sur les marchés pétroliers ?

Dans l’éventualité où les États-Unis cibleraient les infrastructures énergétiques de l’île de Kharg, Georges Mercier souligne que cela ne provoquerait pas nécessairement des bouleversements majeurs sur les marchés pétroliers.

« Parce que le pétrole iranien est déjà lourdement sanctionné, ce n’est pas le principal exportateur de pétrole sur la planète », a-t-il indiqué.

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Selon lui, une telle action relèverait davantage d’une logique de représailles, de l’ordre du «œil pour œil, dent pour dent ».

« Vous décidez de bloquer le détroit d’Ormuz à travers lequel transite 20 % de pétrole mondial, alors nous allons nous attaquer à vos infrastructures », a-t-il ajouté.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.

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